L’alimentation est un enjeu climatique majeur

"Faisons rimer Écologie et Économie" pourrait être le slogan de Christian Estrosi pour caractériser l'action de sa troisième mandature. Alors qu'un puissant vent pousse la green économy et, politiquement parlant les voiles de écologistes qui se veulent les interprètes attitrés, le maire de Nice se démarque de ceux qui se laissent porter par le courant et revendique "l'écologie positive" contre "l'économie négative" qui porte à l'inaction. En d'autres termes, il choisit le pragmatisme de l'action face au dogmatisme de la pensée unique qui gargarise mais qui ne mène nulle part et renvoie à ses critiques l'accusation de "bétonneur" au regard de l'OIN de la Plaine du Var et plus généralement du territoire métropolitain.

Hier, en visioconférence, Christian Estrosi, avec la double casquette de Maire de Nice et Président de la métropole (on fatigue de plus en plus de distinguer les deux rôles qui s’entrelacent et tendent à se superposer) a voulu prendre par les cornes un sujet de vaste portée, celui du système alimentaire, et en particulier la production et la consommation de produits locaux de qualité.

À côte du nouveau guru "vert", le docteur Richard Chemla , il a voulu donner à ce dossier une magnitude quelque peu exagérée : "la COVID-19 et la tempête ALEX sont deux nouveaux révélateurs des défis de notre temps, en termes d’approvisionnement, d’alimentation, d’indépendance. Assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire au niveau des territoires fait partie des mesures essentielles pour affronter ces crises et s’en relever plus vite."

Bon, quand viendra l’heure du bilan ou des bilans, on pourra dire bien des choses quant aux manquements, sauf le fait que les français et les niçois ont manqué de produits alimentaires.

L’analyse faite par le Maire/Président est pertinente : "cette résilience alimentaire passe d’abord par la production agricole. 2%, c’est le degré d’autonomie alimentaire moyen des territoires français aujourd’hui, c’est-à-dire notre taux de consommation de produits locaux." L’objectif attractif : "je souhaite que ce projet alimentaire nous permette d’améliorer ce taux par des mesures concrètes."

Comment y arriver ? "Au niveau de la Métropole, nous n’avons pas attendu ces crises pour engager une nouvelle politique agricole et foncière qui sanctuarise nos terres agricoles, valorise les friches, et installe de nouvelles exploitations pour développer les circuits courts", a affirmé Christian Estrosi avant de lister un certain nombre d’actions à venir.

Un budget de soutien à l’agriculture à hauteur de 18 millions d’euros par an pour acquérir des parcelles agricoles et aider les communes à acheter du foncier afin d’installer de nouvelles fermes, a création d’un ESPACE TEST AGRICOLE dans la Plaine du Var, qui sera la pépinière des jeunes agriculteurs, à l’image du CEEI installée dans la plaine du Var pour les starts-up et aussi un outil de création d’emplois,

Les repas pour les enfants niçois à travers la Cuisine Centrale de la Ville de Nice prévoient 30% des fruits et légumes issus des circuits courts, 1 repas intégralement BIO par semaine, le bannissement du plastique dans l’intégralité du process de production des repas jusqu’au réchauffage dans les restaurants avec cinq ans d’avance sur la loi EGALIM. Encore, dès le mois de janvier 2021, mise en place de la saisonnalité des fruits et légumes servis dans les cantines et pour la rentrée 2023 la proposition d’un repas végétarien tous les jours sur demande.

Enfin, à la Baronne, le nouveau Marché d’Intérêt National va doter les agriculteurs et les grossistes d’un outil de développement économique moderne et performant d’ici la fin de l’année 2023, sur un site de 18 hectares.

"Ces outils sont mis à disposition pour vous, pour le monde agricole, pour soutenir la ruralité, pour permettre de perméabiliser nos sols, d’éviter l’artificialisation, et créer chez nous de nouvelles productions" a claironné Christian Estrosi.

La conclusion ? "Ce projet alimentaire n’est pas une instance de concertation de plus : c’est notre outil commun pour faire de notre territoire un exemple de système alimentaire prospère et durable".

Souscrit et signé, place à l’action.

L’aménagement de la Plaine du Var intègre pleinement l’agriculture : 1 122 hectares y ont été sanctuarisés dans le cadre du PLU métropolitain, 271 hectares sont identifiés comme des friches agricoles.

Sur le projet Nice Méridia, 4 000 mètres carrés seront consacrés à l’agriculture urbaine.

Au total, sur la Métropole, le PLUM assure une préservation et une valorisation des espaces naturels et agricoles : près de 1080 hectares de zones agricoles supplémentaires, soit une augmentation de plus de 22% pour atteindre 5 900 hectares de terres cultivables ; les espaces naturels augmentés de près de 500 hectares

Ces outils sont mis à disposition pour vous, pour le monde agricole, pour soutenir la ruralité, pour permettre de perméabiliser nos sols, d’éviter l’artificialisation, et créer chez nous de nouvelles productions.

Et ce malgré un foncier cher, de 30 à 100€/m2 dans la Plaine du Var, 10€/m2 dans le moyen pays, contre 0,50€/m2 en Bretagne ! (moyenne nationale : 0,60€/m2)
une moyenne d’âge élevée des exploitants professionnels (55 ans) avec peu de transmissions (une installation pour deux cessations, une perte moyenne de 22 exploitants par an) des détournements d’usage des friches agricoles.

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