Une vérité avant tout : personne n'accepte un centre d'accueil pour toxicomanes à côte de chez-soi. Il faut être réaliste, cette implantation suscite des protestations du voisinage pour les comportements addictifs des drogués et de leur entourage.
La complexité et la dimension du problème (voir encadré) est telle que personne ne peut raisonnablement proposer une solution clé en mains. Tout d’abord, vu d’un côte comme de l’autre, un drogué est-il un malade ou une victime des circonstances ? Il y a à cet égard, un principe de responsabilité individuelle, sociétale ou les deux ?
Bien évidemment, la solution la plus facile est celle de balayer devant sa porte, de passer le problème aux autres : les malades se soignent, les coupables doivent être punis. La responsabilité est, suivant le cas, à l’organisation de la santé, à la police et à la justice.
Chacun de nous veut ignorer le problème... mais jusqu’à quand ne pas le regarder en face. Ne serait pas utile de demander leurs avis ou nous faire raconter ses expériences par les intéressés ou par leurs proches ?
Et puis, finalement, quelle peut-être la réponse à un problème d’une telle ampleur et d’une telle complexité quand on réduit un problème sociétal à la dimension de l’ordre l’ordre public ou à la tranquillité (soit-elle légitime) du voisinage ?
Sans une vision humanitaire et solidaire, on ne peut en envisager aucune. Bien sur l’idéal serait qu’il n’y ait pas drogués. Mais puisqu’ils sont là il faudra bien y penser.
Quant au présent : NIMBY (not in my backyard, pas dans mon jardin), disent les pragmatiques anglo-saxons !
Les faits en résumé : la situation du CAARUD de la rue Offenbach était devenu sensible pour la municipalité niçoise, objet des remontrances de plus en plus vives des habitants du quartier. D’où la décision de transférer ce centre d’accueil ailleurs, plus précisément dans le quartier de Pasteur (Au 181, rue Maréchal Liautey).
Bien naturellement les habitants du quartier refusent cette option le climat étant tendu et l’évocation de recours à la violence se multipliant ( voir le communiqué du collectif du quartier : "nous appelons tous les habitants du quartier qui souhaitent préserver une qualité de vie et qui refusent que la mairie rejette vers Pasteur tous les problèmes sociaux à se mobiliser massivement pour faire reculer le maire." ).
Maire, qui, a son tour a saisi le/a Me Ministre de la Sante (s’agissant d"une compétence gouvernementale) pour "la prise en charge des toxicomanes dans les Alpes-Maritime afin de bien vouloir donner son accord à une intégration des CAARUD de Nice dans un centre hospitalier de la ville".
Ce qui a provoqué la réaction de l’opposition.
Celle socialiste qui, par son porte-parole local Xavier Garcia, appelle à la suspension de la décision :
"Cette décision a été prise sans la moindre concertation bouleverse aussi tout un quartier mis devant le fait accompli et habité d’un profond sentiment de mépris. C’est pourquoi je vous demande de suspendre le projet et de lancer une concertation pour dialoguer avec les représentants du quartier et explorer dès à présent d’autres pistes plus conformes à l’intérêt des toxicomanes et des Niçois, notamment une solution en milieu hospitalier".
Tandis que Gaël Nofri, chargé de mission du Rassemblement Bleue Marine/FN, fustige la politique municipale : "Ce choix est aussi l’expression tragique du mépris des élus de la majorité pour le quartier Pasteur ; un quartier plein d’espoir, qui se bat, malgré l’absence d’initiatives municipales locales, contre la paupérisation et les conséquences d’une immigration massive".
Le tout complété par la décision du maire de Nice d’annuler sa précédente... décision : " J’ai pris acte des inquiétudes légitimes de la population du quartier Pasteur et j’ai décidé que le CAARUD ne s’y installera pas.
Dans le même temps, je vous confirme la fermeture du centre « Entractes » de la rue Offenbach au mois d’octobre, parce que ce local n’est plus adapté et que je refuse que les riverains continuent à subir les nuisances générées.
C’est pourquoi, j’ai demandé d’urgence un rendez-vous au Directeur Régional de l’ARS (Agence Régionale de Santé), afin qu’une solution adaptée en milieu hospitalier soit trouvée pour accueillir ces populations fragiles".
Tout est fini ? Pas vraiment.
Voici la réplique de Patrick Allemand, leader socialiste niçois : "La décision du Maire de Nice de revenir sur l’implantation d’un CAARUD à Pasteur est une sage décision. Elle ne doit pas occulter le caractère indispensable et prioritaire d’un CAARUD en centre ville.
Dans l’attente d’une solution de remplacement que j’appelle de mes vœux, le Maire ne peut pas fermer le CAARUD de la rue Offenbach".
Finalement tout le monde a "ses" raisons !
De ce dossier , il nous reste une petite morale devant l’infinie complexité de ce problème, le temps n’est pas venu pour une véritable prise de conscience ?
Faire, défaire pour ensuite refaire, à quoi ça sert vraiment ?
L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime ou United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC) (en anglais) est un organe du Secrétariat des Nations unies dont le siège est à l’Office des Nations unies à Vienne en Autriche où 500 personnes y travaillent
Sa mission est d’assister les États-Membres dans la réalisation de l’objectif de sécurité et de justice pour tous en rendant le monde plus sûr face à la criminalité, à la drogue et au terrorisme. Combattre le crime est l’un des Objectifs du millénaire pour le développement.
UNODC est notamment guidée dans son action par un ensemble d’instruments juridiques internationaux. Ainsi par exemple, la Convention de l’ONU contre la corruption, la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, le cadre juridique international du contrôle des drogues (Convention unique sur les stupéfiants, Convention sur les substances psychotropes, Convention contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes), et le cadre juridique international de la lutte contre le terrorisme.
Rapport 2012
Au cours de la période de cinq ans allant jusqu’à la fin de
2010, la consommation illicite de drogues dans le monde est restée stable, à un taux compris entre 3,4 et 6,6 % de la population adulte (personnes âgées de 15 à 64 ans).Cependant, entre 10 et 13 % des consommateurs demeurent des usagers problématiques qui présentent une dépendance aux drogues et/ou des troubles liés à l’usage de drogues ; la prévalence du VIH (estimée à environ 20 %), de l’hépatite C (46,7 %) et de l’hépatite B (14,6 %) parmi les usagers de drogues par injection continue
d’aggraver la charge mondiale de morbidité et, enfin et surtout, environ 1 décès sur 100 est attribué à la consommation illicite de drogues.( rapport 2010 sur le nombre en milliers de consommateurs/ hypothèse basse/haute)
Cannabis 119420 / 224490
Opioïdes 26380/ 36120
Opiacés 12980 /20990
Cocaïne 13200/ 19510
Stimulants de type amphétamine 14340/ 52 540
“Ecstasy” 10480/ 28120
