La gestion et les finances de Nice et la Métropole passés au scanner par l’Institut Montaigne : quel impact sur le choix des électeurs ?

La publication du document d'analyse de l'Institut Montaigne* - qui ne porte pas de jugements mais se limite à l'exposition méthodologique des chiffres- tombe au bon moment , en pleine campagne électorale. Comme il est dit dans le préambule , "à l'approche de chaque élection municipale , c'est une question qui s'invite forcément dans le débat public. Le maire sortant laisse-t-il sa commune dans un meilleur état qu'au début de son mandat ? ". Si Christian Estrosi verront dans ce rapport des éléments de confort de leur politique , les oppositions ne manqueront pas de souligner le volume de l'endettement qui - en cumulé entre municipalité et métropole - est près de 2 milliards d'euros. Comme l'économie n'est pas une science exacte, chacun en tirera les conclusions qui lui conviennent. On a déjà dans les oreilles les thèses des uns et des autres... " la dette d'aujourd'hui pour cause d'investissements, c'est la croissance de demain ", " Estrosi père de la dette " ! Aux électeurs la bonne lecture et le choix dans les urnes ! On appelle ça , démocratie.

Comme en 2014, l’Institut Montaigne - en partenariat avec « Les Echos » - a passé au crible les finances publiques des plus grandes villes françaises (Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice, Paris, Rennes, Strasbourg et Toulouse). Cet audit fait ressortir une « situation globalement saine et en amélioration », sur la base des chiffres à fin 2018, estime Victor Poirier, directeur des publications du think tank.

Voici la partie du rapport concernant la Ville de Nice et la Métropole

Les principaux indicateurs financiers de la ville de Nice révèlent un état financier globalement solide.

La commune dispose d’un niveau de recettes supérieur à la moyenne, à la fois en statique et en dynamique sur la période 2014-2018, malgré une diminution importante (- 28 %) de la dotation globale de fonctionnement (« DGF ») versée par l’Etat. Le niveau important de recette s’explique notamment par un produit de la fiscalité directe élevé, du fait de bases imposables par habitant supérieures à la moyenne de la strate.

La variation du niveau de dépenses est globalement stable au regard des cycles classiques des dépenses communales. Elles s’établissent en 2018 à 767 M€ et demeurent en euros par habitant supérieures de 28,4 % à la moyenne de la strate. Composante des dépenses d’investissement, les dépenses d’équipement rapportées à l’habitant sont toutefois inférieures de 151 € à la moyenne de la strate en 2014. Elles se rapprochent progressivement du niveau moyen : elles lui sont en 2018 inférieures de 30 € seulement. Ventilées par fonction, les dépenses financent en premier lieu l’administration générale (26 % des dépenses de fonctionnement), puis l’action pour le sport et la jeunesse (20 %) et l’action pour l’enseignement (16 %).

La ville de Nice semble avoir fait du désendettement une priorité : de 2014 à 2018, la dette a diminué de 6 %. En 2017, la capacité de désendettement de la ville s’établissait à 14 ans. Dans le cadre du contrat financier signé avec l’Etat, la ville de Nice s’est engagée à ramener sa capacité de désendettement à 10,8 années en 2019. Cet effort de désendettement s’est particulièrement amplifié en 2018.

Créée en 2012, la Métropole de Nice Côte d’Azur dispose de compétences élargies, notamment dans le domaine de l’urbanisme et du transport. Le transfert des dépenses d’investissement de la ville à la métropole de Nice (par exemple, le financement, par la métropole du projet de ligne Ouest-Est densifiant le tramway niçois) peut expliquer la réduction de l’endettement de la ville de Nice a contrario de celui de la Métropole de Nice Côte d’Azur soit + 42 % de 2014 à 2018 (de 1 058 M€ en 2014 à 1 504 M€ en 2018).

*une capacité de désendettement inférieure à 10 ans - la capacité de désendettement correspond au ratio encours de dette/capacité d’autofinancement (CAF) et indique le nombre d’années nécessaires au remboursement de la dette si la totalité de la CAF y était consacrée. Cette durée de 10 ans est considérée comme un seuil de vigilance à partir duquel les difficultés de couverture budgétaire du remboursement de la dette se profilent pour les années futures.

*Think tank indépendant, l’Institut Montaigne est une plateforme de réflexion, de propositions et d’expérimentations consacrée aux politiques publiques

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