Le deuxième virus , le poison du national-populisme

Les virus aujourd'hui diffusés sont deux. Pour le premier, Covid-19, on a l'espoir que tôt ou tard un vaccin sera trouvé et distribué. L'autre est un danger pour nos démocraties. C'est un virus qui, aidé à l'origine par Covid-19 et par les conséquences induites, attaque la démocratie libérale . C'est un virus sérieux qui s'appelle national-populisme et qui pourrait être létale. Les temps s'y prêtent : comme disait Mao-Tze- Tung ( en reprenant une citation de Confucius" : "grande est la confusion sous le ciel, la situation est excellente" ! Dans ce contexte, chacun y va de son utopie – le tout sécuritaire, le patriotisme économique, la démondialisation, le localisme, la croissance verte –, en faisant fi du champ de ruines qu’il faudra d’abord se coltiner. Mais comme nous le rappelle le philosophe allemand Jürgen Habermas : " Le populisme a peut-être des prétentions intellectuelles mais ce ne sont que des prétentions. C'est tout simplement , une pensée faible". L' éminent érudit a bien raison : pour être populiste il faut feindre d'être complètement abruti sans l'être complètement.

L’angoisse du confinement et la saturation médiatique poussent aux déclarations fracassantes et grandiloquentes, même sous des plumes et voix habituellement plus sobres.

Les vigies autoproclamées prennent une posture belliqueuse , affichent le besoin d’exister, la recherche , à longueur de journée, de visibilité-

Ces "fakirs des Indes" se macèrent de plein gré sans que de leurs propos il en revienne souvent le plus léger avantage à la société.

Ces donneurs de leçons , savants solitaires du "néant", ont une solution à tout problème, complexe qu’il soit. Mais leurs fanfaronnades ne sont qu’une pure opération mentale et cognitive.

Qui sont-ils ? On voit cette drôle de mélasse autour de nous, on les écoutes à la radio ou à la télévision , on les lit dans les journaux et sur leur compte twitter...ce sont les experts du tout mais surtout du rien.

Leur présence égotique n’ a rien à voir avec la responsabilité sociale et de participation authentique à la vie collective, à l’oeuvre commune. L’homo videns a bien remplacé l’homo politicus.

Ils sont bien loin de la grande politique , celle du long terme, de la vision et du futur, miroir inversé de la politique politicienne atomisée qu’ils représentent.

On devrait leur rappeler ce que Léonard de Vinci disait il y a cinq siècle : "savoir et désirer ne suffit pas , il faut faire et réaliser."

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