Les 23es Jeux d’hiver : que faut-il en retenir pour Philippe Manassero ( CDOS 06) ?

Philippe Manassero, Président du Comité Départemental Olympique et Sportif des Alpes-Maritimes (CDOS 06), nous a fait part de son ressenti concernant la récente Olympiade en Corée du Sud. Outre des conditions météorologiques parfois capricieuses (froid polaire, tempêtes de neige ou bourrasques de vent), plusieurs points ont particulièrement attiré notre attention : le contexte politique, le dopage ou encore les résultats des athlètes français et azuréens.

Voilà maintenant plus d’une semaine que la flamme olympique s’est officiellement éteinte à Pyeongchang. L’heure est désormais au bilan !

Les Jeux de la Paix

Et pourtant, ce n’était pas gagné. En effet, depuis la fin de la Guerre de Corée (1950-1953), les tensions persistent dans la péninsule. À l’heure actuelle, aucun traité de paix n’a encore jamais été signé entre les deux États, si bien qu’ils demeurent toujours en conflit. Depuis plus de deux ans, le dialogue était même totalement rompu. À cela viennent s’ajouter les essais répétitifs de tirs de missiles balistiques de Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Une menace récurrente pour les États-Unis d’Amérique de Donald Trump.

Or, l’olympisme a, une nouvelle fois dans l’histoire de Jeux modernes, pris le pas sur la diplomatie. Ainsi, de fortes images politiques ont marqué l’Olympiade de Pyeongchang. À commencer par la cérémonie d’ouverture durant laquelle les deux Corées ont défilé, ensemble, sous un seul et unique drapeau. Au même moment, Moon Jae-in, Président de la région sud, et Kim Yo-jong, sœur de Kim Jong-un, dirigeant de la partie nord, se sont échangé une poignée de main. Sans oublier Su Hyon Jong et Park Jong-ah, toutes deux membres de l’équipe coréenne unifiée de hockey sur glace, qui ont été les avant-dernières relayeuses de la torche olympique.

« Quel bonheur de voir que le sport peut être fédérateur de paix, se réjouit Philippe Manassero. Réunir ces deux pays sous une même bannière, et notamment en hockey sur glace, permet de partager une belle image du sport, qui, je l’espère, sera bénéfique pour l’avenir. »

De nouvelles affaires de dopage mises au jour

À la suite du dopage d’État organisé lors des Jeux de Sotchi en 2014, la Russie s’est vu suspendre de l’évènement par le Comité International Olympique (CIO). Seuls quelques athlètes russes étaient autorisés à concourir sous la bannière olympique, sous certaines conditions seulement. Pourtant, deux nouveaux cas positifs ont été révélés chez les "Athlètes Olympiques de Russie" : Nadezhda Sergeeva en bobsleigh et Aleksandr Krushelnitskiy en curling.

« Le dopage a toujours été problématique, et plus particulièrement dans les pays du bloc communiste au temps de la Guerre Froide. Cependant, depuis des décennies, un gros travail de lutte est effectué et cette fois-ci, le CIO a frappé fort, reconnaît le Président du Comité Départemental Olympique et Sportif des Alpes-Maritimes. Il faut continuer de développer les contrôles et les rendre de plus en plus performants. Aussi, il faut prendre le problème à la racine et mettre en place un long travail d’initiation auprès des jeunes, afin de marteler ces complications liées aux substances interdites. »

Quel constat pour les sportifs français ? Et surtout, quel avenir pour l’Équipe de France ?

Le Ministère des Sports de Laura Flessel, double championne olympique d’escrime, et le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) visaient 20 médailles. Comme à Sotchi, en 2014, les athlètes français, 9es au classement général, ont décroché 15 breloques (5 en or, 4 en argent et 6 en bronze). « Le bilan n’est pas négatif, mais il aurait pu être meilleur. Il peut toujours être meilleur, insiste Philippe Manassero. Là où nous pouvons être déçus, c’est dans les courses de ski alpin. »

L’Équipe de France de biathlon a rattrapé la mise puisqu’un tiers des médailles tricolores (3 en or et 2 en bronze) ont été obtenues lors de ces épreuves. « Avec les pays nordiques, le biathlon reste une spécialité plutôt française. Nous avions donc un fort pourcentage de victoires », souligne-t-il. Et comment ne pas mentionner le biathlète Martin Fourcade, porte-drapeau de notre délégation ? Avec ses trois breloques dorées qui viennent s’ajouter à son palmarès, il est devenu le sportif tricolore le plus sacré de l’histoire des Jeux, été et hiver confondus, avec cinq titres olympiques.

« Et puis il y a ces sports dits modernes, comme le snowboardcross, où nos jeunes athlètes ont montré beaucoup de potentiel, analyse le Président du CDOS 06. Ces compétitions souvent compliquées leur permettent d’engranger de l’expérience pour la suite. »

Feu des projecteurs sur les sportifs locaux

Quatre athlètes azuréens étaient sélectionnés pour cette quinzaine : Julia Pereira et Ken Vuagnoux en snowboardcross, ainsi que Nastasia Noens et Mathieu Faivre en ski alpin. « La belle histoire, c’est celle de Julia Pereira, sacrée vice-championne olympique. Cette jeune fille de 16 ans, insouciante, et pourtant déjà si mature, loue Philippe Manassero. Cette graine de championne deviendra, à coup sûr, une véritable cheffe de file de sa discipline pour les futures échéances. »

Solène FALAISE

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