En ces ‘‘jours J.O.’’, les histoires et souvenirs du passé rattrapent le présent

À l’occasion de la parution du livre « Le jour J.O. : comment ils sont devenus champions olympiques » aux éditions Glénat, sorti le 15 novembre dernier, l’un des deux auteurs, Bruno Kauffmann, sera, ce samedi , de 10 heures 30 à 13 heures, à la librairie Jean Jaurès (2 rue centrale) pour effectuer une séance de dédicaces.

Alors que la quinzaine des Jeux Olympiques d’hiver bat son plein à Pyeongchang (Corée du Sud), Bruno Kauffmann, ancien journaliste au service des sports de TF1 et directeur de la communication de la Fédération Française de Rugby, et Gilles Chappaz, actuellement réalisateur de films documentaires ainsi que d’ouvrages sur le ski et l’alpinisme, mettent, dans leur livre vingt-cinq champions olympiques français à l’honneur.

À travers des anecdotes, des témoignages tout comme des souvenirs, les deux hommes retracent ces ‘‘jours J.O.’’. Des journées au cours desquelles les médaillés d’or tricolores, de Jean-Claude Killy à Martin Fourcade, ou encore des sœurs Goitschel à Karine Ruby, sont entrés dans une nouvelle dimension : celle de devenir champion olympique.

Du choix des skis ou du snowboard, ainsi que du fartage en fonction des conditions météorologiques, de la reconnaissance de la piste, en passant par le tirage au sort des dossards, puis la course, jusqu’au précieux Graal doré, (re)vivez ces moments de gloire uniques, inscrits dans l’histoire, et ce, pour l’éternité.

Cinq questions à Bruno Kauffmann

En amont de cette séance de dédicaces à la librairie Jean Jaurès, nous avons posé cinq questions à Bruno Kauffmann, co-auteur de l’ouvrage « Le jour J.O. : comment ils sont devenus champions olympiques ».

Comment est née l’idée du ‘‘jour J.O.‘‘ ?

« Lorsque je travaillais à TF1, je m’occupais énormément des épreuves de ski. À vrai dire, j’étais un peu le spécialiste. Je me rendais sur les principales épreuves de la Coupe du monde, telles que Kitzbühel ou encore Garmisch-Partenkirchen. Dans ce cadre-là, j’ai rencontré Gilles Chappaz, ancien rédacteur en chef de Ski Français et rédacteur en chef-adjoint à L’Équipe Magazine. En 2001, j’ai arrêté le métier de journaliste pour devenir directeur de la communication de la Fédération Française de Rugby. Aujourd’hui, je dirige une société. Cela faisait longtemps que je n’avais plus écrit et j’ai eu cette envie d’écrire un livre, notamment sur le ski. Mon idée était de revivre ce jour si particulier où des sportifs français sont devenus champions olympiques. Cette journée où leur destin a tout simplement basculé. Je cherchais un éditeur, j’ai donc appelé Gilles Chappaz pour lui exposer mon projet et il m’a répondu, « c’est marrant, j’ai eu exactement la même idée ! » Dans la perspective de l’Olympiade de Pyeongchang, je voulais vraiment centrer le travail sur les Jeux Olympiques. Je lui ai donc répondu, « tu voulais le faire, moi aussi, alors travaillons ensemble ! » Grâce à ses précédents ouvrages, Gilles Chappaz a des relations privilégiées avec la maison d’édition Glénat, nous nous sommes donc tournés vers celle-ci et voilà comment tout a commencé. »

Quelles ont été les étapes d’écriture, de l’ébauche du projet jusqu’à sa finalisation ?

« Durant l’été 2016, nous avons écrit un synopsis que nous avons envoyé à Glénat. Notre trame a été validée. À partir de là, nous avons commencé à travailler. Je me suis donc rendu à L’Équipe et j’ai relu tous les papiers des lendemains de victoire. Cependant, je ne voulais pas lire trop d’articles afin de ne pas me laisser influencer. Plus tard, nous nous sommes retrouvés à Chamonix, dans le chalet de Gilles, pour nous répartir le travail. Comme il connaît toutes ces histoires par cœur, il a choisi de s’occuper des sportifs décédés (Henri Oreiller, Jean Vuarnet, François Bonlieu et Karine Ruby). Gilles Chappaz a effectué beaucoup d’interviewes par téléphone. Personnellement, je voulais rencontrer tous les athlètes. À chaque fois, je leur ai demandé de me raconter, dans les moindres détails, ce qu’il s’était passé le jour de leur sacre. Prenez les sœurs Goitschel : elles se rappelaient précisément de tout le déroulement de cette fameuse journée, alors qu’elles ont été médaillées en 1964 ! Aussi, nous nous sommes rendus à la bibliothèque de l’École Nationale de Ski et d’Alpinisme de Chamonix.

Là-bas, il y a beaucoup d’archives, nous avons donc essayé de récupérer un maximum de documents. De janvier à février 2017, je suis parti à la rencontre des sportifs. J’ai commencé à rédiger mes chapitres à partir du mois de mars. Gilles Chappaz a rendu sa copie en mai, la mienne, un peu plus tard, au mois de juin. En septembre, une correctrice a repris tous nos papiers et les a corrigés. Finalement, notre livre est parti à l’impression pour paraître le 15 novembre dernier. Avec Gilles, nous avons plutôt bien travaillé ensemble : nous nous sommes échangé nos papiers, nous avons donné notre avis sur le travail de l’autre. C’était une belle aventure à deux, vraiment très agréable. »

Comment se sont déroulées les rencontres avec les athlètes ?

« C’était fabuleux. Forcément, pour eux, c’est un bonheur de raconter cette journée-là. Celle qui, pour beaucoup, a changé leur vie. Certains sportifs étaient tendus, d’autres un peu moins. Jean-Luc Crétier, champion olympique de descente à Nagano (Japon) en 1998, a versé sa petite larme à la fin de notre entretien. Lorsqu’il s’est rappelé de ces moments, il a été submergé par l’émotion. Pourtant, son sacre remonte à 20 ans ! Humainement, chaque rencontre était intéressante : ce sont des personnalités différentes, issues de diverses cultures. Chacune de ces histoires contribue, à sa manière, au développement des sports d’hiver : le rapport au matériel, la condition physique, la préparation mentale, l’évolution technique… »

Quel « jour J.O. » vous a le plus marqué ?

« C’est difficile à dire… Chacun a son propre parcours. Chaque histoire est différente. Celle de Pierre Vaultier m’a particulièrement touché. Pour la réalisation de son interview, il m’a donné rendez-vous chez lui, à Serre-Chevalier. Auparavant, je ne l’avais jamais vu. Je suis tombé sur un homme humble, intelligent et simple. Il n’a pas du tout cette image du snowboardeur un peu déganté. Bien au contraire. Il m’a raconté son histoire. L’histoire de cette médaille olympique absolument extraordinaire. En novembre 2013, à deux mois des JO, il se blesse. Diagnostic : rupture partielle des ligaments croisés du genou droit. Son médecin hésite à l’opérer mais opte pour un autre plan : effectuer une grosse cure de corticoïdes pour stopper l’inflammation et assécher son genou, puis remuscler le tout. Il restait encore un petit espoir pour les Jeux de Sotchi. Jusqu’en 2014, Pierre Vaultier dominait sa discipline mais à chaque grand rendez-vous, il perdait ses moyens face aux enjeux. En Russie, il a totalement désacralisé l’évènement et là, à seulement 50% de ses capacités physiques, il est devenu champion olympique. »

Qu’avez-vous éprouvé à la sortie de cet ouvrage ? Et maintenant, avez-vous l’intention d’en publier un second ?

« Ce livre, c’était mon premier. Un livre, c’est avant tout un objet. Il ne s’agit pas simplement de lecture mais d’un véritable produit. Lorsqu’on le voit et qu’on l’a en main pour la première fois, surtout quand c’est le vôtre, on ressent une sensation unique. Actuellement, je suis sur un projet concernant le rugby mais je ne peux pas vous en dire plus pour le moment. »

par Solène FALAISE

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