Le Professeur Giuseppe Speziale nous explique les avancées de la chirurgie cardiaque

Dernièrement, le 11 juin dernier, le Youtubeur Sir Kipsta, atteint depuis longtemps d’une insuffisance cardiaque, est mort lors d’une longue et complexe intervention chirurgicale.
Le lendemain, le footballeur danois de 29 ans, Christian Eriksen, a été frappé d’un arrêt cardiaque en plein match, il a, heureusement, pu être sauvé par les médecins, mais il est toujours hospitalisé.
Dans le monde, les maladies cardiovasculaires sont responsables de 17,7 millions de morts par an, soit 31% des décès. En France, elles sont la deuxième cause de décès (après les cancers).
Beaucoup d’actions de médiatisation sont mis en avant par Mécénat Chirurgie Cardiaque pour éveiller les consciences et récolter des fonds.
Le professeur Giuseppe Speziale est un chirurgien cardiaque, il a pratiqué plus de 6000 opérations et est devenu le spécialiste des interventions mini-invasives de réparation de la valve mitrale.
Quels sont les principaux enjeux avec les valvulopathies cardiaques ?
« Le grand problème avec ces maladies est l’absence de symptômes facilement identifiables. Et l’alarme mentale, présente en chacun de nous, qui nous alerte sur notre état de santé, ne s’active pas dans le cas de ces maladies. C’est pourquoi l’enjeu majeur est la prévention : Il faut améliorer les campagnes de prévention. Prenons l’exemple de toutes les campagnes de prévention du cancer du sein qui ont été menées, elles ont permis une vraie prise de conscience de la part de la population et cela a considérablement réduit le nombre de décès et de complications. Il faudrait faire de même pour les maladies cardiovasculaires. »
La recherche dans le domaine cardiaque a énormément évolué depuis les vingt dernières années, il est notamment possible de détecter les pathologies bien plus en amont qu’avant.
Pour le Professeur Speziale, la véritable révolution s’est produite avec l’essor des techniques mini-invasives.
« En chirurgie valvulaire mitrale, cela fait une énorme différence ; avant on était obligé de pratiquer une opération par stéréotomie, c’est-à-dire ouvrir la cage thoracique au niveau du sternum pour accéder au cœur, ce qui signifiait pratiquement faire une opération orthopédique en plus de la chirurgie cardiaque. »
Au cours des dix dernières années, une nouvelle technique appelée TAVI a vu le jour, une alternative moins invasive. Giuseppe Speziale nous explique la TAVI : « l’opération est réalisée à cœur battant, sans incision, grâce à un cathéter introduit dans le corps à partir de l’artère fémorale, ce qui permet le remplacement de la valve malade. Il s’agit d’une chirurgie cardiaque transcathéter qui représente un tournant radical à la chirurgie valvulaire aortique, permettant de l’étendre à des patients plus âgés ou atteints d’autres pathologies invalidantes qui auraient été incompatibles avec la chirurgie invasive. »
Nous vivons dans une époque très dynamique pour la chirurgie cardiaque et pour la médecine, en général. Les nouvelles technologies se développent de jour en jour pour aider patients et médecins. Ces progrès ont été phénoménaux en Italie. En effet, il y a 25 ans Giuseppe Speziale a été obligé de quitter son pays pour apprendre les techniques de pointes du domaine alors qu’aujourd’hui, la chirurgie cardiaque italienne est à un niveau d’excellence absolue et est devenue une référence mondiale.
Giuseppe Speziale est le vice-président de GVM Care & Research, un groupe hospitalier italien présent dans dix régions, ainsi que dans quatre autres pays. Malgré sa renommée internationale, il a décidé de concentrer son travail sur le Sud de l’Italie.
« En Italie, il existe cette mentalité qui fait une nette distinction entre la Lombardie (la Région de Milan) et tout le reste. Pour l’opinion publique, il semble que seule la Lombardie existe, en particulier Milan, et le reste de la santé italienne, publique ou privée, est nettement en dessous.
La santé au sud est une œuvre sociale et culturelle, autant que médicale : dans le sud, nous devons non seulement construire des infrastructures, mais aussi renforcer le secteur de la santé et la confiance des gens dans ce secteur. »
GVM Care & Research est un groupe unique qui n’a rien à voir avec ses concurrents généralement concentrés dans une ou deux régions. « Nos hôpitaux ont un lien très fort avec le territoire. De cette façon, nous combattons l’idée de sous-culture, en mettant le système du pays au centre et surtout le patient qui doit être traité et suivi efficacement près de chez lui.
La vérité est qu’il y a beaucoup de structures dans le sud qui n’ont rien à envier à celles du nord et grâce à des groupes comme GMV Care Research le sentiment que la santé dans le sud de l’Italie est inférieure commence enfin à disparaître.

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Jane Doe

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