Les chiens détecteurs de coronavirus ?

Le député Loïc Dombreval , vétérinaire de formation, a visité ces derniers jours l’École vétérinaire d’Alfort pour faire le point avec le Pr. Dominique Grandjean sur l’expérimentation "Nosais", qui consiste à utiliser l’odorat des chiens pour détecter les malades du Covid. "Les premiers résultats sont prometteurs. Les chiens sont incroyables !"- a-t-il affirmé après cette visite, même s'il se veut prudent : "Il reste encore beaucoup de travail au Professeur Dominique Grandjean pour solidifier scientifiquement son étude mais les faits sont là : certains chiens entraînés savent détecter de la sueur provenant d’un malade du Covid. Aidons cette découverte à être appliquée concrètement".

Le professeur Dominique Grandjean a accepté de partager l’avancement de la formation des chiens, ainsi que les applications possibles de cette méthodologie de dépistage si l’essai est concluant.*

Comment avez-vous eu l’idée de former des chiens de police au dépistage du nouveau coronavirus ?

Nous sommes partis d’un concept déjà lancé depuis un moment en France et à l’international : le Nosaïs. Ce concept vise à développer l’utilisation du sens olfactif du chien dans le dépistage précoce de maladies chroniques prolifératives (cancers), dégénératives ou à développement progressif.

Je m’intéressais au dépistage du cancer de la vessie lorsque le Covid-19 est arrivé. Je me suis dit : « Pourquoi est-ce que ça ne marcherait pas avec un virus ? » et l’idée de former les chiens à dépister le nouveau coronavirus est née.

Pour les échantillons, il nous a fallu choisir entre les larmes, les excréments, l’urine et la sueur. Nous avons finalement opté pour des compresses posées sous les aisselles des patients, pour prélever de la sueur sans possibilité de contamination passive.

Comment se déroule la formation des chiens pour détecter un échantillon positif de Covid-19 ?

Nous travaillons avec deux types de chiens : des chiens de détection d’explosifs et des chiens de pompier qui vont à la recherche de personnes en détresse. Le deuxième groupe a eu besoin de 15 jours supplémentaires pour apprendre à travailler autrement, alors que le premier groupe avait déjà l’habitude de détecter une quarantaine d’odeurs.

Pour entraîner les chiens, nous les faisons renifler sans contact direct 4 échantillons, dont 3 négatifs et un positif. Lorsqu’un chien reconnaît l’odeur d’un échantillon positif, il communique l’information à son maître-chien qui le récompense et lui donne ainsi envie de recommencer l’exercice.

Aujourd’hui, nous nous situons entre 96% et 100% de taux de réussite. Nous multiplions les exercices pour obtenir des résultats fiables, mais nous pouvons déjà affirmer que le Covid-19 a bien une odeur spécifique !

Ces premiers résultats sont très encourageants ! Comment se passera la suite ?
Maintenant, nous allons entamer une phase de validation de nos résultats.

Pour la suite de l’expérience, nous allons faire renifler 5 échantillons aux chiens, sans communiquer au maître-chien s’il y a un échantillon positif ou non dans le lot.

C’est une façon de tester les compétences des chiens sans que l’attitude des maîtres-chiens ne puissent les influencer. Cela peut être tout à fait involontaire : un tic ou autre qui alerte le chien, qui modifie son comportement durant l’exercice en conséquence.

Lors de cette phase, on obtiendra peut-être plus de faux positifs ou faux négatifs. Mais ensuite, si les résultats sont concluants, nous alerterons les autorités qui décideront s’ils souhaitent mettre en place ce type de dépistage, de telle ou telle manière.

Les gens pourront-ils bientôt se faire dépister par un chien pour le Covid19 ? Si oui, où ?

Si notre essai est validé, une demi-douzaine de pays sont intéressés pour valoriser cette méthode de dépistage dans les aéroports.

Cela serait particulièrement intéressant dans certains pays du tiers monde qui n’ont pas les moyens pour les machines PCR qu’on utilise en France pour détecter le Covid-19 et d’autres maladies.

On peut aussi imaginer une salle d’attente où on poserait des compresses sous les aisselles des personnes à tester pendant 10 minutes, avant de procéder à des dépistages rapides, non intrusifs et peu chers.

Mais même en France, cette méthode de dépistage aurait beaucoup de mérites ! Pour effectuer 500 000 tests par semaine comme prévu, il faudrait 134 semaines, soit 2 ans et demi, pour tester chaque Français une seule fois.

Toutefois, je ne m’autorise pas à penser aux applications possibles de ce protocole, car cela ne relève pas de mon domaine. Pour ma part, je peux simplement développer cette méthode de dépistage et en faire parler autour de moi !

*itw avec le site d’information Wamiz

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