Rémi Clermont ( Le Café du cycliste) : “ Le vélo est devenu un véritable élément de la culture”

Classé 115e du palmarès annuel des Echos-Champions de la Croissance, l’entreprise niçoise le Café du Cycliste, est l’une des plus dynamiques de France. Zoom sur le co-fondateur de la marque Rémi Clermont, un passionné de vélo qui casse les codes du cyclisme traditionnel et habille aujourd’hui, les bikers du monde entier.

Quelle a été votre réaction à l’annonce de cette nouvelle ?

“Ca fait plaisir, c’est une validation. Cela signifie que les gens aiment notre manière de voir le vêtement de vélo. Même si mon âme de compétiteur me fait dire que nous sommes “que” 115e, c’est très motivant pour la suite. On est sur la bonne voie donc il faut continuer.”

D’où vous est venue l’idée de créer cette marque ?

“C’est lorsque j’ai décidé de quitter mon job précédent, j’étais dans la sécurité informatique,rien à avoir avec ce que je fais maintenant. Et l’idée m’est venue un peu par hasard, j’ai toujours aimé le vélo de par mon père mais les tenues de cyclistes ne me correspondaient pas du tout, j’avais l’impression d’être déguisé. Mon associé sur ce projet, passionné de vélo lui aussi, voulait quitter son travail donc on s’est lancés.”

Vous vous attendiez à un tel succès ?

“C’est difficile à dire mais on pouvait pressentir qu’il y avait une demande, je n’étais pas seul à partager cet avis concernant l’esthétique des cyclistes. Car globalement, le cyclisme change et devient un style de vie pour beaucoup de gens. Comme à l’image des skaters, eux n’attendent pas d’enfiler des Vans pour se revendiquer en tant que tels, ils le sont au quotidien. Et c’est pareil pour le vélo, il est de plus en plus pratiqué dans les grandes villes. C’est un lifestyle, les gens se définissent par leur métier mais aussi par le vélo qui est devenu plus qu’une activité sportive, un véritable élément de la culture.”

Vos produits sont vendus dans plus de 80 pays, 25 revendeurs à travers le monde, 2 boutiques à l’étrangers. Comment gère-t-on tout cela ?

“Vendre dans le monde entier avec internet c’est à la fois assez facile mais aussi compliqué. Au niveau marketing, la partie promotionnelle est difficile à mettre en place quand on vend dans beaucoup de pays différents, où il faut parler la langue. Mais l’avantage de vendre partout cela nous sécurise, car nous ne dépendons pas des contraintes politiques ou météorologiques d’un seul territoire.

Qu’est-ce qui fait la différence selon vous, dans les vêtements Café du Cycliste ?

“Il y trois choses qui nous différencient. D’abord la qualité de nos textiles, produits en Europe, avec des matières haut de gamme rarement utilisées dans le sport comme la soie ou la laine de mérinos. La deuxième, c’est l’esthétisme de nos vêtements qui s’inspire de la tradition française du prêt-à-porter et de l’environnement de la région où on roule. Et la troisième, c’est l’état d’esprit de la marque vraiment tourné vers le lifestyle cycliste.”

Quels sont les projets pour la suite ?

“Nous n’allons pas ouvrir d’autres boutiques pour cette année. On a celle de Nice qui est notre camp de base, une à Londres et une à Majorque. Maintenant on va mettre la priorité sur la structuration de l’entreprise, sur les systèmes internes qui font que le client qui commande à l’étranger est satisfait au plus vite, car on réalise 65% de notre chiffre d’affaires sur le site. Et aussi au niveau des équipes, du recrutement, travailler sur une meilleure organisation pour continuer à croître en étant efficaces.

Quand vous jetez un regard sur le parcours accompli depuis 10 ans, vous vous dites quoi ?

“C’est de la satisfaction bien sûr, mais ce qui me plaît le moins dans la croissance c’est le stress lié aux responsabilités. Au début on s’en fout on s’amuse, mais quand j’embarque une équipe de 22 personnes avec moi il faut prendre des décisions moins risquées. Si ça ne marche pas, je serai très gêné que ces gens-là perdent leur boulot. Mais bon c’est un passage obligatoire dans la progression, donc en tant que sportif je prends ça comme un challenge.”

Yassine Said Hassane

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