Couvre-feu sur les plages : les polémiques (stériles) fusent

La fréquentation nocturne des plages par des bandes de jeunes alcoolisés (et on ne dit pas le reste) est devenu un sujet brûlant en ces temps de sécurité sanitaires. Si l'on veut bien admettre que les jeunes et les moins jeunes ont le droit de disposer d'un espace public, on doit non plus être aveugle et ne pas prendre en compte les incivilités, quand on ne parle pas de dérives de tout autre gendre. Après les polémiques qui ont suivi l'organisation du concert de The Avener de samedi dernier-un bijou en terme d'imprévoyance, Christian Estrosi a serré le vis avec l'interdiction de stationner sur les plages après les 22 heures pendant le week-end. En d'autres termes, oui à une petite promenade au clair de lune, non au bivouacs. La décision va dans le sens de mettre une halte aux incivilités et suit la demande de la plupart des citoyens et riverains qui subissent les conséquences de la présence avant et après de ses bandes de petits malfrats. Bien naturellement, (comment imaginer le contraire ?) des voix des associations de gauche se sont levées pour stigmatiser ce décret : celle modérée de Patrick Allemand (Nice au coeur), l'autre plus "chaviste" de David Nakache (Tous citoyens) . L'un et l'autre se sont exprimés par des communiqués dont nous publions les points principaux (à notre modeste avis) de chacun. On attend la suite...

Patrick Allemand : Ce n’est pas l’accès aux plages qui doit être interdit après 22h mais la consommation d’alcool !

On ne peut pas faire d’angélisme en la matière. Il est bien beau le discours sur le partage, le lien social, etc. Mais, ce ne sont pas ceux qui le tiennent qui, le matin, trouvent leur véhicule endommagé, la porte de leur immeuble fracassée et j’en passe.

Il y a un problème et il faut le reconnaître et proposer des solutions. Se contenter d’évacuer et d’interdire l’accès des plages après 22 heures est une réponse insuffisante et excessive car elle pénalise tout le monde au lieu de focaliser sur les « fauteurs de troubles ».

[...] Aussi, elle fait courir potentiellement un risque dans la ville où vont se replier les « fauteurs de troubles », car ce nouvel arrêté d’interdiction ne sera en fait que la réponse à quelques bandes alcoolisées qui ont choisi d’exister par le bruit, et parfois la violence et les dégradations. C’est donc sur la consommation d’alcool et de stupéfiants sur la plage qu’il faut agir. C’est cela qu’il faut interdire en s’en donnant les moyens.

David Nakache : Non à l’interdiction d’accès aux plages de Nice le soir !

Le maire de Nice et le Préfet des Alpes-Maritimes veulent interdire l’accès de tous aux plages de Nice, au Port et à la Réserve à partir de 22h les vendredi, samedi et dimanche.

La logique est simple : quelques-uns causent des troubles, on pénalise tout le monde. Au lieu d’assurer la sécurité des Niçois et des touristes au bord de mer, on leur interdit d’y accéder.

[...]Le cœur du problème est là : interdire, ce n’est pas protéger.

[...]En interdisant à tous d’accéder à l’espace public, Christian Estrosi accroît le pouvoir de nuisance des "fauteurs de troubles" : à cause d’eux et de l’inaptitude des pouvoirs publics, toute la ville est pénalisée. A vouloir systématiquement interdire et clôturer l’espace public, on s’enferme soi-même.

[...]La jeunesse doit avoir sa place à Nice et lui opposer systématiquement des interdits ne fera qu’envenimer les choses.

Le bord de mer, comme l’ensemble de l’espace public, doit rester accessible à tous. Il revient aux pouvoirs publics locaux, maire comme préfet, de garantir la sécurité de l’ensemble de la population sans interdire d’accéder à la plage, au port ou à la Réserve. Nous voulons habiter la ville librement, avec humanité, et préserver le vivre ensemble à Nice.

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