Le dossier OIN Eco-Vallée anime la séance du Conseil Départemental

La séance plénière du Conseil départemental a confirmé le état de bonne santé financière de la collectivité avec l'approbation de compté administratif , dont les chiffres avaient déjà été annoncées lors d'une conférence de presse d'il y a quelques jours et qu'on peut ainsi résumer : augmentation de l'épargne brute de + 36 millions, diminution de la dette de 17 millions ( stock au 31 décembre 2018, 796 millions) , diminution de la durée du remboursement ( capacité de désendettement de 6,1 en 2017 à ,7 années en 2018), maintien de l'investissement à la hauteur de 164 millions. On voté contre les groupes communistes et socialiste-écologique qui ont dénoncé l'insuffisance de la politique économique et sociale en faveur des classes modestes et besogneuses de la population.

Le deuxième point fort ( et politiquement délicat) était l’avenant concernant le projet OIN-Plaine du Var qui regroupe l’Etat, la Région, le Département et la Métropole et son extension temporelle de 2011-2026 à 2019-2032 .

Pour mémoire, ce projet est un des axes majeurs de la politique de développement économique de Christian Estrosi qui ambitionne en faire un fleuron du territoire ( 10000 ha) et un exemple d’éco-système social avec des logements, infrastructures, activités de recherche , commerciales et entrepreneuriales, lieux de travail et de vie

Ses détracteurs mettent en avant la bétonnage du territoire et la spéculation immobilière.

Compte-tenu de la rivalité entre Christian Estrosi et Eric Ciotti ( qui reste le "dominus" de la collectivité départementale) , déjà dans le passé récent, des tensons étaient intervenues entre les deux collectivités à ce sujet.

Plus récemment , la tentative d’absorption des compétences départementales par les métropoles dont Christian Estrosi fut un des acteurs majeurs , avait encore plus réanimé les rapports entre les deux collectivités et ..les hommes.

L’occasion était donc propice pour mettre quelques cailloux dans la chaussure de ce projet qui avance - on commence à voir surgir de terre les premiers bâtiments , la troisième ligne du tram qui reliera le quartier de Saint-Isidore sera opérationnelle d’ici la fin de l’année, des entreprises, des familles, des commerces s’installent - mais qui n’a pas encore déployé tout le potentiel attendu.

On est dans la condition classique du verre rempli à moitié, que chacun peut voir à moitié plein ou vide !

Le Département n’avait pas encore donné son aval à cet acte 2 de l’OIN ( qui prévoit une addition de 874 mille m2 de surface plancher aux 1114 mille m2 déjà décidés) , officiellement pour des réserves entre urbanisation et protection de l’environnement.

Des contacts entre les diverses parties , probablement sous la férule de l’Etat ( Préfecture) , ont permis de lisser les positions et donc le Président Ginésy a proposé "de voter ce rapport et cet avenant tout en précisant que les représentants du Département au sein du Conseil d’Administration de l’EPA devront rester attentifs aux questions qui n’ont pas aujourd’hui réponse".

Le Président départemental a ainsi motivée sa requête : "Et en tant que 1er partenaire des collectivités locales, cette séance m’amène à représenter un rapport retiré lors de notre dernière Plénière concernant la signature du contrat de projet partenarial d’aménagement 2019-2032 de l’Opération d’Intérêt National Eco vallée Plaine du Var"

Un vif débat s’en ai suivi , animé en premier lieu par l’écologiste Vinciguerra qui a dénoncé "une pure spéculation immobilière" , en passant par le communiste Tujague qui aurait préféré la création d’une quinzaine d’exploitations agricoles biologiques , p la gaudoise Vanessa Siegel qui a souligné la déséquilibre qui se produira entre la rive droite et gauche du Var, pour en arriver à Anne Satonnet qui a fait état de ses dotes et interrogations .

A cette batterie de feu, ont répliqué les "métropolitains" Moreau et Ségura qui ont mis en avant les bienfaits économiques et sociaux du projet.

Mais la voix qu’on attendait est venue en dernier, c’était celle d’Eric Ciotti .

Son intervention, exprimé avec panache , d’un ton quasi-solennel, a mis en évidence son talent bien réel : démolir les bases du projet sans pour autant d’opposer.

Donnons lui la parole :

Je souhaite que l’OIN soit une réussite. Mais le premier bilan est mitigé et l’objectif économique en devenir :
- Avons-nous attiré des grandes écoles et des grandes entreprises ?
- Y’-a-t-il une impulsion phénoménale ?
On constate surtout la poursuite d’un urbanisme commercial.

Je souhaite que l’on préserve les zones naturelles de la Plaine du Var. L’objectif de l’OIN est aussi un objectif écologique.

A terme, nous aurons 20.000 logements dans la plaine du Var dont 35% de logements sociaux, alors que le protocole initial de l’OIN en prévoyait 4.300 : c’est un pari très risqué ! C’est un risque important pour la mixité sociale qui est, pour moi, une préoccupation majeure.

Entre Lingostière et le commissariat des Moulins, il y aura 7.240 logements nouveaux dont 2.531 sociaux. Attention à ne pas recréer un nouveau ghetto urbain !

Le final est aussi instructif :

Je ne veux pas que l’économie azuréenne soit asphyxiée par la fiscalité. Ceux qui font des dépenses inconsidérées et annoncent chaque jour dans la presse des chantiers à plusieurs centaines de millions d’euros sont en train de préparer les impôts de demain.

Dans la foulée de son intervention, le Président de la Commission des finances n’a pas participé au vote pour ne pas donner sa caution à la délibération.

Les conseillers d’opposition ont voté contre. D’autres ( 4 ou 5 se sont abstenus ou n’ont pas voté), quelques uns avaient quitté l’hémicyle pour ...cause de force majeur.

Un conseil en guise de commentaire final : la lecture du discours d’Antoine après la mort de césar ( Jules Caesar de William Shakespeare).

Autres points-clés dés délibérations :

2) Le Département des Alpes-Maritimes annonce la création de la Maison Départementale de l’Intelligence Artificielle. Une création qui s’articule autour d’un partenariat novateur en France, mais inspiré d’une expérience canadienne, associant le Département, Université Côte d’Azur, la CASA et la CCI.

3) Le Département des Alpes-Maritimes s’engage pour le patrimoine religieux en annonçant la mise en place d’un Plan de sauvegarde et de restauration du patrimoine religieux des AlpesMaritimes de 5 millions d’euros et en votant la subvention d’1 million d’euros de crédit pour la rénovation de Notre-Dame de Paris.

4) Le Département des Alpes-Maritimes renforce ses politiques sociales en s’engageant aux côtés de l’Etat dans la lutte contre la pauvreté et d’accès à l’emploi. Ce contrat permettra de doubler les crédits départementaux 2019 pour les missions en faveur des politiques de l’enfance, de l’insertion et de la ville.

5) Grâce à une politique active d’insertion et une action déterminée mise en œuvre dans le cadre du plan « emploi 06 », le Département des Alpes-Maritimes fait état d’une baisse des allocataires du RSA de 2,3 % pour 2018 alors même que les chômeurs de longue durée progressent de près de 4 % dans les Alpes-Maritimes.

6) Le Département des Alpes-Maritimes, partenaire dès l’origine du projet Ecovallée Plaine du Var, poursuit son engagement en faveur de l’Opération d’Intérêt National en signant le
contrat de projet partenarial d’aménagement 2019-2032 mais demande une vigilance accrue au
sein de l’EPA sur l’équilibre entre urbanisation et protection de l’environnement.

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