La scandaleuse dissolution de la MIVILUDES

Blog de Xavier Camus

Au prétexte avancé d’économies budgétaires, la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) va disparaître et ses missions relèveraient désormais de la cellule de prévention de la délinquance et de la radicalisation du seul ministère de l’Intérieur.

Cette décision est grave et inquiétante.

D’une part, ainsi que le précise Georges Fenech (Président de la MIVILUDES de 2008 à 2012), la lutte contre les sectes et contre la radicalisation sont deux combats différents. On trouve des cas d’emprise mentale dans le monde religieux, comme dans celui de la santé, de l’éducation, du sport, dans le monde associatif ou professionnel. Sans parler la création de micro partis politiques captant l’aide publique. La prévention et la lutte contre les dérives sectaires nécessitent donc une action interministérielle.

D’autre part, depuis plus de 17 ans d’existence sous ce nom, la MIVILUDES a publié des rapports annuels détaillés alertant sur les dangers et les risques des sectes. Elle a coordonné l’action interministérielle de prévention et de lutte des pouvoirs publics contre les sectes en formant en particulier les agents des services publics notamment ceux de l’Education Nationale) au repérage et à l’identification des dérives sectaires. Elle a mené également une action publique d’information sur les dangers de l’emprise mentale de certains mouvements et a soutenu l’action des associations luttant contre eux. Je pense particulièrement à l’ADFI-06 présidée par Jocelyne Charbon qui a co-organisée avec mes étudiants de nombreuses réunions d’information à la fac.

Cette mission interministérielle était donc d’une grande efficacité pour lutter contre les dérives sectaires (dont l’objet est en perpétuelle évolution) et affirmer le rôle de la République laïque dans la protection de nos concitoyens.

On ne peut qu’être consterné par la disparition de la référence internationale qu’était cette structure de la MIVILUDES. Espérons que les nombreuses réactions des associations et des autorités morales inciteront le gouvernement à revoir cette décision.

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Jane Doe

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