Acte XIV : Les « gilets jaunes » ne sont pas le miroir de la France

Alors que les Gilets jaunes vont à nouveau manifester ce samedi, une majorité de Français pense que le mouvement doit s’arrêter. Il ne faudrait pas, après ces semaines agitées, d’ embrasement général au point d’effrayer progressivement tout le monde (et en premier lieu le gouvernement), croire et faire croire la trame d’un conflit entre des militants qui se gargarisent d’incarner le peuple, d’une part, et le gouvernement, de l’autre.

Comme dans un feuilleton, les Gilets jaunes -dont la dimension parfois mythomane de certaines têtes d’affiche et les affinités avec l’extrême-droite ont été mises en évidence- ont utilisé un ingrédient-clef : le rendez-vous hebdomadaire avec les manifestations du samedi.

Grâce à la surexposition médiatique dont ils sont l’objet , les Gilets Jaunes offrent aux caméras un spectacle permanent façonné par un décor, des actions et des acteurs à interviewer et sont une source d’images inépuisable et renouvelée pour meubler l’antenne.

La protestation, galvanisée par le Net, s’érige en contre-modèle à la démocratie représentative : refus de leader, refus des corps intermédiaires, expression plus émotionnelle (l’indignation, la colère) qu’argumentée autour de revendications très précises.

Après deux siècles de construction laborieuse de la démocratie représentative, toujours améliorable évidemment, l’idée d’un gouvernement direct par les citoyens (via Internet ?) surgit comme l’enchantement de la politique.

Le chemin du populisme digitalisé a été tracé par d’autres figures comme Trump ou Beppe Grillo, des figures sur lesquelles, au départ, aucun bookmaker n’aurait misé un kopek.

Un meneur et ses troupes. Là, il faut commencer à s’émouvoir.

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