Une majestueuse "Maria Stuarda" de Donizetti au Théâtre Carlo Felice de Gênes

Une majestueuse Maria Stuarda, musique de Gaetano Donizetti au Théâtre Carlo Felice de Gênes.

L’écriture du livret a été confiée au juriste napolitain Giuseppe Bardari, qui pendant la période d’étude à Naples a écrit aussi des poésies, et fréquente les salons de la ville, où il a rencontré les idées libérales du Risorgimento italien. Il s’est fait une réputation en tant que chercheur prometteur, et était seulement âgé de 17 ans quand Donizetti l’a engagé comme livrettiste pour Maria Stuarda. Malheureusement, le livre a rencontré les problèmes considérables de la censure (le travail était interdit à Naples et radicalement changé à Milan) et Ashbrook affirme que, pour cette raison, le Bardari a quitté l’écriture et s’est consacré à la carrière juridique.

L’histoire du 16e siècle tâche toute l’Europe et l’Angleterre du sang versé à cause des guerres de religions. C’est le cas en particulier sur le sol anglais, qui est le théâtre d’une lutte entre les fervents restaurateurs catholiques et le pouvoir indépendant de l’Eglise Anglicane, remportée difficilement par un peu scrupuleux Henry VIII en Ecosse, divisée entre calvinistes et catholiques. On assiste à la tragédie de la belle reine Maria, couronnée à seulement 9 mois et en conflit avec Elisabeth pour la couronne d’Angleterre.

Le livret de Bardari, dans un style presque romantique, se concentre sur le conflit affectif et narcissique entre les deux reines. Entre conspirations, soupçons et intrigues, et le supposé amant déchiré entre les deux, Robert, Comte de Leicester, désespéré de l’emprisonnement de la belle Maria.
On dit d’elle qu’elle est une altesse extraordinaire, environ 1m80, un aspect majestueux apprécié. Sa chevelure blonde de son enfance s’est assombrie avec la maturité pour atteindre la couleur fauve. Ses yeux amandes s’avéraient plutôt être couleur noisette. Sa qualité la plus appréciée, cette peau très blanche qui, quand Maria est tombée malade de la variole, a été conservée par une pommade spéciale (à l’inverse de Elizabeth I). Son nez droit, légèrement aquilin, sa jolie petite bouche, le coup gracieux, élégant.

Dans un premier temps, l’opéra a été mis en scène à la Scale de Milan le 30 décembre 1835, dirigé par Eugenio Cavallini, n’a pas eu la vie facile. A la fois en raison des allégations répétées du livre de Bardari sans expérience et du climat du Risorgimento. A l’origine en 3 actes, la version contemporaine du théâtre Carlo Felice est en 2 actes, peut être encore plus compatible avec la chronologie de l’opéra.

La magnifique et puissante conclusion du premier acte, avec la confrontation douloureuse entre les deux reines, soutenue par le quartet final composé de Talbot, Anna, Robert et Cecil, synthétise parfaitement la déclination passionnelle du texte et de la partition voulues par Donizetti.

La seconde partie du drame offre un crescendo de tension, des doutes d’Elisabeth sur les choix qui l’attendent, sollicitée par le Grand Trésorier Cecil, les tentatives désespérées de chercher un salut révolu, les exécutions où Maria prononçait ces mots : « je vous pardonne, avec tout mon cœur, car j’espère que vous mettrez fin à toutes mes angoisses », avec le caractère solennel qui prévaut en tant que raison d’Etat, sur le délicat et douloureux destin humain.

Régie propre et cohérente, des scènes nues mais efficaces (avec un début devant un miroir à maquillage devant lequel Elizabeth prépare la bataille de l’image avec sa rival) ; l’édition mise en scène au Théâtre Carlo Felice de Gênes a donné des émotions fortes au public, grâce aussi à la direction de M. Yurkevich et les sublimes interprétations de la soprano Elena Mosuc (Maria) et de la mezzo-soprano Silvia Tro Santafé (Elizabeth).

Photos : M. Marcello Orselli

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à propos de l'auteur

Une majestueuse "Maria Stuarda" de Donizetti au Théâtre Carlo Felice de Gênes

Né à Gênes en 1975, Bac au lycée scientifique, élévé au Conservatoire N. Paganini, Master en Philosophie, du 1996 au 2006 collaborateur et organisateur de l’Association culturale Centro Ricerche Scienze Umane, rédacteur du 1999 au 2006 du Magazine culturel Il Cormorano, collaborateur et rédacteur de l’Association Lacanienne Internationale du 1999

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Jane Doe

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