Balades et voyages : Méailles

Tout au bout de la vallée de la Vaïre, niché sur son promontoire Méailles village perché à 1050 mètres d’altitude avec ses 80 habitants est l’ultime gardien de cette vallée avant le tunnel ferroviaire menant à la vallée du Verdon.

Le voyageur du train des Pignes pourra observer la ligne de partage des eaux ; si la Vaïre descend vers le sud-est, après le tunnel le Verdon descend vers le sud-ouest. Revenons dans notre petit bourg. On aura compris qu’il se situe le long de cette voie ferrée entre deux viaducs : celui du Moana et celui du Guillaumarse, tous deux lancés entre 1908 et 1910.

La gare de Méailles ouverte le 3 juillet 1911 resta en service jusqu’au 1° février 1953. Sa gestion avec la vente des billets, leur poinçonnage et la réception du trafic marchandise essentiellement composé des pommes de terres de Méailles très appréciées sur la côte, fut assurée par madame Pons la chef de gare. Elle assurait également le passage à niveau protégeant la route menant au village.

Méailles, avec les grottes de la Barre habitées dès le néolithique, est un habitat très ancien. Avec la conquête romaine par Auguste en 14 avant Jésus-Christ, Méailles passe sous l’autorité de Glanate qui devient Glandèves. La première mention de la commune remonte au XI° siècle : Maldagas passe successivement sous l’autorité des Pontevès, des Glandèves et des Villeneuve. Avec la dédition du Comté de Nice aux Savoie Méailles passe de la viguerie de Puget-Théniers à celle d’Annot. La révolution et l’empire vont permettre d’élaborer le cadastre du village. Il faut attendre 1830 pour voir son achèvement. Le tunnel de la Colle de près de 4 kilomètres relie Méailles à Digne en 1903.

La vallée de la Vaïre est bordée par la montagne du Ruch à l’orient culminant à 2099 mètres et au couchant par le Puy de Rent la séparant du Verdon à 1974 mètres. Trois édifices religieux invitent le visiteur à la prière : la chapelle Saint Joseph au midi, l’église Notre Dame au centre du village aurait une double dédicace, Saint Jacques le saint patron de Méailles y étant cité.

De facture romane par sa nef du XII° elle fut agrandie au XIV° et au XV° siècle. La dernière chapelle située au nord sur un monticule est consacrée à saint Jacques. Elle est un point de vue sur la vallée de la Vaïre et sur le plateau où l’activité agricole perpétue la renommée de Méailles et ses pommes de terre. En arpentant les rues de ce village on sera frappé par ses maisons massives en pierre et ses ruelles étroites.

Une imposante arcade en pierre de taille, comme une ancienne porte et le nom d’une rue laissent supposer l’existence passée d’un château. Méailles et ses 80 habitants sont préservés des masses touristiques ; le village a conservé son âme, c’est là tout son attrait.

Thierry Jan

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