Le temps des balades : Méouilles

De ce village aujourd’hui disparu, il n’en reste qu’une chapelle dédiée à Saint Martin du XIII° et un château plus récent de quatre siècles. Les deux édifices ont été restaurés à la fin du XX° siècle.

Le fief était l’apanage de la famille d’Aillaud. Méouilles est cité dans des cartulaires de 1278. La paroisse dépendait alors de Senez. Nous sommes au XIII° siècle, les cités s’ouvrent peu à peu et dépassent leurs anciens remparts. Méouilles située sur son promontoire, bien défendu n’a plus à craindre les ravages et les pillages.

Un glissement de terrain va détruire la plus grande partie des habitations, on traverse le Verdon et l’on va édifier un nouveau village, mieux accessible et surtout bien placé sur les voies d’accès vers Digne, Castellane et la vallée du Verdon rejoignant la Durance. Méouilles se meure, bientôt déserté et même oublié. Au milieu du XIX° siècle, monsieur Philips, enfant de Saint André les Alpes, est décorateur à Toulon.

Profondément religieux, il n’oublie pas son village. Il en connait l’histoire dont le sort de Méouilles, sa chapelle et son château. Il va les restaurer l’une et l’autre. La chapelle saint Martin avec son cimetière où repose encore aujourd’hui en terre consacrée des défunts et ce château, plutôt demeure seigneuriale.

Monsieur Philips va doter ce promontoire sur le Verdon de deux statues en pierre du pays d’Arles. Saint Pierre et saint Paul qui pourtant ne s’appréciaient guère, se retrouvent ensemble dominant depuis une crête, les céans.

C’est le 29 juillet 1891 qu’ils furent l’un et l’autre scellés sur leur socle et depuis sont les gardiens du pays et du lac de Castillon. Le randonneur, l’amoureux des senteurs de lavande, du silence absolu, d’une nature vierge, ne pourra que s’extasier devant ce panorama.

Les eaux vertes du lac , les montagnes variant du bleu au mauve, un ciel pur et sans nuage, le clocher de Saint André sonnant les heures, on s’assoupi en oubliant le temps dans ce paradis, loin du bruit et des trépidations stupides de la vie moderne.

Méouilles, une invitation à découvrir la vie, la vraie, loin et même très loin de ce monde artificiel et sans poésie. Narcisse n’y a pas sa place et c’est heureux.

Thierry Jan

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