OGC Nice - OM (3-2) : Nice l’emporte au bout du suspense

Au terme d'un match intense et rythmé, le Gym a renversé Marseille et s'est offert le derby de la Méditerranée, galvanisé par la rédemption de Mario Balotelli.

Il était particulièrement attendu. Lors de son entrée sur le terrain, pour l’échauffement, un frisson a traversé tout le stade : Mario Balotelli faisait ses premiers pas sur la pelouse de l’Allianz Riviera. Présenté comme une star et ovationné par le public, l’international italien a offert une soirée de rêve à tous les supporters venus découvrir l’enfant terrible du football italien.

Deux buts, du jeu, de l’envie, un style, et une présence constante à la pointe de l’attaque niçoise, malgré une fatigue évidente en fin de partie. Et toujours avec un cœur énorme.

L’enfer de Dante

Il ne lui a fallu que sept minutes. Dans une ambiance exceptionnelle, les niçois débutent timidement. Puis Mika Seri est bousculé dans la surface par William Vainqueur. Pénalty. Et tous les regards se tournent vers Mario Balotelli. Il n’hésite pas et prend le ballon. Bafétimbi Gomis vient l’intimider, il lui crie dessus, le bouscule. Super Mario ne bronche pas et le regarde. Quelques secondes plus tard, il croise sa frappe et fait vaciller l’Allianz Riviera. Sept minutes de jeu, et déjà un but de Mario Balotelli. Que demander de mieux ? Un dernier regard vers Gomis et il faut se remettre dans le bain.

Seulement, encore sept minutes et c’est Florian Thauvin, servi dans le dos de la défense niçoise, qui trompe Cardinale pour égaliser. La défense à trois bafouille, se marche dessus. Dante, autre recrue star du Gym, semble parfois perdu. Pris à défaut dans son dos, il frôle plusieurs fois la correctionnelle mais Cardinale tient la baraque (40e). Le pressing haut des marseillais étouffe les niçois, qui ont du mal à développer leur jeu. Mais ils se procurent quand même des occasions. Pléa reprend mal un ballon repoussé par Pelé (17e), Balotelli sur coup franc direct (27e), ou encore Super Mario sur une action collective avec Pléa (38e), tout est bon pour faire craquer Marseille. Mais les phocéens tiennent le coup.

En deuxième mi-temps, Marseille se montre plus dangereux : Gomis (47e, 54e) manque par deux fois de tromper Cardinale. Côté niçois, Pléa, volontaire et présent, manque le cadre (59e), tout comme Malang Sarr qui rate sa reprise après une sortie catastrophique de Pelé (67e).

Mais le tournant du match viendra de Vincent Koziello, auteur d’une faute largement évitable dans sa surface et qui offre un pénalty à l’OM. Bafétimbi ne se fait pas prier et donne l’avantage aux Olympiens (72e). La messe semble dite, mais c’est le moment que choisit Lucien Favre pour remodeler son équipe.

Club Belhanda

Valentin Eysseric et Younès Belhanda remplacent Alassane Pléa et Dalbert. Le 3-5-2 cède sa place à un 4-3-3 plus classique. Et au bout de trois minutes, le changement est visible : Ricardo déborde sur le côté droit et dépose le ballon sur la tête de Balotelli qui trompe Pelé d’une tête piquée (78e). 2-2, il reste dix minutes à jouer.

Belhanda se met très vite en évidence par des passes rapides, courtes, et surtout quelques talonnades qui ravissent le public chaud bouillant de l’Allianz Riviera. Eysseric manque d’obtenir un autre pénalty à la 80e, mais c’est un autre homme qui viendra libérer le Gym.

Wylan Cyprien, auteur d’un match excellent, hérite d’un ballon de Belhanda aux 30 mètres. Il s’avance, et décroche 5 mètres plus loin une frappe flottante qui surprend complètement Yohann Pelé. Le gardien marseillais se troue, lucarne, et les Aiglons prennent l’avantage à moins de 5 minutes de la fin du match (88e). Le stade explose, le public niçois laisse éclater sa joie, et pour cause : Nice est co-leader de Ligue 1 avec 10 points, tout comme Monaco. Et aussi, Nice est la seule équipe encore invaincue en Ligue 1 cette saison, avec Monaco et Guingamp.

A l’issue d’un match spectaculaire et avec un mental incroyable, le Gym régale et n’a toujours pas perdu cette saison. Quant à Mario Balotelli, il s’est offert une soirée de rêve. Il faudra toutefois très vite se réveiller car dès jeudi, c’est l’Europe et Schalke 04 qui viendront se présenter sur la pelouse de l’Allianz Riviera.

La stat’ : Balotelli, la tradition perdure !

Sept minutes ont suffi à Super Mario pour se mettre le public niçois dans la poche. En marquant dès son premier match, l’italien fait durer une vieille habitude : il a toujours marqué lors de ses débuts dans une équipe : Inter Milan, Manchester City et Milan AC.

Balotelli s’est même offert le luxe de marquer un second but. C’est la première fois depuis le 7 décembre 2013 (avec l’AC Milan à Livourne). Et surtout, c’est autant de buts en un match qu’en deux ans. L’heure de la rédemption a sonné.

La réaction de Lucien Favre :

« C’est le genre de match qui est dur pour les entraîneurs aussi. Pour le public aussi j’imagine. il y a eu des occasions de part et d’autre. Marseille a été plus dangereux que nous, ils ont une énorme percussion devant. Balle au pied en percussion c’est très fort, on l’a vu a notre détriment. Ils ont eu trop d’occasions à mon goût. Un match se joue à rien. Prendre le but du 2-1 n’est pas illogique mais l’équipe a bien réagi et a fait preuve de caractère. Elle n’a pas baissé les bras, elle a continué de jouer, elle voulait au moins égaliser. On met ce but magnifique avec le débordement de Ricardo et la tête de Mario Balotelli. A 2-2, il faut faire un choix mais on sentait l’équipe qui en voulait encore plus. On a un peu de réussite avec ce but du 3-2, mais pour avoir de la réussite il faut tirer… Au final tout est beau. »

La réaction de Yoan Cardinale :

« Balotelli est venu pour ça, pour marquer et se relancer. Commencer par un doublé dans un derby chaud comme celui-là, ça nous fait plaisir pour lui. On l’a félicité, il nous a félicités. Ce n’est pas la victoire de Mario Balotelli mais de tout un collectif. Il est à son aise, ça se voit. Il nous chambre, on le chambre. Mais c’est toutes les recrues comme ça, pas forcément lui. Ce n’est que du positif pour l’équipe. On essaye de bien intégrer tous les joueurs. »

La réaction de Jean-Pierre Rivère :

« C’était un match très vivant, des deux côtés, a ainsi commenté le président du Gym. Ce soir, ça nous a souri, je pense qu’on méritait de gagner. On est très contents d’avoir pris les 3 points mais il ne faut pas s’enflammer, il reste beaucoup de travail. L’équipe est encore en rodage et a besoin de temps. Mario Balotelli ? Je suis très heureux pour lui car c’est un garçon très attachant, très loin de l’image qu’il peut donner. Depuis son arrivée, il a fait preuve de beaucoup d’humilité et s’est comporté remarquablement avec ses coéquipiers. Ses deux buts sont une belle récompense pour lui. Ce n’est que le début, il faut continuer à travailler. Rien n’est arrivé, loin de là. Il faut également noter le très beau troisième but marqué par Cyprien. »

A Nice, Allianz Riviera,
OGC Nice 3-2 Olympique de Marseille (mi-temps 1-1)

Affluence : 31 194 spectateurs

Arbitre : M. Frank Schneider

Buts : Balotelli (7e sp, 78e), Cyprien (87e) pour Nice, Thauvin (14e) Gomis (72e sp) pour Marseille.

Avertissements : Koziello (71e), Ricardo (86e) pour Nice ; Zambo Anguissa (31e), Doria (66e), Machach (87e) pour Marseille

OGC Nice : Cardinale - Sarr, Dante, Baysse (cap.) - Dalbert (Belhanda 76e), Ricardo - Seri, Cyprien, Koziello - Plea (Eysseric 76e), Balotelli.

Olympique de Marseille : Pelé - Sakai, Hubocan, Doria, Rekik - Vainqueur (Njie 68e), Zambo Anguissa - Thauvin, Leya Iseka (Machach 57e), Sarr - Gomis (cap.).

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Jane Doe

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