Pour les étudiants et étudiantes universitaires l’horizon semble encore flou

Les trois quarts des jeunes universitaires disent ressentir de la tristesse ou de l'anxiété en raison du contexte sanitaire. Avant même la crise du Covid-19, on estimait que 20 % des 2,7 millions d’étudiants de France vivaient en dessous du seuil de pauvreté et que 39 % bénéficiaient d’une aide financière (année 2018-2019).

La précarité étudiante a été fortement accentuée par la « crise COVID » : pertes d’emploi entrainant des difficultés financières, elles-mêmes synonymes de difficultés à se procurer les produits alimentaires et d’hygiène de première nécessité ou de difficultés à s’acquitter d’un loyer, impossibilité à acquérir le matériel informatique nécessaire au suivi des cours à distance, perte du lien social se traduisant dans certains cas par une détresse psychologique profonde…

Cette situation a impliqué une mobilisation sans précédent du Gouvernement mais également l’ensemble des acteurs locaux, au premier rang desquels les établissements d’enseignement supérieur, les associations et les collectivités territoriales, se sont mobilisés très tôt pour déployer des aides inédites pour accompagner les étudiants dans cette période difficile.

Les actions décidées par le Gouvernement* comme le ticket de restauration universitaire à 1 euro le repas, la revalorisation des bourses sur critères sociaux, le gel des frais d’inscriptions et des loyers CROUS, le versement d’aides exceptionnelles de 200 puis de 150 euros, les aides d’urgence, les aides à l’acquisition d’équipements informatiques et de connexion sont autant de dispositifs qui permettent d’accompagner les étudiants les plus modestes.

En l’Académie de Nice et à l’Université de Nice , "l’ambition est désormais, à partir de ces solutions de crise, élaborées, dans l’urgence, pour répondre à des situations d’urgence, de construire un dispositif qualitatif, aujourd’hui de prévention et de lutte contre la précarité étudiante, demain de qualité de la vie étudiante", on dit à l’unisson lors d’un point presse pour faire le point de la situation au campus Valrose.

Huit jeunes sur dix subissent "des préjudices importants"

C’est le résultat d’un sondage : au total, huit étudiants sur dix disent avoir subi un préjudice du fait de la crise de la Covid-19 : 80% des 15-30 ans disent avoir "subi des préjudices importants" en raison de l’épidémie, que ce soit relatifs au pouvoir d’achat, à la santé mentale ou aux habitudes de vie.

Un jeune sur six a arrêté ses études

À cause de la crise, de la fermeture des universités en raison du confinement, et de la précarité entraînée par les différentes conséquences de la pandémie, un jeune sur six a dû cesser ses études, en particulier à l’issue du premier confinement, à la fin de l’année scolaire et universitaire.

21,8% des jeunes de 18 à 25 ans sont au chômage

Selon les derniers chiffres du chômage publiés début janvier, au troisième trimestre de 2020, 21,8% des jeunes de 18 à 25 ans étaient au chômage, soit 619 000 jeunes. Cela représente une hausse de 16% en un an. Le taux d’emploi a reculé quatre fois plus dans cette catégorie d’âge que dans l’ensemble de la population. Par ailleurs, dans cette même tranche d’âge, la précarité de l’emploi est plus forte : en 2019, 52,7% des 15-24 n’étaient employés qu’en CDD.

Un tiers des jeunes a renoncé au moins une fois à des soins

C’est un autre aspect mis en lumière par le rapport : un tiers des jeunes a renoncé à des examens ou des soins médicaux. Ce chiffre n’est pas nouveau : en 2016, il y avait déjà 30% d’étudiants et d’étudiantes qui disaient avoir déjà renoncé à des soins en raison de problèmes financiers. Mais en 2020, les motifs de renoncement ont évolué : sur les 30% de jeunes qui ont renoncé aux soins, 43% ont déclaré préférer attendre que les choses aillent mieux d’elles-mêmes, 38% disaient avoir peur d’être contaminés par la Covid et 26% estimaient qu’il y avait trop d’attente pour un rendez-vous.

31% d’addiction de plus

C’est un autre enseignement de l’étude : 31% des jeunes disent que leur addiction a gagné du terrain depuis le début du confinement. Le tabac est celui qui a le plus avancé. Mais il y a aussi 16% des jeunes qui ont augmenté leur consommation d’alcool, et 7% leur consommation de drogues.

Un tiers des moins de 30 ans a déjà consulté un psy

Encore un chiffre tiré de l’étude "Avoir 20 ans en 2021" de France Bleu et franceinfo : au moment du sondage, qui a été réalisé mi-janvier, plus du tiers des jeunes Français et Françaises sondés disaient avoir déjà consulté un professionnel de santé pour des questions d’ordre psychologique, ou affirment envisager de le faire. C’est six points de plus que pour l’ensemble des Français.

Le service d’aide Nightline a vu ses consultations augmenter de 40%

Cette ligne gratuite, assurée par des étudiants qui répondent aux appels et aux messages de détresse et de solitude d’autres étudiants, est ouverte chaque soir de 21h jusqu’au milieu de la nuit. Alors que certaines villes ont vu se développer de nouvelles antennes de ce service, celui-ci s’est retrouvé de plus en plus demandé, avec des hausses.

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1,2 % Augmentation des bourses pour la deuxième année consécutive

1 600 référents étudiants dans 750 cités U

2x Doublement du fonds des aides d’urgences Crous : 100 000 bénéficiaires en 2021
1 600 référents en cités universitaires ont été recrutés

20 000 emplois étudiants supplémentaires pour des missions de tutorat dans les universités

1 000 psychologues inscrits

Depuis le mois de mars une plateforme nationale : santepsy.etudiant.gouv.fr

la plateforme « 1 jeune, 1 solution » met en relation les entreprises avec des jeunes cherchant un stage, un emploi, ou une formation.

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