L’ensemble de la profession hospitalière présente pour écouter les psychologues en détresse

La manifestation s'est tenu sur le parvis de l'hôpital l'Archer 2. Un lieu réservé en temps normal aux taxis. Ils sont venus notifier leur désapprobation sur la généralisation du remboursement des consultations. Une idée qui concerne peu de personnes et qui en exclut beaucoup. Ils veulent être considérés à leur juste valeur et dénoncent "l'ubérisation" du métier.

"La souffrance psychologique n’est ni un dossier administratif ni une enveloppe budgétaire." C’est le constat amer que fait Benoît Devred, élu CGT au Comité d’hygiène et de sécurité de l’hôpital Sainte-Marie de Nice. Tous décrivent une situation déplorable. Renato Saiu lui voit dans cette loi "un parcours du combattant" pour les patients. Le patient va devoir aller chez son médecin traitant pour qu’il obtienne une prescription. Elle permettra d’aller chez le psychologue qui lui fera une évaluation. Il faudra ensuite retourner chez son médecin traitant qui peut lui prescrire 10 séances de psychothérapies. Le Hic est qu’il ne sera pas possible de cumuler deux séances à la suite. Ils le disent tous en cœur "c’est trop court".

Des conditions de travail décriées

En temps normal, une séance de psychothérapie dure "entre 45 minutes à 1h30". Cependant, le gouvernement a tenu un imposé un quota d’heures à respecter. 30 minutes et pas une de plus. "Accueillir quelqu’un en souffrance psychique, qui est en pleurs et qui a un traumatisme, ce n’est pas possible de lui dire stop merci au revoir, c’est fini au bout du temps imparti", lâche Renato Saiu.

Il y a le risque de rendre impossible certaines techniques, reconnus scientifiquement, impraticables. Il finit en expliquant que "ce n’est pas possible d’être payé 22 euros bruts pour 30 minutes. Il resterait ainsi huit euros pour le psychologue."

Benoit Devred n’a pas peur de le dire "L’ARS ne nous aide pas". Il explique que les décisions des pouvoirs publics ne sont pas sans conséquences. "Surtout lorsque elles prévoient une reconstruction du centre hospitalier avec, à la clé des pertes de lits. Il ne donne pas de moyens pour redéployer les activités sur l’extra hospitalier. Les pouvoirs publics nous imposent des soins sans consentement."

C’est aussi son travail au quotidien qui est grandement impacté. Avec un risque potentiel pour les futurs patients. Malgré le professionnalisme de ces Hommes. "Comment accomplir notre mission de prise en charge psychologique ? Quand en intra-hospitalier, un psychologue se trouve en poste dans deux unités au minimum. Il faut rajouter que la pression des demandes de suivi est de plus en plus forte."

Un mépris de la part de l’administration

Cette mesure ne semble pas faire l’unanimité auprès de la profession. Pire, leurs avis n’ont même pas été écoutés. "Ce projet de loi provient d’une expérimentation dans quatre départements. Selon lui, l’ensemble des psychologues ont fait des retours négatifs à la CPAM (Caisse primaire d’assurance-maladie)", détaille Renato Saiu, psychologue libéral.

La question de la consultation ne semble pas mettre tout le monde d’accord. Pour Chantal Silvestri, psychologue à l’hôpital l’Archet 2. Cette affirmation n’est que foutaise. "Nous demandons l’abrogation de l’arrêté du 10 mars 2021. Il a été rédigé sans notre consultation de notre profession."

Mais une ambiance bonne enfance

Pour ce rassemblement, une centaine de professionnels de la santé ont battu le pavé. Les discours ont été entremêlés de musique pour détendre l’atmosphère. Certains n’ont d’ailleurs pas hésité à mener la danse ou plutôt le petit pas de danse. Après environ deux heures de journée débout, plusieurs groupes se sont dispersés. En marche vers plusieurs quartiers de Nice pour prêcher la bonne parole. Stéphane Gauberti a eu le mot la fin avec un message clair. Il a dit "rendez-vous dans cinq jours."

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Jane Doe

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