Le temps de balades : Villars sur Var

Le train après avoir quitté les gorges de la Mescla, traversé la route, laissant Malaussène et Massoins, charmants petits villages, longe les rives du Var où se dressent impeccablement alignées le vignoble de Villars dont le vin est renommé et apprécié des connaisseurs, arrive un peu essoufflé à destination.

La gare conserve encore son château d’eau, époque révolue de la vapeur, rouillant de l’usure du temps. Villars petit village du Comté nous attend, laissant le train aux couleurs sang et or de la Provence poursuivre son chemin, nous commençons notre visite. Une agréable promenade va nous amener dans ce bourg caché par la garrigue et les collines.

Villars avant l’ère chrétienne se nommait La Roccaria. Ce sont les Romains qui lui donneront son nom. Un saut dans l’histoire nous amène au IV° siècle avec l’évangélisation. Nous avons déjà évoqué le vignoble, ce sont les Templiers qui ont planté les ceps. Ils succèdent à l’abbaye de Lérins. La population avait choisi vers l’an mille le plateau du Savel où se trouve aujourd’hui ce bourg.

Avec l’élimination de l’ordre du Temple par le roi Philippe le Bel, le fief passe successivement aux Thorame, à Glandève et aux Grimaldi de Beuil, lesquels choisissent, en 1388, le Comte de Savoie contre la Provence. En 1621, après l’exécution d’Annibal Grimaldi par le Duc de Savoie, le château déjà détruit en 1412 est entièrement démantelé. Villars passe sous l’autorité des Vergagno puis du Comte Salmatoris en 1723. C’est une période troublée, Catinat incendie le village en 1691.

En 1860, Villars choisi la France impériale et la prospérité de cet empire de Napoléon III. Ayant brièvement évoqué l’histoire, nous allons visiter ce village et découvrir ses trésors et ses secrets. « J’aime dire secret, car cela crée une ambiance un peu mystérieuse, donnant ainsi une part importante au rêve et à l’imagination. »

Mon guide improvisé m’entraîne à sa suite dans les venelles de son village. On admire les chapelles Saint Antoine, Sainte Brigitte de Suède, les anciennes portes féodales, les banalités avec le four communal et le moulin. Les greniers ouverts (Souleiaires) où l’on faisait sécher les figues, les ruines du château de l’Esperon et la Castre qui fut la maison des Templiers.

L’église paroissiale de facture Gothique de 1520 fut décorée, en 1766, de fresques et moulures baroques. Un retable du XVI° et une statue en bois polychrome représentent tous deux Saint Jean sont ses trésors. La chapelle des pénitents blancs achèvera la visite du village. Le soleil est à son zénith, il est temps de songer à se restaurer.

Hélios nous récite sa symphonie à l’ombre d’un arbre ou assis sur un banc ombragé, nous aurons le loisir de pique-niquer et de partager entre amis la merenda. On goûte alors le concerto de la nature, fait du chant des oiseaux, d’un lointain clocher ou d’une branche qui craque sous le pied d’un randonneur.

Villars s’enflamme dans la pénombre du soir. Il est temps de rejoindre la gare où d’autres amoureux de la nature attendent sur le quai ce train qui signale en sifflant, son arrivée.

Thierry Jan

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