Littérature : Le Chant d’Ekhirit d’Olivier May

Une novella futuriste d'Olivier May, intense et aboutie sur le sujet sensible des violences faites aux enfants. Nice-Premium l'a lue pour vous.

© Zariel

Juillet 2017. Jon et sa sœur Maya sont seuls sur une petite île grecque, alors qu’il s’éloigne pour quelques minutes, Maya disparaît...
Sept ans plus tard, la douleur et la peine sont toujours là. Impossible de faire un deuil quand on ignore ce qui est arrivé. Les parents de Jon survivent, lui lutte chaque jour pour retrouver sa sœur, le mystérieux chant d’Ekhirit entendu lors d’une retraite dans un monastère bouriate au bord du lac Baïkal ne pourra apaiser sa soif de vengeance, cette flamme qui le maintient encore debout : retrouver Maya quoiqu’il en coûte.

Cette nouvelle d’Olivier May est véritablement intense et prenante. L’histoire met en empathie le lecteur avec la famille Zorn qui panse ses plaies comme elle le peut. J’ai beaucoup apprécié le découpage en cours chapitres rendant le récit très rythmé et la précision du vocabulaire de notre future réalité rend l’histoire très crédible. C’est réel, on y est, c’est demain 2024 et la prédominance du réseau Triple W fait froid dans le dos...
Malgré son format court, l’auteur nous entraîne du lac Baïkal à Bali en passant par la Suisse et l’Ukraine, on voyage en compagnie de Jon. On accompagne son père dans les couloirs d’Europol, branche européenne d’Interpol, dans les méandres du réseau, des hackers. On s’attache à ces personnages qui nous ressemble, on s’inquiète du sort des enfants dans les images visionnées par Jon. Celles-ci ne sont d’ailleurs jamais décrites très précisément n’alourdissant pas la novella de détails sordides et glauques.

Le seul reproche que l’on pourrait faire est que cette histoire aurait mérité d’être plus longue, pourquoi pas un roman... On aurait aimé en savoir plus sur Jon, son évolution, comment arrive-t-il à ce niveau si élevé de connaissances des réseaux, s’attarder plus sur Lara, la mère, qui n’est pas assez développée, en profiter pour décrire plus les nouvelles actions de la police de 2024 et bien sûr approfondir le débat sur la pédophilie, la souffrance des familles et le fait de faire justice soi-même.
J’aurais pris beaucoup de plaisir à lire encore 100 pages de plus...

Cette novella que l’on peut lire que d’une seule traite tant Olivier May réussit à nous faire entrer dans l’histoire, tant on veut découvrir si Maya est bien vivante, si Jon va réussir, et réentendre le chant mystérieux d’Ekhirit sur les bords d’un lac cristallisé par le froid.

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Jane Doe

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