Café littéraire : Même le silence a une fin d’Ingrid Betancourt

Six ans et demi au cœur de la forêt amazonienne, otage prisonnière des FARC, Ingrid Betancourt nous narre sa captivité. Même le silence a une fin, ce livre est un poignant témoignage de ces six années loin de tout : sa famille, ses amis, la civilisation avec l’humiliation de ses geôliers, l’interdiction de se mouvoir, de parler.
Certains sont humains, d’autres cruels. Ce livre écrit comme un roman est également une description de la Colombie avec à la fois la Cordillères des Andes coupant le pays en deux, la forêt vierge où se passa l’essentiel de sa détention.

En effet elle va changer plusieurs fois de camps. Ses évasions manquées, aussitôt reprise. Ingrid Betancourt nous décrit les caractères, les mentalités de ses gardiens et gardiennes. Puis les rivalités avec d’autres détenus. Le silence est peut-être ce qu’il y a de plus difficile ; le silence, pas celui auquel habituellement on pense, non celui d’être seul, ne pas pouvoir communiquer, un silence qui nie les rapports humains, un silence visant à vous déshumaniser.

Son père mourant dans un hôpital et ne pas pouvoir y être, ses enfants devenant adolescents, sa mère, elle ne peut entrer en contact avec eux. Elle n’en sait pas du monde et de l’actualité. Elle est vraiment seul au milieu d’un pays inhospitalier, soit il pleut, soit on fond sur place.

Ingrid Betancourt nous donne une description de cette forêt et de ses multiples fleuves et rivières, un labyrinthe ; pas de route, des chemins boueux, des bêtes sauvages. Des endroits où la civilisation n’est pas encore pénétrée. C’est là que les FARC se réfugient avec la complicité des paysans.

Même le silence a une fin, à la fois un témoignage, celui d’une femme dont le courage est fortifié par sa Foi en Dieu et un guide pour qui voudrait tenter l’aventure de la forêt vierge.

Thierry Jan

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