Comment l’événementiel professionnel va rebondir en France ?

Faut-il transposer online des salons, des festivals de cinéma ? Difficile de transposer un MIPIM qui se tient habituellement sous le soleil de Cannes, qui s’inscrit dans l’azur des Alpes-Maritimes. Ce paysage qui a tant inspiré les d’artistes de Chagall à Picasso pour ne citer que ces deux-là.

Nous avons tous vu les chiffres, près de 330 000 emplois contaminés, ce sont les termes utilisés par Bertrand Biard, président de l’événement asso qui défend les intérêts de ce secteur qui génère des centaines de millions d’euros de chiffres d’affaires en France chaque année. C’est un secteur extrêmement hétérogène qui ne s’arrête pas aux très grands événements du type Salon de l’agriculture, salon de l’auto parisiens mais englobe aussi les festivals culturels, (Cannes, Salon du livre de Paris,) le MIPIM, les séminaires d’entreprise, les formations de managers etc.

Bref l’événementiel est pour la première fois de son histoire pris au sérieux par les autorités. Le président de la République a même cité ce secteur aux côtés de nombreux autres comme l’un des plus durement touchés par la crise. Les pros de cette communauté ont été stoppés dans leur élan alors que la saison des événements professionnels démarrait tout juste. En France, elle court de mars à juillet, puis de septembre à décembre. Paris étant une grande capitale, elle attire des congressistes et accueille moult salons professionnels tout au long de l’année.

C’est là que les choses se compliquent pour les agences événementielles françaises et toutes celles qui du Royaume-Uni à Monaco en passant par les Etats-Unis ou les Pays-Bas organisent des événements d’entreprise en France. Les participants au MIPIM, au Festival de Cannes, à Vivatech, au salon de l’auto, au MIP TV, viennent aussi pour le cadre, pour la vie à la française, pour rencontrer, voir, se frotter à des collègues et des concurrents, toutes choses interdites en ce moment. Alors je pose la question :

faut-il transposer les salons professionnels en ligne, faut-il proposer un salon du livre entièrement numérique ? un festival de Cannes dématérialisé, sans starlettes ni Croisette ?

Je n’ai pas de réponse toute faite à cette question mais celle-ci mérite amplement d’être posée.

En effet, c’est une vaste question. Imagine-t-on le Festival de Cannes sans montée des marches, sans starlettes, sans tapis rouge, sans embrassades lors du palmarès ? Pas évident, n’est-ce pas ?

Première question : est-ce faisable ?

Réponse claire et nette : oui. On peut organiser tout un festival de cinéma en ligne aujourd’hui avec les moyens technologiques existant cela devient jouable. Les outils de visioconférence professionnels et la qualité des connexions Internet des pros comme dans particuliers permettent ce genre d’acrobatie. Pour le secteur audiovisuel, il existe des plateformes comme cinando qui permettent de déployer toute une infrastructure digitale à même de proposer des projections, des master classes, des ateliers de pitch de films, etc.

Cependant, une remarque en passant. Cela nécessite beaucoup de préparation donc oui c’est faisable techniquement mais cela requiert une organisation beaucoup plus rigoureuse encore que celle d’une classique soirée de remise des prix par exemple. Dans ce cas-là, le conducteur de l’événement compterait beaucoup plus de pages, de colonnes, de références techniques qu’une simple remise de prix live.

Seconde question : est-ce souhaitable ?

Souvent, les gens font des choses parce que c’est faisable. Abordons donc le WHY, pourquoi organiser le festival de Cannes en ligne au lieu de l’annuler et donner rendez-vous à l’année prochaine ?

Un chiffre pour le Festival de Cannes : 32 millions d’euros de budget pour l’édition 2020, donc 32 millions de pertes sèches car le festival n’est pas assuré. Impossible d’assurer l’événement dans sa globalité contre une menace telle que l’épidémie de coronavirus.

Le risque que les festivaliers se détournent de cet événement d’ici l’an prochain au profit d’autres festivals tels que celui de Toronto ou la Berlinale au printemps prochain. Là aussi la concurrence fait rage, une édition annulée est quasi sans précédent et très risquée. Rappelons-nous également le combat entre Netflix et Cannes l’an dernier qui a refusé de programmer les films qui n’avaient bénéficié d’aucune sortie en salles, même d’une sortie technique dans une poignée de salles pendant une ou deux semaines. Est-ce un enterrement de première classe pour le cinéma en salle ?

On peut remarquer concernant le festival de Cannes toujours, c’est le cas d’étude que j’ai choisi que depuis des années déjà ce n’est plus un rendez-vous populaire. Je veux dire par là que les moments mémorables du Festival sont strictement réservés aux professionnels, ceux qui font le cinéma producteurs, réalisateurs acteurs, techniciens et une armada de journalistes pour couvrir tous les événements du festival et autour du festival. De ce fait-là, c’est simple d’accorder des identifiants sécurisés aux pros accrédités et de leur donner rendez-vous en ligne. Mais quid du glamour ?

On pourrait donc dire que ce n’est pas souhaitable, d’ailleurs à l’heure où j’écris, le 30 mars 2020, le festival est reporté pas enterré pour 2020. Les organisateurs ont pris leur temps pour annoncer un éventuel report au mois de juillet mais sans avancer la moindre date. Prudents, du coup. Est-ce une manière de se ménager le plus de temps possible pour travailler également sur une version en ligne qui offrirait paillettes et grands moments depuis les domiciles des stars hollywoodiennes confinées ?

Notons au passage que le marché du film qui se tient traditionnellement pendant le Festival de Cannes a fait l’objet d’une étude sérieuse pour se tenir en ligne uniquement. A l’heure qu’il est, le marché a déjà anticipé une éventuelle annulation du Festival et donc un événement qui n’accueillerait aucun festivalier au cœur du Palais des Festivals. Une croisette vide de chez vide.
D’ores et déjà, des projections auront lieu simultanément en ligne fin juin-début juillet si le festival a bien lieu à ce moment-là. Ce marché est le plus grand au monde et à ce titre, il a toujours privilégié le contact direct, les échanges autour d’une coupe de champagne mais certains marchés concurrents se passent déjà en ligne depuis un certain temps. L’occasion pour Cannes de se moderniser tout en sauvant un événement incontournable fortement menacé par le COVID-19 et les mesures de confinement.

Par ailleurs, il faut noter qu’il est désormais assez simple de donner une dimension internationale à ces grands événements en les dotant d’interprètes de conférence à distance mais surtout en les associant le plus tôt possible à la création dudit événement. Pour cela, faire appel à un consultant interprète est indiqué et cela vous permettra surtout d’obtenir une solution viable, abordable et qui vous conduire à atteindre vos objectifs en termes de visibilité et de retombées à l’international.

Cyril Belange est consultant en services d’interprétation à distance. Il est basé à Nice mais dipose d’un réseau européen d’interprètes de conférence expérimentés.

Partager

à propos de l'auteur

Jane Doe

Aucune information sur l'auteur.

Laisser un commentaire