Les travaux d’aménagement de l’Eglise des Franciscains, futur siège du TNN, avancent

Il n'y a pas lieu de revenir sur le contrasté projet de délocalisation du TNN (le bâtiment fut inauguré en 1989), après la démolition de l'actuel site pour faire place au prolongement de la Coulée verte de la Promenade des Paillons jusqu'au Mamac, et son déplacement en deux lieux distincts, l'ancien Eglise des Franciscains et de l'Aigle d'or en premier lieu et successivement au Palais des Arts et de la Culture suite au transfert du Palais des Expositions à l'ouest dans le cadre de l'Eco-Vallée, où il y aura une salle de 800 personnes.

Les polémiques qui ont suivi la délibération du Conseil Municipal n’ont fait changer d’avis Christian Estrosi et on a pas de nouvelles du résultat du recours administratif des groupes d’opposition et même de l’opposition de l’ héritière des droits de l’architecte Yves Bayard ( qui en fut le concepteur).

Hier, une nombreuse délégation d’élus a visité le chantier de la place Saint-François où les travaux sont engagés pour rendre le lieu disponible pour les activités artistiques au printemps prochain. Comme annoncé, une salle de 350 spectateurs est prévue.**

Cette rénovation, qui s’inscrit dans la requalification complète de la Place Saint-François, permettra l’installation, en plus de la salle de spectacle, d’un lieu d’accueil pour le public, de bureaux, d’une salle de répétition et de logements pour les artistes.

Pour cette saison, la directrice Muriel Mayette-Holtz devra repartir l’activité dans plusieurs sites parmi lesquels l’Opéra, la Diacosmie ( transformée en salle de spectacle), le Conservatoire, le Théâtre municipal Francis Gag.

Lors de la visite, le Maire de Nice a fait sortir de son chapeaux une nouveauté : l’acquisition d’une nouvelle salle de théâtre au sein du projet Iconic (à la Gare de Thiers) qui bénéficiera dans un premier temps au TNN, puis à l’ensemble des acteurs du spectacle vivant.

*Martine Bayard, unique ayant droit du créateur des lieux, explique « s’opposer formellement » au projet de destruction qu’elle dit avoir appris « de façon fortuite, par la presse ». Elle défend le travail de son père. « En vertu de l’article L.121-1 du code de la propriété intellectuelle, l’auteur dispose d’un droit moral sur son œuvre. Ce droit est "perpétuel, inaliénable et imprescriptible", et "transmissible à cause de mort aux héritiers de l’auteur" », explique-t-elle citant des textes de loi.

Décédé en 2008, Yves Bayard a signé de nombreuses réalisations sur la Côte d’Azur. Et notamment, toujours à Nice, la première et unique sculpture monumentale habitée, « La Tête carrée », un cube dont l’une des façades forme un visage inspiré d’un modèle de son ami sculpteur Sacha Sosno. Elle abrite les bureaux de la bibliothèque municipale.

La ville de Nice , elle fait également valoir que « le droit du respect de l’intégrité d’une œuvre architecturale n’est pas intangible et absolu ».

« Un ouvrage public peut évoluer ou être démoli en raison de l’intérêt public », avait précise encore la municipalité qui rappelle sa volonté de « conserver et de valoriser le Musée d’art moderne et contemporain [MAMAC] », également dessiné par Yves Bayard, et « insuffisamment mis en valeur dans sa configuration actuelle ».

**Les travaux se déroulent en deux phases, pour un coût de 17,8M€ :
L’aménagement de l’église et de l’Aigle d’Or en salle de théâtre, avec une ouverture au public attendue début 2022 et celui du Palais Communal en espace culturel avec des travaux prévus en 2024-2025.

Partager

Laisser un commentaire