Manifestation de soutiens devant le tribunal de grande instance de Nice

L'histoire remonte au 9 mai 2019. Quatre militants des syndicats Solidaires et FSU sont mis en cause pour violences, outrage et rébellion envers des membres du syndicat de police Alliance.

Une Trentaine de personnes sont venues manifester leur soutien à Olivier et Delphine, professeurs d’histoire-géographie au lycée Calmette ainsi qu’Alec et Dany, étudiants et membres du syndicat solidaire. Plus tard dans la soirée vers minuit, la décision tombe ! Olivier est condamné à six mois de prison avec sursis et deux mois
de sursis pour Alec, Delphine et Dany. Ils devront aussi payer une amende de 7 000 euros aux six des sept policiers qui s’étaient constitués parti civile. L’avocate Mireille Damiano a indiqué qu’elle devrait faire appel de cette décision.

Une provocation comme raison du conflit

Selon les prévenus, des membres du syndicat policer alliance se sont invités au cortège pour narguer les manifestants. "Le syndicat alliance police s’est positionné derrière le cortège de la FSU spécifiquement pour provoquer alors qu’il n’était pas convié à la manifestation. C’est la CFE CGC qui était invitée à manifester et non Alliance", rappelle Alec.

Par la suite, tout s’est enchaîné très rapidement, toujours dans "le calme" mais le ton est monté crescendo : "nous avons lancé deux slogans non-injurieux contre la police (« Police partout, justice nulle part »). Je rappelle que c’est une phrase de Victor Hugo qu’il a sorti à l’Assemblée nationale le 8 avril 1851 sous le gouvernement de Louis napoléon Bonaparte. Par la suite, on a dit, « Ils tuent, ils blessent, à bas les CRS et ils tirent au LBD, à bas les condés ». On ne savait pas à ce moment qu’on était déjà encadré par la BAC. À ce moment-là, je ne savais pas que deux de mes amis, Alec et Dany avaient été embarqué par la police à la fin de la manifestation. Par la suite, deux policiers sont venus me voir. Ils m’ont signalé que j’ai commis un outrage. Je leur ai répondu que non. « On critique la police, mais vous avez aussi le droit de nous critiquer, c’est la démocratie. » Ils ont voulu vérifier mes affaires et pourtant le ton n’est pas monté. Ils m’ont dit que je devais les suivre, je n’ai pas voulu, j’ai donc refusé. Ils ont donc voulu m’embarquer en me fessant une clé de bras, un étranglement et un placage ventral. Je n’ai pas compris pourquoi un tel enchaînement de violence."

Des accusations non fondées

Les prévenus nient tout en bloc et dénoncent des faits inventés de toutes pièces pour instrumentaliser l’affaire. "Je conteste tout et de mon côté, j’ai déposé plainte pour violences commises par des personnes dépositaires de l’autorité Publique. J’en sais rien, car c’est la première fois que je viens dans un tribunal et que je subis un procès. J’espère que la vérité éclatera et qu’on pourra montrer qu’il n’y avait rien du tout de notre côté. Ainsi, on parlera enfin d’abus de pouvoir de certains policiers et je ne les mets pas tous dans le même panier."

Le syndicat de police Alliance police très décrié

Les manifestants reprochent à ce dernier d’être toujours dans sa répression et d’être proche des milieux de la droite dure. "Face à cela, la police à Nice criminalise l’action syndicale. On sait que le syndicat Alliance a des liens très étroits avec des responsables politiques réactionnaires comme le député Eric Ciotti", déclare Alec.

Un soutien national de la part des syndicats concernés

Pour rappel, une première audience s’était tenue le 19 décembre 2019. À ce moment là, le syndicaliste Phillipe Poutou était venu apporter son soutien aux quatre mis en causes. Cette fois-ci, parmi les représentants nationaux, il y avait Simon Duteil secrétaire nationale de l’Union syndicale Solidaires. Il a tenu à encourager ses camarades. "Ce qui est choquant, c’est de se faire arrêter de cette manière-là de façon aussi brutale lors d’une manifestation et qu’on puisse être blessé".

Concernant ces accusations : "on a l’habitude ces deniers temps. Vos confrères journalistes ont démontré que c’est des accusations graves qui sont souvent non fondées et utilisées pour faire de la répression. Typiquement, quand on voit ce qu’il s’est passé avec les images et lorsque on interroge les gens, on est souvent sur de la répression contre des syndicalistes qui déplaisent peut-être, mais qui pour autant n’ont rien fait d’illégal."

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Jane Doe

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