Cloches et clochers : Vergons

Cette commune du département des Alpes de Haute Provence, située au col de Toutes Aures à 1024 mètres d’altitude et dominée par le pic de Chamatte et ses 1879 mètres s’étire le long de la route de Digne avec ses petites maisons aux façades blanches et ocres baignant dans le soleil. Deux chapelles témoignent de la Foi vive des temps passés.

La première se trouve au milieu d’un pré avec son petit cimetière. Notre Dame de Valvert, édifice du XII° siècle de style roman avec trois absides fut l’église paroissiale jusqu’au XVI°, délaissée ensuite au profit de Notre Dame de l’Assomption ou saint Ferréol de la même période.

Saint Ferréol fut reconstruit en 1897 dans le style néo-gothique. Cette dernière est perchée sur son rocher et les voyageurs venant du lac de Castillon l’aperçoivent en premier au détour d’un des nombreux virages de cette route.

Vergons, le nom proviendrait selon une première thèse de l’occitan Vergoun, au pluriel Vergons. Ce mot signifiant baguette d’osier. Les bois de la montagne de Chamatte expliquant ce nom. Une seconde thèse est plus satisfaisante, même si elle est moins poétique.

Entre 23 et 13 avant Jésus Christ, les légions romaines conquièrent le territoire de ce village où vivait la tribu des Vergunni dont le nom est inscrit au trophée d’Auguste à la Turbie.

En 814 on cite dans une charte la Villa Virgonis, l’Abbaye saint Victor y détenant des fermes.

En 1174 l’abbaye de Lérins édifie un prieuré à Vergons, Notre Dame de Valvert en est l’ultime vestige. Ce prieuré sera réuni à celui d’Angles en 1454. Entre temps l’évêque de Senez avait abandonné en 1245 ses dimes à l’abbaye de Lérins (1).

Saint Ferréol, on l’a vu, devint l’église paroissiale du village au XVI°, détruite durant les guerres de religions, elle est reconstruite au XVII°. Le fief va connaître plusieurs seigneurs durant la période féodale et l’ancien régime. Les derniers furent les Glandèves. Le bourg dépendait de la viguerie de Castellane.

On aura remarqué la complexité du découpage administratif avant la révolution. Le village aujourd’hui, est un point de passage où les touristes ne s’arrêtent guère, c’est peut-être sa chance, il n’a pas cédé aux paillettes artificielles qui ont tant dénaturé les villages du littoral.

Arrêtez-vous à Notre Dame de Valvert, si elle fut un petit prieuré, ses vieux murs ont encore la mémoire des laudes et psaumes chantés par les moines.

Thierry Jan

(1) La dime était l’impôt dû à l’église, le dixième de ses revenus.

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