La mort comptabilisée et confinée

Tous les soirs on nous communique le nombre de morts à la suite de la pandémie COVID-19 dans notre pays.

Même si le suivi de la courbe des décès est évidemment utile pour suivre l’évolution de la maladie, il y a dans cette comptabilité quotidienne une forme d’indifférence et d’inhumanité.
La mort comptabilisée s’invite, inquiétante et banale, dans la brutalité d’une société médiatique et se résume à un graphique sur une échelle logarithmique.

On n’en oublierait presque quelques évidences :
La mort fait partie du quotidien de tous les groupes humains.
Les Français meurent encore le plus souvent d’autres causes (maladies cardiovasculaires, cancers, accidents...).
La grippe hivernale, malgré l’efficacité de la vaccination entraîne chaque année le décès de milliers de nos concitoyens.
Et surtout la maladie évolue favorablement dans 95 a 99% des cas.

Les dizaines de milliers de morts dont on ne fait qu’un comptage global annuel font partie de ces morts prévisibles et acceptées, car elles laissent une place à la volonté de nos choix de vie. En revanche, la mort survenant au cours d’une épidémie semble frapper aveuglément et presque injustement.

Mais la mort n’est-elle pas toujours injuste et aveugle ?
La mort due au Covid19 est aussi une mort confinée non accompagnée par les proches, ni avant, ni après le décès : c’est une mort solitaire au deuil escamoté. C’est une mort numériquement publique et humainement cachée.
Dans le « monde d’après » on ne nous fournira plus le nombre quotidien de décès. Nous ne serons pas pour autant libérés de notre « finitude ». Nous repenserons alors la mort de chaque personne et nous aurons peut être mieux compris l’importance de l’accompagnement de la fin de vie et de pouvoir à nouveau se dire « au revoir ».

Partager

à propos de l'auteur

Jane Doe

Aucune information sur l'auteur.

Laisser un commentaire