Politique économique : comment passer des paroles aux actes ?

Après le discours de politique générale d’Édouard Philippe, ces mercredi et jeudi à l’Assemblée et au Sénat, il faudra passer des paroles aux actes , ce qui complexifie la tâche. Un exercice délicat en cette année post-mouvement des « gilets jaunes » et qui doit intégrer les promesses présidentielles. Le tout devra être finalisé avant le projet de loi de finances pour 2020 dont le contenu sera dévoilé, comme chaque année, à la fin septembre. D’ici là, les discussions vont être difficiles pour fixer les objectifs chiffrés (plafond de dépenses, niveau d’économies...) ambitieux et difficilement compatibles, qui font que l'équation semble improbable à résoudre.

OBJECTIF 1 : 2% du PIB de déficit public à fin 2020

C’est la priorité des priorités : tenir le déficit. Dans son programme de stabilité révisé en avril et envoyé à Bruxelles, le gouvernement vise désormais un déficit de 2% fin 2020, après 3,1% en 2019 et 2,5% en 2018. La marche, qui semble haute, ne l’est pas tant que cela en réalité. Le solde de 2019 intègre en effet les quelque 20 milliards d’euros du CICE basculés en baisse pérenne de cotisations patronales, soit l’équivalent de 0,9 point de PIB qui disparaîtront de facto l’année prochaine. Défalqué de ce poids temporaire, le déficit 2019 s’affiche en réalité à 2,2%, soit 0,2 point seulement au-dessus de la cible visée l’année prochaine.

OBJECTIF 2 : 5 milliards d’euros de baisse de l’impôt sur le revenu

C’est la promesse faite par Emmanuel Macron à la sortie du grand débat national : une baisse en 2020 de 5 milliards d’euros d’impôts sur le revenu, et ce pour rendre du pouvoir d’achat aux classes moyennes qui travaillent. Si on commence à connaître les modalités d’application de cette ristourne fiscale, son financement demeure aléatoire. Dans son discours de politique générale mercredi, le premier ministre a confirmé que la facture serait payée par des économies supplémentaires, notamment par la réduction de niches fiscales et sociales touchant les entreprises.

OBJECTIF 3 : 1,4% de croissance du PIB à atteindre

Les grands équilibres du budget 2020 tiennent à ce tout petit chiffre : celui d’une croissance attendue à 1,4% l’année prochaine, soit le même niveau que celui espéré pour 2019. Pour l’heure, la prévision du gouvernement -minimaliste- semble peu ou prou réaliste, le consensus des économistes et les institutions, internationales ou de conjoncture, proposant pour les deux années visées des niveaux similaires.

OBJECTIF 4 : 0,6 point de redressement structurel

C’est la part des économies dégagées par des réformes structurelles, c’est-à-dire indépendante et déconnectée de la conjoncture, que la France doit réaliser à la demande de la commission de Bruxelles. Le niveau, (0,6 point en 2020) est non négligeable, l’Hexagone ne parvenant pas depuis plusieurs années à réaliser l’objectif fixé par la commission européenne et ne cessant de renvoyer aux calendes grecques (chaque année deux ans plus tard) la concrétisation de ses efforts structurels.

OBJECTIF 5 : 98,7% de taux de dette publique à la fin de l’année

Comme en 2019, le gouvernement fera tout son possible pour que le taux de dette publique ne dépasse pas fin 2020 la barre symbolique des 100%. Logiquement, elle devrait s’en écarter un peu, s’affichant sur un an en baisse de 0,2 point, à 98,7 points. Reste que le gouvernement ne cesse, chaque année, de réviser à la hausse ses prévisions d’endettement dont le niveau devait initialement, au début du quinquennat, redescendre sous la barre des 90% en 2022. D’après le dernier programme de stabilité envoyé en avril à Bruxelles, l’objectif visé en fin de mandat est désormais de 96,8%.

notre élaboration sur plusieurs sources

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