FK Krasnodar - OGC Nice (5-2) : le Gym coule en Russie

Méconnaissables, les Aiglons ont plié face aux coups de butoir répétés de Krasnodar, redoutablement efficace. Dépassé en défense mais courageux, Nice a fini par sombrer en fin de match.

Qu’il est dur, l’apprentissage de la Ligue Europa. En tête de la Ligue 1 et encore invaincu, l’OGC Nice pratique un jeu alléchant et séduisant qui lui a permis notamment de battre successivement Marseille (3-2) puis Monaco (4-0). Mais en compétition européenne, le Gym a du mal. Beaucoup de mal.

Après une première défaite logique face à Schalke 04 (0-1), les hommes de Lucien Favre espéraient beaucoup de ce premier déplacement. Direction la Russie et Krasnodar. Avec un petit changement d’ordre tactique : Valentin Eysseric remplace Wylan Cyprien dans le onze-type. Derrière Balotelli, les deux numéros 10 se partagent le milieu de terrain avec Koziello et Seri. En défense, la triplette Dante-Sarr-Baysse est reconduite, accompagnée par Dalbert et Ricardo sur les ailes.

Le début de match est plutôt équilibré, le Gym tient et Krasnodar ne se montre pas dangereux dès l’entame. Et pourtant, à la 21e minute, Akhmedov décale Jedrzejczyk dans un espace entre Dalbert et Sarr, tous deux en difficulté sur ce match. Le deuxième adresse ensuite un centre tendu à Fyodor Smolov, qui n’a plus qu’à fusiller Cardinale. Blessé sur l’action, l’international russe cèdera sa place quelques minutes plus tard à Ari.

Deux minutes passent, et sur un ballon anodin de Eboué, Joaozinho part dans le dos d’une défense niçoise statique (et grâce à une erreur de Dante), dribble Cardinale et marque dans le but vide (31e).

Nice se décide à réagir. Après deux frappes de Balotelli au-dessus de la barre, l’attaquant italien cadre enfin et envoie une superbe frappe dans le petit filet opposé (42e), bien aidé par une remise de Sarr.

L’enfer de Dante (et de Baysse)

Au retour des vestiaires, Balotelli, malade, cède sa place à Alassane Pléa. Nice s’accroche, résiste au jeu très physique de Krasnodar. Pléa s’offre une occasion dangereuse repoussée par le gardien russe, mais ce n’est pas suffisant. Alors que le match s’équilibre, nouveau coup du sort : sur un cafouillage dans la surface, Baysse touche le ballon de la main. Pénalty indiscutable, et Joaozinho ne se prie pas pour le transformer.

Le Gym aurait pu sombrer mais le bateau résiste. Sous une pluie qui s’intensifie, Cyprien remplace Dalbert pour apporter offensivement. Et juste après son entrée, il profite d’un super ballon de Eysseric pour tromper Kritsyuk et réduire le score (3-2) et maintenir l’espoir d’accrocher un résultat.

Un peu plus en place et revitalisé par ce but, Nice pousse dans les dernières minutes pour accrocher les russes. Mais malgré cela, Ari finit par faire plier deux fois la défense niçoise en quelques minutes (86e, 90+3e) sur deux contres assassins rondement menés.

Complètement sonnés par des russes terriblement efficaces, les niçois s’inclinent logiquement. Dépassés en défense, à l’image notamment d’un duo Baysse-Dante toujours en difficulté (et certainement fatigué par l’enchaînement des matchs), les Aiglons n’ont pas fait le poids, et l’apprentissage de la Coupe d’Europe s’avère plus compliqué que prévu.

Il faudra aux Aiglons trouver la force de se reprendre dans quinze jours avec un déplacement déjà décisif sur la pelouse du Red Bull Salzbourg, en Autriche.

La stat’ : 59 ans

Nice n’a officiellement jamais gagné en 13 rencontres UEFA à l’extérieur (deux nuls, neuf défaites). Le seul succès hors de leurs bases remonte à une victoire 5-1 contre Fenerbahçe au premier tour rejoué de Coupe des champions – sur terrain neutre à Genève – en décembre 1959. Soit depuis... 59 ans.

La réaction de Luci en Favre :

« C’est sévère. On paye nos erreurs cash. Une erreur de placement sur le 1er, une autre d’estimation de trajectoire de balle sur le 2e. On revient pourtant à 2-1 à la mi-temps, c’était bien. Sur le penalty, on a commis une petite erreur, et pourtant on arrive ensuite à revenir à 3-2. Mais c’est là qu’il faut avoir l’expérience et viser le 3-3. Il ne faut pas ouvrir les vannes comme on l’a fait. On devait poser le ballon, faire tourner, ne pas le perdre aussi rapidement. On a manqué de maitrise à certains moments, ainsi que d’intensité dans les duels, de l’impact à la récupération.On a pris les buts sur de grosses erreurs. Comme je l’ai dit précédemment, il fallait rester tranquille à 3-2, avec l’envie de déstabiliser notre adversaire. On s’est trop ouvert aux contres, et ils ont de bons attaquants. »

La réaction de Valentin Eysseric :

« Au niveau football, le FC Krasnodar n’est pas au dessus de nous, mais ils ont été plus efficaces en jouant en contre. A 3-2, on s’est un peu découvert, on est allé à l’abordage. C’est vrai qu’on leur a laissé beaucoup d’espace. C’est un score sévère, mais il faut relever la tête. On a un match dans peu de temps, il faudra gagner pour rester devant en championnat avant la trêve. Jouer rapidement, c’est un bon moyen d’oublier cette défaite. En Coupe d’Europe, c’est un autre niveau. Il faut être concentré du début à la fin. On apprend. A nous de travailler, la qualification est encore jouable. »

Un oeil sur la concurrence

Dans l’autre match du groupe, Schalke 04 a battu Salzbourg sur le score de 3 buts à 1. Les allemands partagent la tête du groupe I avec Krasnodar. Les buteurs sont Goretzka (15e), Cano (72e) pour Salzbourg.

A Krasnodar, stade Kuban
FK Krsanodar - OGC Nice (2-1 à la mi-temps)

Affluence : 10 750 spectateurs

Arbitre : Ivan Bebek

Buts : Balotelli (42e), Cyprien (71e) pour Nice ; Smolov (29e), Joaozinho (33e, 65e sp), Ari (86e, 90+3) pour Krasnodar.

Avertissements : Seri (46e) Baysse (65e), Cardinale (69e) pour Nice ; Naldo (50e), Grandqvist (55e) pour Krasnodar.

OGC Nice : Cardinale - Baysse (cap.), Dante, Sarr - Ricardo, Koziello, Seri, Dalbert (Cyprien 67e)- Belhanda, Eysseric - Balotelli (Pléa 46e).

FK Krasnodar : Kritsyuk – Jedrzejczyk, Naldo, Granqvist (cap), Torbinskiy – Eboue, Kaboré - Akhmedov (Gazinski 59e), Podberezkine (Laborde 74e), Joaozinho - Smolov (Ari 29e)

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Jane Doe

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