Le temps de balades : Draps et textiles à Saint-André les Alpes

Le visiteur d’aujourd’hui résumera ce village des bords du Verdon aux plages artificielles du lac de Castillon et si d’aventure il était sportif aux pentes du Chalvet et au vol libre.

Très peu se pencheront sur l’histoire de Saint André les Alpes et son passé industriel, sur cette activité oubliée et abandonnée, laquelle pourtant, mais ouvrons ici le livre d’histoire. Dès le XI° siècle le village de Saint André est au mont Chalvet, alors essentiellement une prairie d’alpage, une terre de pâture pour les troupeaux d’ovins. La laine, le lait et le fumier étant les ressources économiques du village. La tonte, le lavage et le cardage de la laine occupaient l’activité des familles.

Durant la saison d’hiver, nous sommes à 900 mètres d’altitude sur un vaste plateau, rigoureuse, enneigée et inhospitalière, les habitants restaient chez eux à l’abri des frimas, on filait et tissait la laine pour sa propre consommation.

Deux siècles plus tard apparaît l’ébauche d’un artisanat avec un tisserand s’installant à Saint André. On lui apporte la laine, chacun son ballot. Saint André aura sa spécialité avec les draps de demi-laine (laine mélangée au chanvre pour rendre le tissu plus résistant) Avec le début du XIX° siècle la mécanisation rend la production industrielle. André Honorat en 1818 crée sa fabrique.

Il y en aura plusieurs, Saint André devient réputé pour sa production et ses draperies. La famille Honorat domine cette activité, elle devient la seule propriétaire du quartier Pra Barin. Ce dernier se trouve à la sortie du village sur la route de Lambruisse au confluent de l’Issole et du Verdon.

Saint André est victime de son isolement, en 1886 l’activité drapière périclite ; les voies d’accès n’existent pas, à part des sentiers muletiers. D’autres raisons, comme l’apparition des draps anglais plus élégants, l’exode rurale commençant avec l’attrait, miroir aux alouettes, des villes pour des paysans recherchant (comme nos migrants d’aujourd’hui) de meilleurs conditions de travail et surtout les premiers tissus synthétiques. Le reboisement du Chalvet réduit les alpages et donc les troupeaux.

L’Issole fit la fortune de ce village, un aqueduc amenait les eaux de cet affluent du Verdon vers les moulins. Il est aujourd’hui en piteux état et des projets sont étudiés afin de sauvegarder ses ultimes vestiges, ces témoins d’un passé où Saint André était un centre industriel de la draperie.

Le visiteur attentif pourra grâce à neuf panneaux ludiques, découvrir plus profondément l’activité drapière et en même temps apprécier ce village bordé par le Verdon et cerné par les montagnes.

Thierry Jan

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