La campagne d’Italie de Christian Estrosi : Gênes et Turin comme nouveaux alliés !

On sait le peu de sympathie de Christian Estrosi pour tout ce qui touche de près ou de loin à Marseille et à la Région PACA. Au delà des raisons des uns et des torts des autres, il faut reconnaitre que les rapports sont "a minima", voire carrément d'opposition politique comme personnelle.

Les exemples ne manquent pas, au contraire, il n’y a peu de dossier qui ne fasse pas l’objet de polémique et de positionnement radical en terme de confrontation.

Si on ne peut pas aller vers l’ouest, il suffit donc de faire demi-tour et regarder vers l’est.

C’est la nouvelle stratégie du maire de Nice et président de la Métropole Nice Côte d’Azur, stratégie qui a débuté avec un accord avec la Mairie de Gênes (essentiellement basé sur les transports ferroviaires et maritimes et la collaboration, voire une intégration entre les activités des ports et des aéroports (voir article ci-dessous).

Mais on sait que l’appétit vient en mangeant et pourquoi donc s’arrêter là ?

Un nouveau front va s’ouvrir dans un futur proche : celui d’un rapport de Turin, cette fois-ci plus orienté vers la formation universitaire et la recherche, domaines où la ville piémontaise est reconnue au niveau international (son université Politecnico* vient d’être classée à la première place par le Ministère des Universités et de la Recherche italien avec une note de 19,20/20). Un rendez-vous avec le Maire de Turin ,Piero Fassino, est d’ores et déjà au calendrier à l’occasion d’une invitation lors du Carnaval de Nice (17 février).

Une note accompagne ces alliances : Nice-Gênes, Turin... Ce n’était pas le territore historique de l’ancien Royaume du Piémont, fief de la Maison des Savoie ?

L’histoire n’est-elle pas un éternel recommencement ?

Nice Premium avait donc fait le bon pronostic en l’évoquant dans ses articles du 14 février et 4 août de l’année dernière. Cette fois c’est chose faite.

En signant hier un protocole de coopération avec l’Aéroport de Gênes, l’aéroport Nice Côte d’Azur veut marquer l’importance qu’il attache
au développement de son ancrage régional dans le cadre d’une euro-région Alpes Méditerranée et renforcer, à travers des axes de travail concrets, ses échanges avec l’Aéroport de Gênes.

Les liens historiques, la proximité géographique et la complémentarité de ces aéroports, tant sur leurs destinations que sur les objectifs qui les animent, ont naturellement poussé les deux entités à mettre en place une collaboration active à travers 3 axes de développement majeurs.

- Créer des navettes routières inter-aéroports (Gênes – Albenga – Nice). Ces navettes seront dédiées au trafic de passagers aériens qui pourront les utiliser dans les deux sens. Elles permettront également de faciliter l’accès au port de Gênes pour les nombreux croisiéristes qui arrivent en avion à Nice.

- Favoriser la création de lignes double touchée pour les vols loisirs, moyen ou long courrier,

- Développer une synergie dans le domaine de l’aviation d’affaires afin de proposer à Gênes une offre complémentaire à Nice et Cannes Mandelieu, notamment aux périodes de pointe.

Hervé de Place, Président du Directoire d’Aéroports de la Côte d’Azur, déclare :

« Nous nous réjouissons de la signature de ce protocole qui s’inscrit dans le prolongement de notre passé historique commun avec nos voisins italiens et qui va renforcer nos échanges en matière de transport aérien. Nous devons plus que jamais unir nos efforts pour être plus attractifs vis-à-vis d’une clientèle de loisirs et d’affaires et développer ainsi ensemble nos avantages concurrentiels sur un marché international de plus en plus compétitif. »

Bernard Kleynhoff, Président du Conseil de Surveillance d’Aéroports de la Côte d’Azur, conclut :

« Cet accord de coopération est un exemple supplémentaire de la mutualisation de nos savoir-faire. La Côte d’Azur s’est engagée dans une démarche de collaboration intense avec ses voisins italiens des régions Piémont et Ligurie. Ligne à Grande Vitesse, tourisme, nautisme, enseignement, innovation… Nos thématiques territoriales et entrepreneuriales se rejoignent.
La Côte d’Azur est résolument engagée dans cette voie et sait qu’elle peut trouver chez ses partenaires italiens des alliés de poids. Ce type de coopérations permet d’aller, unis, au devant des initiatives de l’Union européenne en faveur du développement économique de nos régions. »

De son côté, Marco Arato, président de la société génoise, a exprimé toute sa satisfaction : " Je peux assurer qu’il ne s’agit pas de l’habituel livre de rêves".

Le volume de l’activité de l’aéroport gênois a été de 1,4 million de passagers en 2011. L’absence de ’masse critique’ lui intérdit un développement vers l’international et cette collaboration ne pourra que lui être particulièrement profitable.

La société est en cours de privatisation et parmi les candidats retenus dans la short-list figure une société du groupe Vinci (Vinci Airport qui gêre déjà quelques aéroports régionaux en France et au Vietnam).

"Encore que cet accord n’a aucune vocation capitalistique, il n’est pas exclu que dans le cadre de cette opération, l’Aéroport de Nice puisse prendre une participation très minoritaire dans le nouvel actionnariat" dixit Bernard Kleinhoff.

* qui a un accord de partenariat avec l’IPAG Nice, la business school niçoise.. L’autre université turinoise, Università degli Studi fait partie du PRES avec les Universités de Gênes, Nice (et Toulon, Corse et Paris VI).

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Jane Doe

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