Sonia Boyce expose les Jazz et Dada à la Villa Arson

Cette première exposition 2016 de la villa Arson, est une synthèse entre le Dada et le Jazz. Ces deux disciplines artistiques n’auraient, à priori, jamais dû se rencontrer, c’est tout là l’exploit de Sonia Boyce, artiste britannique d’avoir réussi à concilier ces deux mouvements contestataires.

C’est leur essence : la contestation des normes, des convenances qui va les rapprocher pour finir par les unir dans cette exposition où le son et l’image sont déterminant. Les étudiants de la villa Arson se sont prêtés au jeu, ils sont devenus acteurs et auteurs de la manifestation. La gestuelle, une chorégraphie sans chorégraphe.

Un retour aux années ‘20’ avec le Black-Art et la contestation contre les institutions, un outil d’expression politique et dès lors tout est possible, on peut s’exprimer. Le Jazz est avant tout un moyen d’expression, comment protester sans le montrer ? Comment dénoncer l’esclavagisme ? Cette musique leur code et le Jazz Scat est né.

Les races, les Classes et les Genres sont rigoureusement classifié et il faut tout contester, balayer. Cacophonie, du bruit, Hip Hop, Jazz Vocal, deux musiciens, le Jazz, le Rap ? Formule cabaret où le public devient acteur en donnant les mots aux artistes, le public compose. La chorégraphie, un mouvement des corps non dansé.

Le non-sens en français signifie le non être, l’absurde, en anglais il est plutôt un trait d’humour. Les problèmes de notre société : migrants, crise, malaise social, violence, contexte politique. Le monde où nous vivons, bilan de notre société.

Comment rendre actif le public et le sortir du cadre passif ? Autant de questions, de défis et Sonia Boyce tente de le résoudre à travers le Jazz et le Dada. Pour réussir elle à besoin du public, qu’il joue le jeu, qu’il assume son rôle. Les vidéos ne sont pas du cinéma mais le cadre de la réalité, chaque image étant un chapitre de l’histoire que nous écrivons.

Le Dada mouvement né à la fin de la première guerre mondiale remet en question les formes d’expressions artistiques. Il est une déconstruction, un refus des normes, celles-là même qui ont amené la boucherie, au jamais çà les artistes répondent par la déconstruction, faire table rase, tout reconcevoir.

Le Jazz arrive en Europe et à Paris à la même époque, là aussi les artistes noirs déconstruisent la musique, font du bruit comme disent certains. Un non-sens musical et c’est donc à travers le constat de la similitude entre ces deux mouvements que Sonia Boyce a monté son exposition, une performance permanente dont les étudiants furent les acteurs. Un grand défoulement, se libérer de soi-même et de son corps, aller hors du cadre de ses propres limites.

L’artiste nous invite à revoir nos certitudes, nous incite à nous remettre en question. C’est à la fois une psychanalyse et une philosophie.

Une sagesse. Il y a du bruit, c’est déjà de la musique. Il faut savoir écouter le bruit, comprendre les mouvements des corps dans leur danse et accepter le non-sens dans sa signification anglo-saxonne d’un trait d’humour où le sarcasme et l’ironie nous permettent l’autodérision, forme supérieure d’intelligence.

Cette exposition est visible jusqu’au 30 avril 2016 à la Villa Arson de Nice, visite tous les jours de 14H à 18Heures sauf le mardi.

Thierry Jan

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