Vallée du Paillon : " Le tram nommé désir" est sur les rails

On raconte qu’un jour Socrate parlait avec un de ses élèves dans la cour de sa maison. Santippe, épouse du philosophe grec, commença à s’en plaindre et termina la scène en jetant une cruche d’eau sur la tête de son illustre mari. Socrate donc, toujours imperturbable, prononça la fameuse phrase : « il a tellement tonné qu’il plut ». L’expression est encore utilisée aujourd’hui pour décrire l’accomplissement d’un événement attendu et désormais prévisible.

On avait commencé à en parler après l’inauguration de la ligne 1 ( novembre 2007) , donc après bien plus de 10 ans de discussions, fausses promesses, dénégations et tergiversations , et bien oui, la Vallée du Paillon aura bien son tram !

La décision a été annoncée par le président de la Métropole Nice Côte d’Azur Christian Estrosi , ce lundi après-midi, en visioconférence, en présence des maires des communes concernées.

"Les pistes étudiées étaient : un bus à haut niveau de service, un train-tram ou un tramway. Après concertation avec l’ensemble des maires concernés par le projet et les services métropolitains, c’est la solution d’une nouvelle ligne de tramway qui a été retenue." a ainsi motivé la décision Christian Estrosi.

Et de motiver la décision "Les objectifs sont d’améliorer les conditions de circulation, lutter contre le réchauffement climatique et la pollution, booster l’activité économique en desservant les pôles d’activité du secteur, requalifier l’espace public et développer les modes de déplacement doux."

La future ligne 5 ( la 4 est celle qui reliera Nice-Ouest à Saint-Laurent du Var et Cagnes sur Mer) fera donc 6 km, dont 1,5 km en souterrain. Elle empruntera une partie de la rive gauche, entre Pont-Michel et l’Ariane Nord, et enjambera le Paillon jusqu’à La Trinité et Drap. Objectif : désenclaver le quartier de l’Ariane et faciliter le ralliement de la Vallée du Paillon à l’est de Nice.

Le coût de l’opération est estimé à 340 millions d’euros HT. Le montage financier prévoit l’apport de l’Etat dans le cadre du contrat de relance , celui des collectivités locales ( département et région) , plus les crédits européens et partenaires financiers tels que la Banque publique d’investissement.

"C’est une date importante pour tous ceux qui ont défendu comme moi depuis longtemps ce projet déterminant" , souligne Ladislas Polski, maire de La Trinité bien heureux de pouvoir présenter ce trophée de guerre à ces administrés , et savourant déjà le moment d’une inauguration avant les prochaines élections municipales qui se tiendront en 2026.

Le député de la circonscription Cédric Roussel s’est également ajouté au coeur : "Le désenclavement de l’Est de la métropole, notamment le quartier de l’Ariane et La Trinité, doit être une priorité pour faciliter les déplacements professionnels et du quotidien de tous, et rassurer l’ensemble des acteurs économiques et les particuliers qui œuvrent pour le développement et l’attractivité de ce territoire. "

L’honneur des armes va aussi à Patrick Allemand , pétitionnaire inépuisable pour cette solution , qui , non reconduit après les élections municipales en juin 2020, ne pourra pas en revendiquer au moins une petite partie de mérite quand le Conseil Métropolitain la formalisera.

Le chantier se déroulera en trois phases. En 2026, le tramway devrait arriver à La Trinité. Il faudra attendre 2028 pour que Drap soit reliée.

Voilà, on peut maintenant fermer la page sur ce dossier qu’on pourrait intituler par parallélisme à la pièce "Le tram nommé désir" que le dramaturge américain Tennessee William écrit en 1947. Elle fut un grand succès à Broadway , puis un film primé avec les Oscars en 1952.*

*Le titre de la pièce fait référence au service de tramway qui passe sur la rue Desire dans la ville de La Nouvelle-Orléans.

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