Le Conseil Métropolitain met les voiles au vent : la mandature est bien commencée, les projets sont sur les rails

Après une première séance constitutive suite aux élections du 28 juin (formalisation des groupes de majorité et opposition, élection du Président et son allocution, des Présidents-délégués, des Vice-Président), le Conseil Métropolitain s'est à nouveau réuni hier pour compléter son organisation (commissions) et prendre les premières délibérations de la mandature qui s'annonce chargée.

Un premier constat : les relations entre majorité et opposition semblent encadrées par un mutuel respect des rôles : les uns - 116 voix contre 14 (8+6) - auront la responsabilité de gouverner - ainsi que les électeurs ont choisi -, les autres de s’opposer.

Sous cette mandature, l’opposition sera caractérisée par sa "force de propositions", comme l’a annoncé le groupe écologiste par la voix de Juliette Chesnel - Le Roux ou une opposition qui ne se veut pas caricaturale - comme a bien voulu préciser Philippe Vardon (Rassemblement National) - pas plus que celle qui ne devrait pas être une majorité caricaturale, a-t-il ajouté.

Si on ne pas douter du comportement de la mythe mais tenace porte-parole des écologistes, il est temps de revenir sur le jugement parfois intolérant vers Philippe Vardon qui est devenu un acteur politique , bien trempé dans ses convictions mais parfaitement en ligne dans son action avec le cadre républicain .

Enfin, si on peut émettre un modeste souhait, il ne serait pas inutile de revoir l’organisation des travaux de séances en se référant à l’enseignement du philosophe allemand GW Fiedrich Hegel pour lequel, grâce à la dialectique "thèse et antithèse peuvent trouver une synthèse."

Donc, c’est juste un exemple parmi d’autres, on pourrait se contenter d’une présentation des délibérations sans donner lecture complète du dossier préparé par les services compétentes ou sans se lancer dans des illustrations à l’allure d’une thèse de doctorat.

Un style sobre et succinct pourrait favoriser la compréhension et l’attention des présents et éviter le spectacle de celui qui parle et les autres qui s’occupent sur leur ordinateur ou smartphone.

Dans son introduction politique aux travaux de l’assemblée, le président Métropolitain a présenté les premières déclinaisons des grandes priorités présentés lors du conseil d’investiture. Elles sont ambitieuses mais, comme le rappelle le sage, "il faut se donner les moyens de son ambition". En langage administratif, cela signifie avoir les comptes en règle. Et ce de là qu’il faut partir.

C’est ce que la grand argentier Philippe Pradal a pu présenter - avec la certification de l’administrateur des Finances publiques comme veut la loi- : les finances de la Métropole sont en bonne santé avec un index de désendettement de 4,3 annuités par rapport à un paramètre retenu par la Cour régionale des Comptes de 12. Cet index est en diminution depuis 2017 quand il affichait le chiffre de 10 puis 7 en 2018.

Cela est du à une forte maîtrise des frais de fonctionnement qui en 2019 n’ont augmenté que de 0,18%, bien en deçà du contrat signé avec l’État qui prévoyait 1,2 puis ramené à 0,85.

Une belle performance qui n’a pas entamé le volume des investissements, 377 mio en 2019 (un record) dont 140 mio dans les communes pour les projets locaux.

Bien sur, comment oublier que la Métropole a instauré une taxe sur la bâti qui a bien financé à la hauteur de près de 70 mio ce compte administratif et qui a fait l’objet de tant de polémiques - même si plutôt artificielles- ?

Mais comme dirait Philippe Pradal, "chaque collectivité a une politique fiscale rapportée à ses exigences". Dont acte.

La liste des délibérations en comprend trois de premier plan :

La création d’une agence de sécurité sanitaire, environnementale et de gestion des risques à l’échelle métropolitaine (après celle qui a été instaurée à Nice) dont la gestion est confiée au docteur Richard Chamla. Son action pourrait se résumer en un sel mot : prévention. La crise sanitaire a laissé des cicatrices profondes et il faut en tirer les enseignements au cas ou...

Un Pacte Economique pour l’Emploi - dont le superviseur sera Jacques Richier aux compétences bien connues et reconnues- qui devra relancer avec des initiatives les mesures appropriées, le moteur économique grippée par la crise sanitaire mais qui a besoin aussi d’améliorer son attractivité qui reste périphérique dans le contexte international.

Un nouveau schéma de transport urbain à l’horizon de 2040 qui - dixit Christian Estrosi- continue les actions déjà réalisées en terme de mobilité : tramways (extensions vers l’est et l’ouest) , bus électriques, parc-relais, le pôle intermodale à Saint-Augustin, voitures électriques avec augmentation des bornes de recharge, plan vélo, flotte bus décarbonée, zones piétonnes et parcours autos.

Un vaste projet qui a comme dénominateur commun l’intégration des différentes options dans l’offre aux citoyens. On retiendra à ce sujet, les paroles d’accompagnements de Christian Estrosi : "Je ne veux pas mettre les piétons contre les automobilistes, ni contre les usagers des transports publics. Chacun doit faire ses choix en ayant toutes les opportunités".

Les procédures pour la réalisation du Parc des Expositions et des Congrès sur le site du MIN (qui sera déplacé à la Gaude-Baronne) ont été lancées. Un sujet celui-ci qui enthousiasme Christian Estrosi qui en voit un outil pour "capter des nouvelles demandes de congrès internationaux. "*

Le financement de 200 millions hors foncier (estimés) pour cet investissement sera assuré par la Société Publique Locale Côte d’Azur Aménagement dont la ville de Nice et la Métropole sont les actionnaires, mais susceptibles de s’ouvrir à d’autres investisseurs privés. Comment oublier qu’un programme immobilier dit d’accompagnement (hôtellerie, restauration) serait bien attractif pour ces derniers ?

Cette délibération a été le point de friction majeur entre la majorité et l’opposition qui a dénoncé le "déclassement du centre-ville avec la démolition de l’Acropolis et les conséquences qui s’accompagnent sur le commerce local, (Philippe Vardon) alors que Juliette Chesnel - Le Roux a accusé le président de la Métropole de jouer au Monopoly : "on ne détruit pas ici pou construire là-bas. On n’abandonne pas la culture en centre-ville (ndlr : la démolition du TNN) pour des projets pharaoniques. On ne sacrifie pas la Plaine du Var au béton".

Enfin, le plan du Grand Parc paysagers du l’Ouest est sur les rails, intégrant une nouvelle politique agricole, foncière et alimentaire sur les 1117 ha préservés dans la Plaine du var. Il sera de 30 ha (contre 12 ha de la Promenade des Paillons) et reliera le stade Charles Erhmann à l’Allianz Riviera .

Ce vaste espace constituera un poumon vert dans la continuité de Nice Méridia,conjuguant - c’est l’objectif déclaré - économie et écologie , innovation et cadre et qualité de vie.

*Son objectif est de concurrencer Milan et Barcelone... mais quelqu’un lui a expliqué que la dimension des parcs de ce deux villes est plusieurs fois celle du futur parc de Nice ?

Partager

Laisser un commentaire