La promenade des sexshops à Nice

« Les clients ont le choix : achat d’accessoires, de films, visionnage individuel ou collectif dans l’arrière-salle, séances différentes chaque jour... ». Claude est bien loin de la caricature traditionnelle du vendeur de sexshop. Il travaille depuis dix ans chez Cho, rue Gioffredo, et pour lui, « ça ou épicier, c’était pareil ». D’ailleurs, pas question de se cacher. « Mes enfants ne sont pas choqués que je travaille ici. J’ai même des petits enfants, et je compte bien leur dire dans quelques années » confie le grand-père, assis au milieu d’innombrables posters pornographiques. Pour Claude, les sexshops ne sont « pas tous des endroits lugubres ». « Ici, il y a une bonne ambiance, beaucoup d’habitués. Bien sûr dans les cabines, il peut tout se passer. Mais c’est entre adultes consentants et donc il n’y a pas de contrôle de ma part ». S’excusant pour conseiller un client sur l’achat d’un volumineux objet massant en latex, Claude nous indique non sans humour : « Faîtes un tour ailleurs. C’est pas toujours tout rose ! ».

« Ici, c’est pas le sexshop gentil »

Façade racoleuse, néons roses, nom provocateur. Quand on pénètre dans un sexshop, c’est rarement par erreur ou par inattention. Cette mise en scène, censée aguicher les clients potentiels, en effraie pourtant beaucoup. Certains établissements laissent une impression malsaine, celle-là même qui crée ces préjugés gênants pour la profession : « Ici, c’est pas le sexshop gentil. C’est du pur et dur, du super gore, alors pas de reportage. Et ne vous avisez pas de donner le nom du sexshop ! » assène un vendeur peu soucieux de l’image de son commerce. La vocation officielle des sexshops est pourtant noble : « vendre du plaisir ».
Alors les sexshops, un « commerce de proximité » comme les autres ? La clientèle y est variée et fidèle mais toujours anonyme. « Parfois, je suis surpris quand je vois rentrer des jeunes hommes élégants, qui vont dans les cabines où il y a des personnes qui pourraient être leurs parents. Par contre, en 10 ans, je n’ai vu que deux femmes entrer seules » confie Yann, vendeur à Center Sex, en face de la Gare de Nice.

« Des avocats, des notables »


Tel un chef cuisinier fier de ses recettes, Yann nous révèle les secrets d’un bon sexshop. « Pas de prostituées, un contrôle des clients à l’entrée, la distribution gratuite de capotes et surtout être chaleureux ». Une proximité qui a ses limites. «  Des couples me demandent parfois de me joindre à eux, mais je ne peux pas quitter mon poste ! ». En général, les sexshops ne sont tenus que par un seul vendeur, laissant ainsi l’arrière salle «  aux mains » des clients. Des problèmes de sécurité ? « Avec les habitués, pas de soucis à avoir. Ils s’enferment dans leur cabine, ou bien ils laissent ouvert et là ils savent ce qu’ils font. On a des gens très bien : des avocats, des notables... La clientèle est très variée, j’ai récemment conseillé un accessoire à une femme de 80 ans qui voulait remplacer son défunt mari ! ».

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