Budget 2022 : ce que contient le projet de loi de finances

Le gouvernement a fait le choix d'un budget "de relance et d'investissement" pour 2022, a défendu Bruno Le Maire mercredi, assurant de la "sincérité totale" de l'exécutif sur ces choix budgétaires.

Avec la fin du "quoi qu’il en coûte", le gouvernement anticipe une baisse de l’ensemble des dépenses de l’Etat de 34,5 milliards d’euros (−7,9%). Le dernier budget du quinquennat d’Emmanuel Macron annonce en revanche un coquet gonflement de l’enveloppe allouée aux ministères, avec près de 12 milliards d’euros supplémentaires. C’est sans compter le plan d’investissement de 20 à 30 milliards d’euros et la création d’un revenu d’engagement pour les jeunes, que l’exécutif doit dévoiler prochainement et intégrer au projet de budget lors du débat parlementaire.

Le gouvernement n’a en revanche pas annoncé à ce stade de nouvelle mesure d’économie. Ce n’est pas une surprise : le dernier budget d’un quinquennat n’est jamais le plus ambitieux en matière de maîtrise des dépenses, même s’il est traditionnellement amendé après les élections présidentielles et législatives.

De son côté, le Haut Conseil des finances publiques, qui rend un avis consultatif, a dénoncé mercredi un budget 2022 incomplet, qui l’empêche de rendre un avis "pleinement éclairé". "En 2022, la prévision de recettes et celle de dépenses sont très vraisemblablement sous-estimées", avance ce dernier.

Baisse de l’impôt sur le revenu, suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et création de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), réduction des impôts de production et sur les sociétés, suppression de la taxe d’habitation… Le quinquennat d’Emmanuel Macron a été marqué par d’importantes réformes fiscales.

Cette année, les 20% de la population qui payaient encore la taxe d’habitation sur la résidence principale vont donc bénéficier d’un dégrèvement de 30%, avant sa suppression totale en 2023. Les entreprises, de leur côté, bénéficieront également d’une nouvelle réduction de l’impôt sur les sociétés. Conformément au mouvement engagé en 2018, il sera ramené à 25% pour toutes les entreprises, contre 33,3% maximum en 2017.

Le ministère de l’Economie promet de consacrer à la réduction du déficit une partie des meilleures recettes attendues grâce à une croissance dynamique cette année (+6%), puis en 2022 (+4%), selon les prévisions . Le déficit devrait ainsi être ramené de 8,4% du PIB cette année (contre 9,2% en 2020), et à 4,8% l’an prochain, pour une dette qui atteindrait encore un niveau record de 114% du PIB en 2022, après 116% en 2021.

Par ailleurs, le gouvernement s’engage à amortir la dette de l’Etat liée à la crise du Covid-19, estimée à 165 milliards d’euros, sur vingt ans, en affectant chaque année environ 6% du surplus de recettes dégagées en comparaison avec l’année 2020. En 2022, le gouvernement y consacrera 1,9 milliard d’euros.

Partager

Laisser un commentaire