Commémoration de la rafle à Nice

Fin juillet se commémore un peu partout en France, à l’initiative pas si lointaine de Jacques Chirac, la rafle du Vel d’hiv qui a provoqué en deux jours l’arrestation de 13000 juifs à Paris par la police française pour être remis aux occupants nazis qui les enverront vers les camps de la mort. Seule une centaine d’entre eux reviendront.

Comme tous les ans, sur le quai numéro 1 de la gare, lieu de départ des nombreux juifs raflés à Nice, à eu lieu la cérémonie émouvante organisée chaque troisième dimanche de juillet.

Le Préfet en personne a présidé la séquence devant une assistance où on retrouvait quelques survivants et - année préélectorale oblige - plus d’élus que d’habitude.

La représentante du maire, Martine Ouaknine a fait un discours utile où elle a dénoncé à juste titre un danger encore plus grand que le grossier révisionnisme : la banalisation. En s’étonnant par exemple de l’utilisation devenue fréquente de l’expression "plus jamais ça" à propos de tout et de rien. Elle aurait pu tout aussi bien dénoncer les manifestants qui s’estiment "gazés" à la moindre grenade lacrymogène.

Mais ces propos de bon sens ont été contredits par la fin de la cérémonie, au moment où la musique municipale, après La Marseillaise et Le Chant des partisans, a joué Nissa la Bella.

Comptine sympathique mais profane, celle-ci n’a rien à faire dans une cérémonie de ce type et encore moins dans un ordre protocolaire qui lui donne une forme de supériorité. Faire cela, c’est précisément aller dans le sens d’une banalisation, celle qui était dénoncée par Martine Ouaknine.

Patrick Mottard

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