Le Conseil Municipal approuve le budget 2021 : après la résilience, à fond pour la relance

La distanciation n’est pas que sanitaire, elle est aussi sociale et, comme la première, elle ne peut qu’être bénéfique : c’est le cas des séances du conseil municipal niçois qui, en distanciel, perd son caractère antagoniste, souvent agressif, parfois venimeux.

Dans cette configuration, Monsieur le Maire n’ayant personne en face de lui, peut éviter (dans la mesure du possible) ses longues envolées, les oppositions de charger à l’arme blanche, les adjoints de faire leur petit numéro pour bien figurer. Les débats récupèrent une certaine fluidité. Hier Christian Estrosi a donné le ton, en abandonnant le rôle du teneur et baryton à la fois, pour celui de directeur d’orchestre qui donne le le temps , le ton et fait jouer l’orchestre et les solistes.

L’ensemble est en forme : beaucoup d’échanges de courtoisie entre collègues, d’autosatisfaction. Malgré le moment difficile, le moral est au mieux. Et c’est bien ainsi. Puisque l’approbation des délibérations est assurée par une écrasante majorité, autant que chacun exprime ses idées dans un climat apaisé, ce qui finalement n’est pas plus mal.

La séance a débuté avec la mise à jour de la stratégie vaccinale, "un succès" pour le Maire de Nice qui en a vanté la bonne organisation et les résultats : près de 80000 niçois et métropolitains ont reçu au mois la première dose (12% de la population contre 8% au niveau nationale, a-t-il dit).

Ce satisfecit n’a pas trouvé bon accueil aux oreilles de Philippe Vardon (RN) qui a accusé (ce n’est pas la première fois de sa part) Christian Estrosi d’être en lien avec la gestion de crise ( bien évidemment catastrophique , selon lui) d’Emmanuel Macron. L’accusation a été repoussée par une pirouette par le Maire de Nice qui s’est auto défini "un simple administrateur territoriale". Dans ce marché des dupes, si la modestie ne convient pas à Christian Estrosi, il faut aussi reconnaître que Philippe Vardon est déjà en campagne électorale pour les élections régionales (pour lui Estrosi = Muselier) et il a en mire la présidentielle en 2022.

Le plat principal du menu du jour était le budget primitif 2021, dont les lignes directrices avaient déjà été présentées lors du débat sur les orientations budgétaires.

Présentées par le grand argentier Philippe Pradal, les chiffres confortent la stratégie globale tracée pour la mandature. Elles s’articulent autour des dépenses pour faire face à la crise sanitaire, le soutiens aux secteurs fortement touchés par celle-ci (patrimoine, culture [10,8 ml d’euros], sport, associatif), la relance économique (infrastructures [Tiers-lieux au 109, Opéra, Victorine, ancienne Église Saint François]) et l’ambitieux plan de transition écologique (CTRE). Les frais de fonctionnement restent stables (561 mL d’euros), les investissements montent à 90 millions d’euros , l’endettement (441 ml d’euros) est maîtrisé et jouit des taux d’intérêt particulièrement favorables (moins de 2%). Une aide importante viendra également du Plan national de relance (2,8 mld pour la Métropole), 1/3 des dépenses pour l’investissement étant éligible pour le financement.

Une bonne nouvelle en ces temps moroses : pas d’augmentation de la fiscalité (une promesse de campagne électorale). La taxe foncière reste inchangée, à un taux (29,62% ) parmi les plus bas en comparaison avec d’autres villes de la même taille. Tout cela n’a pas suffit aux oppositions qui , bien naturellement , ont mis la balle noire dans l’urne : "Nous votons contre le budget primitif qui est un panier percé en ces temps de crise"- a commenté l’écologiste Juliette Chesnel.

Le Conseil Municipal a approuvé également l’engagement de la procédure de concertation publique relative au prolongement de la Promenade du Paillon, sur le tronçon situé entre la traverse de la Bourgada et le nord du Palais des Expositions. Comme prévu, le bâtiment qui héberge actuellement le TNN sera abattu.

Pour rappel : La réalisation de ce projet permettra la reconversion du Palais des Expositions en Palais des Arts et Spectacle avec la création d’une salle de théâtre de 800 places, un auditorium de 1200 places et un espace dédié au musée du Carnaval.
L’ensemble de ce projet a été encore une fois fortement critiqué par Jean Mouche beuf (RN) pour les conséquences qui, à son dire, aura sur les commerces de proximité qui en sont bénéficiaires.

Un autre point important ou au moins sensible a été la présentation de la part du 1er adjoint Anthony Borre, par ailleurs Président de NCA Habitat, d’une convention de partenariat entre la Préfecture, le Procureur de la République, et le bailleur qui permettra de renforcer la sécurité et la tranquillité des résidents du parc social et faciliter l’expulsion. Une mesure "louable" par l’écologiste Juliette Chesnel mais qui la classe parmi les opérations de communication.

L’occasion pour Christian Estrosi de revenir sur sa politique de sécurité (partenariat entre PN et PM, déploiement des caméras et des bornes d’appel). En s’appuyant sur des sondages, il a affirmé que les premières ont le 64% d’avis positifs, et les deuxièmes 79%). Selon lui, Nice devrait être ville candidate pour les expérimentations prévues par la loi de sécurité globale après son approbation par le Parlement. Dans ce cadre, il voudrait revenir sur son projet de reconnaissance faciale pour les personnes fichées.

Philippe Vardon (RN) , toujours sensible à cet argument dont il a fait son fond de commerce, en a profité pour rappeler à Christian Estrosi ses engagements de campagne en ...2007.

Un voeu présenté par le groupe Ecologiste a donné lieu à une petite empoignade polémique : le soutien à la population ouïguore qui habite la province autonome du Xinjiang, part du territoire de la République Populaire de Chine, qui d’ d’après des rapports de source internationale, subirait une forme de répression de la part des autorités pour des raisons religieuses.

La Maire a jugé le sujet hors des compétences du Conseil Municipal.

Pour rappel : lors de sa précédente session, le Conseil Municipal avait voté une motion en faveur de la reconnaissance par le République française de la République de l’Artsakh, enclave arménienne en territoire revendiqué par l’Azerbaïdjan, pendant le conflit armé entre les deux pays.

Dans ce cas, le Conseil Municipal était compétant ?

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