Le temps des balades : Entrevaux

Cette cité fortifiée, ancien siège épiscopal ‘Glandèves’, offre au visiteur un voyage dans le temps, rien n’a changé ou presque depuis le XVI° siècle. Les maisons médiévales se tiennent toujours les unes contre les autres, accrochées à la colline et dominées par la citadelle dont l’accès, même aujourd’hui, est à lui seul une aventure.

Le village se situe sur un coude du Var, c’est d’ailleurs pour cela qu’il ba acquérir une importance stratégique de premier plan. La frontière jusqu’en 1860 se trouve plus en aval sur le fleuve, Puget Théniers est possession des Savoie. Avant 1873 on n’accède de Nice à Entrevaux que par la vallée de l’Esteron. La Mescla est alors infranchissable.

Les Etats de Savoie ne souhaitent pas faciliter la circulation sur cet axe menant à Nice. La vallée de l’Esteron possession du Royaume de Piémont Sardaigne étant alors la seule route carrossable et facile à contrôler, débouchant à Puget-Théniers. Entrevaux est donc une tête de pont du royaume de France et Vauban après 1690 va en améliorer les défenses.

La ville fortifiée étant un point de passage vers le nord, Annot et Guillaume village français jusqu’au premier traité de Turin en 1760. Les défenses d’Entrevaux vont être améliorées jusqu’au milieu du XVIII° siècle. Deux batteries seront ajoutées sur le chemin menant au château.

Cet accès est imposant avec son parapet, serpent ou muraille qui gravit le tertre rocheux. La visite de la citadelle est à la fois un cours d’histoire et d’architecture militaire. Les maisons, le corps de garde, la prison, les vieilles boutiques et les ruelles étroites sont autant d’invitations à ce retour aux sources, celles de notre culture, de notre histoire. La cathédrale du XVII° siècle fut construite entre 1604 et 1667.

Elle est de style Gothique Provençal avec un chœur baroque où Saint Louis est représenté. Pourtant elle n’est pas dédiée à ce roi, mais à Notre Dame de l’Assomption. Le visiteur découvrira à travers les voies anciennes de ce village les palais du commandant de la place, des seigneurs de Glandèves, de l’évêque et des chanoines.

Une porte du XV° siècle témoigne de la première ligne de défense avant l’érection des remparts deux siècles plus tard. Nous remarquerons les échoppes médiévales dont la configuration (deux présentoirs et une porte au milieu de la boutique) est toujours la même aujourd’hui malgré des transformations.

Les cités avant la révolution avaient leurs banalités : moulins, fours, leur hospice où les voyageurs ne pouvant se payer l’auberge étaient reçus, les corps de garde et poudreries, à la fois caserne et arsenal enfin leur prison. Vous les découvrirez à travers ruelles et placettes, Entrevaux mérite de s’y perdre.

Pour ceux qui souhaitent évoquer la muse et la poésie, allez au-delà de la cathédrale, franchissez la porte d’Italie et plongez dans un jardin et des cultures en espaliers, le Var, les oliviers et le silence. Le paradis n’est plus très loin, il est à vos pieds.

Thierry Jan

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