Le Festival des Musiques "d’aujourd’hui à demain"

« Ce qui n’est que moderne ne vit que d’aujourd’hui à demain, qu’il s’agisse d’art, de politique ou des conceptions de l’existence ». Ainsi s’exprimait le compositeur Arnold Schoenberg à propos de sa comédie intitulée « D’Aujourd’hui à demain » créée en 1930. C’est ce même titre qui est choisi pour ce nouveau Festival présenté dans le cadre admirable de l’Auditorium du Musée national Marc Chagall. Les modes et ce qui est « moderne » passent, ne reste que l’essentiel. Or, il est essentiel de démontrer qu’il n’y a pas de rupture dans l’histoire de la musique. Les six programmes représentatifs des diverses tendances européennes de ce festival mélangent ce qui est acquis et qui appartient déjà d’une certaine manière à hier, mais aussi ce qui est à explorer aujourd’hui : des compositeurs méconnus qui ont marché dans les traces de leurs ainés et enfin ce qu’il faudra avoir la curiosité d’écouter demain : des œuvres de compositeurs vivants qui s’inscrivent dans une histoire en perpétuel cours d’écriture, en recherche permanente. La curiosité est une belle vertu, une composante du besoin irrépressible d’apprendre : c’est l’envie de savoir, d’être confronté à la nouveauté, de remettre les choses en question. La richesse de ces répertoires suit le cours d'une écriture musicale en renouvellement perpétuel !

Programme du vendredi 6 octobre à 20h

Béla Bartók, Danses roumaines pour trio, arrangement Christophe Patrix
Georges Enesco, Sonate n°3 « dans le caractère populaire roumain » pour violon et piano
Stjepan Sulek, Sonata vox Gabrieli pour trombone et piano
Frigyes Hidas, Rhapsody pour trio
Grigoras Dinicu, The Lark en trio, arrangement Christophe Patrix

Violon : Violaine Darmon
Trombone : Raphaël Patrix
Piano : Stéphanos Thomopoulos

Si on ne présente plus Béla Bartók (1881-1945), quelques mots sont nécessaires pour Georges Enesco (1881-1955). S’il était avant tout compositeur, l’interprète (violoniste, pianiste, chef d’orchestre) a souvent éclipsé cet aspect primordial de sa vocation musicale. Enesco s’est aussi affirmé comme un pédagogue hors pair : il fut le maître de Yehudi Menuhin. Bien qu’affectionnant les glissements chromatiques qui contribuent à la rendre instantanément reconnaissable, la musique du croate Stjepan Šulek (1914-1986) est foncièrement tonale mais ne conserve pas toujours l’unité de tonalité classique. Le compositeur Frigyes Hidas (1928-2007) a étudié la composition à l’Académie Frantz Liszt et devint Directeur musical de l’Opéra national de Budapest. Son œuvre touche à tous les genres, de l’opéra à la musique de chambre. Le Roumain Grigoraș Dinicu (1889-1949) a appris le violon dans les milieux populaires tziganes. Plus tard, il suivit les cours au Conservatoire de musique de Bucarest et joua un grand rôle dans la diffusion de la musique sans se limiter aux lieux traditionnels où elle pouvait être jouée.

Programme du samedi 7 octobre à 20h

Ernest Bloch, Poème mystique pour violon et piano
Arnold Schoenberg, Fantaisie pour violon et piano opus 47
Mauricio Kagel, Klangwölfe pour violon et piano
Hankus Netsky, Klezmer Suite - Chagall’s Mandolins pour violon solo, piano et cordes

Violon solo : Reine Brigitte Sulem
Piano : Jean Bernard Matter
Violons 1 : Radu Gherginciu, Patrick Lee-Barot
Violons 2 : Pascal Roederer, Diane Bouchet
Altos : Noémie Bialobroda, Sylvia Peneva
Violoncelle : Delphine Perrone
Contrebasse : Philippe Bonifas

Ici aussi, on fera l’économie de parler d’Arnold Schoenberg (1874-1951), largement connu, pour évoquer plutôt le suisse Ernest Bloch (1880-1959) qui étudia le violon avec Eugène Ysaÿe. Chef d’orchestre à Lausanne et à Neuchâtel, il s’installe aux États-Unis en 1916. Il devint professeur de composition à Cleveland puis à San Francisco où il fut directeur du conservatoire entre 1925 et 1930. Il prend la nationalité américaine en 1924. Mauricio Kagel (1931-2008) est né à Buenos Aires en 1931. Installé en Allemagne depuis 1957, il s’est principalement attaché au théâtre instrumental et a également exploré les ressources dramatiques du langage musical contemporain dans des pièces radiophoniques, des films, des œuvres électroacoustiques. Hankus Netsky, né en 1955, est un multi-instrumentaliste et aussi ethnomusicologiste. Il œuvre à la préservation des musiques traditionnelles juives d’Europe de l’Est.

Programme du lundi 9 octobre à 20h

Sergio Monterisi, Concerto della Fenice, pour basson et quintette à cordes
Stanislaw Moryto, Kwartet Sadecki, Quatuor à cordes
Laurent Petitgirard, Le Songe de Merrick (1999) pour harpe solo
Jean Françaix, Divertimento pour quintette à cordes et basson principal
Claude Debussy, Quatuor en sol mineur

Violons : Judith Le Monnier, Lucie Mallet de Chauny
Alto : Hélène Coloigner
Violoncelle : Anne Bonifas
Contrebasse : Fabrizio Bruzzone
Basson : Laurent Van Eenod
Harpe : Helvia Briggen

Sergio Monterisi (1970) a effectué ses études musicales à Bari. Après avoir notamment dirigé des opéras du XVIIIe siècle, comme la première représentation des temps modernes de La Cecchina maritata de Niccolò Piccinni, il est nommé « Resident Conductor » et directeur musical de la NEC Sinfonietta au prestigieux New England Conservatory de Boston en 2002. Le polonais Stanisław Moryto, compositeur, organiste et pédagogue est né en 1947. De 2005 à 2012, il fut recteur de l’Université de Musique Frédéric Chopin à Varsovie où il est actuellement enseignant. Né en 1950, Laurent Petitgirard est un musicien éclectique, sa carrière de compositeur de musique symphonique (plus d’une vingtaine d’œuvres dont deux opéras) et de musiques de films (160 partitions) se double d’une activité de chef d’orchestre invité dans le monde entier. Il est Directeur Musical de l’Orchestre Colonne depuis décembre 2004. Né en 1912 dans une famille de musiciens, Jean Françaix (1912-1997) rencontre Ravel, à l’âge de 11 ans, qui l’encourage à poursuivre et à développer sa curiosité. Il remporte, à 18 ans, son premier prix de piano au Conservatoire de Paris. Parmi de très nombreux opus, Jean Françaix a composé la musique d’une dizaine de films, dont Si Versailles m’était conté de Sacha Guitry (1954).

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