Balades : Barrème pas à pas

Le premier emplacement du village était à la chapelle saint Jean. Ce village fut détruit par la foudre en 1040.

Une légende, nous sommes en Haute Provence, raconte que les habitants ayant refusé d’accueillir saint Isarne abbé de saint Victor de Marseille, le prélat trouva refuge chez une veuve qui logeait près de cette chapelle. Peu après cette visite, le village fut anéanti par le feu, la foudre et la colère de Dieu.

Le village a une devise pleine de sagesse : « Tu vas que passa où sabes ben » (Tu ne fais que passer, tu le sais bien.) Lors de ma visite, j’ai découvert une épitaphe très belle : « Fauvette, si tu voles autour de cette tombe, chante lui ta plus douce chanson. » L’église de ce village dédiée à saint Jean Baptiste se trouve en son centre, idéalement placée, la place ombragée invite à y entrer. Elle est ouverte, ce qui est rare.

Les amoureux de Napoléon ne manqueront pas une maison où l’empereur lors du retour de l’île d’Elbe s’arrêta pour une nuit. Il descendit le 3 mars 1815 chez monsieur Tartason notaire et juge de paix de Barrème. Au matin Napoléon voulut payer le repas et la nuitée, son hôte lui répondit : « Je ne suis pas aubergiste, je n’ai pas fait de note. »

La région est riche de nombreux gisements fossilifères. En 1861 Henri Coquant estima l’âge du barrémien à 130 millions d’années. Le voyageur débarque du train et trouve devant lui une distillerie de lavande. A la fin du XIX° siècle les Chauvet distillent la lavande.

En 1907 Schimmel industriel Allemand de Leipzig édifie cette raffinerie devant la gare. Avec la guerre son usine est mise sous séquestre et vingt ans plus tard elle est rachetée par la maison Marne de Grasse. Il y avait alors cinq raffineries à Barrème. La gare, donc le train, si l’idée fut émise dès 1860, elle ne sort des cartons des architectes qu’en 1886 et il faut encore attendre un quart de siècle pour la voir réaliser en 1911.

Barrème fournit la lavande aux parfumeurs de Grasse. Le train en effet ne se contentait pas de descendre sur Nice, il y avait à la hauteur du pont de la Manda une connexion qui passant par Vence, Grasse se poursuivait jusqu’à Meyrargues, la ligne fut détruite en 1944.

Barrème et le pays dignois sont toujours embaumés par la lavande et c’est un éclat de lumière mauve qu’il ne faut surtout pas manquer à la belle saison.

Thierry Jan

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