Une fiction tv du Brésil, O Ninho, gagne au festival queer In&Out

Le prix KLM du public va a Cerveaux Mouilles d’Orage de Karine Lehmon, meilleur documentaire le vietnamine Finding Phong.

Surprise au palmarès du 9e festival du cinema lgbt In&Out dont la cérémonie de clôture a vu la salle du Mamac pleine de public.

En effet ce n’est pas un film pour le cinéma qui gagne, mais une fiction tv en quatre épisodes, O Ninho, de Filipe Matzembacher et Marcio Reolon, sur un jeune soldat qui entre dans le ‘cercle magique’ d’un puissant travesti, Marlene.

Choisi par le jury (Karine Espineira, Jean-Pierre Paringaux, Andrea Inzerillo, Jean-Gabriel Périot) entre les sept long métrages en compétition, semble donner une forte indication sur une tendance du cinéma lgbt : les produits fait pour la télévision - on pense à Netflix qui aura deux films en competition à Cannes - qui ont fait découvrir des nouveaux talents de tout le monde.

Ensuite, c’est une façon de signaler la vitalité du cinéma queer de l’Amérique du Sud, un des plus vitales : on pense à Lucia Puenzo, Santiago Otheguy, Pablo Trapero. Mais c’est dommage avoir ignoré le visionnaire horror Closet Monster de Stephen Dunn avec la voix d’Isabella Rossellini donnée au hamster Buffy.

Le prix KLM du public comme meilleur long métrage va a Cerveaux Mouilles d’Orage de Karine Lehmon.

Le documentaire vietnamine Finding Phong de Phuong Thao Tran et Swann Dubus-Mallet gagne l’esperluette du meilleur documentaire et Gabber Lover d’Anna Cazenave Carbet celle du meilleur court métrage. Le prix du jury va a Pedro d’André Santos et Marco Leão et celui du public à Herculanum d’Arthru Cahn.

Le film de clôture, Taekwondo de Marco Berger, c’était une ennuyante comédie sans scénario sur un groupe de garçon qui passe le temps à rien faire et à dialoguer sur les nanas, idioties incluses, dans une belle villa avec piscine. Le seul motif d’intérêt du film sont les corps des jeunes observés avec une sensualité estéthiquement intéressant.

Un des titres les plus beaux presenté au festival était hors competition : Jours de France de Jérome Raybaud est un étrange road-movie sur la perte de soi et la solitude. Pierre (le convainçant Pascal Cervo, present au festival) laisse son fiancé pour partir à la vadrouille à travers la France en faisant des rencontres, sexuels et non, avec l’application pour les mobile Grind’r qui permets de trouver les gays plus proches.

vec un ton surreal et des situations drôles très réussis (magnifique la scène de sex ‘virtuel’ dans la quelle les deux hommes sont separés par un mur), on parle de la pulsionalité naïf d’une façon d’entendre la sexualité gay et le sens du vide d’une vie à l’apparence toujours connecté aux autres dans la quelle les rapports sont de plus en plus superficiels.

À notre question provocatrice et politique sur “le sens du peur de vide qui traverse la France dans ces jours où on attend de décider sur le futur” Pascal Cervo a dit que “chaque acteur est une créature politique, mais je ne parle pas souvent de politique dans mon travail”. Mais en effet, le slogan qu’on entend dans le film communique bien un certain esprit national un peu macho dans ce moment : “Liberté, dignité, virilité”.

L’autre invite de pois du festival a été l’actrice Marie France qui a raconté de son experience comme actrice du grand metteur en scène spérimentale éspagnol Adolfo Arrieta.

Très emouvant c’était le documentaire Mapplethorpe – Look at the pictures de Fenton Bailey et Randy Barbato qui raconte d’un des plus grand photographes du vingtième siècle avec beaucoup de matériel bien selectionné et un rhytme soutenu.

Encore une surprise à la fin : le directeur du festival, Benoît Arnulf, a ensuite annoncé ses démissions “pour suivre des nouvelles aventures”.

Roberto Schinardi

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