Le Liban, un pays de plus en plus meurtri

Ces dernières années, le Liban doit faire face à de multiples crises. Il est aujourd'hui un pays en grand danger, qui peine à se relever. Géraldine Ghostine, présidente de l'Association Mon Liban d'Azur, témoigne de cette situation incontrôlable.

Le Liban doit faire face à une crise économique et financière. Cette situation s’accompagne d’une explosion de l’inflation et du taux de pauvreté. La nourriture, les médicaments, tout est rationné voire indisponible. C’est dans ce contexte que Géraldine Ghostine a décidé de réaliser une collecte avec son association : "En décembre, nous avons fait une grande collecte de médicaments. La situation là-bas est grave, il y a une réelle pénurie. Il faut savoir que plus de 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté."
L’autre problème majeur est le système politique en lui-même. Ce n’est pas un secret, le Liban est un pays corrompu de la classe politique en passant par les institutions bancaires. "Toute nos institutions sont contrôlées.. Le pays ne pourra pas se relever sans changement dans sa politique. Quand je me rends au Liban, je vérifie que nos dons aillent bien au bon endroit. Avec ce pays, on ne peut jamais savoir..."

2020, l’année fatale

Comme le reste du globe, le Liban a du affronter le COVID-19. Le pays a été extrêmement touché par cette crise. Cette semaine, un nombre record de cas a été enregistré, ce qui porte le pays a 11.580 cas dont 116 décès. Face à cette terrible hausse, le pays n’a pas eu d’autres choix que de se re confiner. Le Liban est le premier pays à reprendre le confinement, pendant 17 jours, et avec un couvre-feu.
Le dernier événement, et probablement le plus dévastateur, est la double explosion du 4 août à Beyrouth. "Le cœur même de la ville de Beyrouth a été touché. Les quartiers historiques sont massacrés, l’âme de la ville a disparu. La réalité est encore plus dure que les images à la télévision." Géraldine Ghostine devait rentrer au Liban le 29 août, mais son appartement a été touché par l’explosion. Aujourd’hui inquiète pour son pays, elle confie ne plus savoir où elle habite. "Actuellement, il règne à Beyrouth un climat de peur. L’ambassade elle-même recommande la plus grande vigilance. On craint qu’il ne se passe quelque chose de terrible à nouveau. Je vais y retourner pour constater les dégâts, c’est important."
Les économistes parlent de plus de 15 milliards de pertes matérielles, mais aussi de plusieurs années de reconstruction. Pour la présidente de Mon Liban d’Azur, l’avenir n’est pas plus optimiste : "Je pense qu’il faudra bien 5 à 10 ans pour reconstruire entièrement le pays. Actuellement, nous nous dirigeons tout droit dans un scénario Vénézuélien."

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Jane Doe

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