Résultats des européennes : les dirigeants locaux réagissent (2)

Rudy SALLES, Président de la fédération Les Centristes des Alpes-Maritimes

Cette réplique du séisme de 2017 vient confirmer que la recomposition de notre écosystème politique n’est pas achevée. Pire, pour les partis historiques, les résultats enregistrés constituent un cataclysme politique pour un PS à 6,19% et pour un LR à 8,48%.

A droite, malgré un nombre d’inscrits plus important et une participation à +7,69% entre 2014 et 2019, le parti LR (ex.UMP) perd plus d’ 1 500 000 électeurs et passe de 20 à 8 sièges.

Ainsi, le pari d’une ligne dure à droite, refermée sur elle-même est un lourd échec.

La déroute historique des Républicains pose clairement la question de la responsabilité des dirigeants de ce parti. Ce positionnement politique ne correspond plus aux préoccupations et aux attentes des Français. De surcroît, les querelles internes, la volonté d’exclure celles et ceux qui osaient ouvrir le débat sur la ligne officielle du parti ont ajouté à la confusion, la déroute.

Ils ont voulu une peau de chagrin : ils l’ont eu.

Dans les Alpes-Maritimes, notamment à Nice, cette défaite est d’autant plus forte que le Président de « la première fédération LR de France », Eric CIOTTI s’est voulu le leader d’une droite dure, oubliant les fondements du Gaullisme de rassemblement du peuple Français.

Sans tenir compte d’un nombre d’inscrits plus grand et de la participation plus importante, le Président de la commission d’investiture LR a réussi l’exploit de perdre 12 116 voix.

Côté FN/RN, leur score en 2019 (par rapport à 2014) est constant voire légèrement à la baisse si on prend en compte les +5,84% de participation entre les deux élections (2014 : 41.95%, 27 963 voix ; 2019 : 47.79%, 28 014 voix).

Dès lors, avec un score du FN stable, où sont passées ces 12 116 voix (de droite) perdues par Eric CIOTTI à Nice ?

Focaliser son énergie à dévaloriser Nice et l’action constructive menée par Christian ESTROSI ont amené certains électeurs de droite et du centre-droit à lui infliger cette débâcle.

Aujourd’hui, nous devrons les reconquérir autour d’une alliance solide, plus modérée et ambitieuse d’innover et de développer une vie meilleure pour nos territoires.

Philippe Vardon, Vice-président du groupe RN au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Responsable du bassin niçois

Le RN largement en tête, loin devant LR, dans la métropole niçoise : un échec personnel pour Estrosi et Ciotti .

A l’occasion des élections européennes, la liste du Rassemblement National est arrivée largement en tête à Nice et dans la métropole niçoise, avec 28,18% à Nice et une moyenne de 38,92% dans la métropole.

Cela place ainsi le RN 16 points devant la liste LR à Nice et même 24 points devant sur l’ensemble de la métropole niçoise !

La liste LR connaît un échec retentissant, avec même 11,70% à Nice, cela malgré le soutien cumulé d’Eric Ciotti et de Christian Estrosi.

A Nice et dans la métropole niçoise, et plus largement dans le département, il s’agit donc d’un échec personnel, net, tant pour Eric Ciotti que pour Christian Estrosi.

Laurent LANQUAR-CASTIE, porte-parole de EE-LV

D’abord, Merci à toutes et tous d’avoir voté pour le climat ! Le chemin de la transition s’ouvre à nous.
Le verre à un quart vide, c’est la part inquiétante du Repli Nationaliste. Le verre à trois quarts plein, c’est la victoire de l’écologie. Les Verts font le plein !

L’avenir est l’Écologie Des Solutions à construire avec le mouvement citoyen pour le climat. Le regain de participation aux Européennes est roboratif après la mobilisation citoyenne, seule issue durable de la démocratie. Nous avons une lourde responsabilité parce que les jeunes ont choisi l’écologie. Le regain de participation, c’est eux, la Génération Climat. Nous ne devons pas les décevoir. Invitons-les à construire l’avenir, ensemble.

Les eurodéputés Verts sont les seuls à savoir dégager des majorités au Parlement
Européen, même avec une gouvernance défavorable. Trois exemples récents :

- La pêche électrique interdite par Yannick Jadot contre la volonté de la Commission qui protégeait la pêche industrielle.
- La commission d’enquête sur le ‘dieselgate’ imposée par Karima Delli au conseil de l’Europe et à la commission face à tous les états qui défendaient leurs constructeurs nationaux
- La protection des lanceurs d’alerte portée par Eva Joly, en opposition au ‘‘secret des affaires’’ promu par le Gouvernement et le Président lui-même, pour défendre les intérêts des puissants au détriment des petits.

On pourrait aussi citer rien qu’en 2019 : la transparence des lobbies, la publication des rapports confidentiels de Monsanto, les droits d’auteur imposés au GAFAM pour défendre l’exception culturelle…

Désormais 70 au Parlement, les Verts européens sont incontournables, pour toute coalition. Les appels du pied pour les récupérer ont déjà commencé !

Les Alpes Maritimes n’échappent pas au résultat national : Europe-Ecologie-Les-Verts est devant Les Républicains. Ce semblait impossible. Comme disait Mark Twain : ‘‘Ils ne savaient pas que c’était impossible, c’est pour ça qu’ils l’ont fait’’. L’avenir est désormais écologiste : ‘‘l’utopie, ce n’est pas l’irréalisable mais l’irréalisé’’.

D’ailleurs au niveau local, on nous approche de toute part… Nous ne serons pas dupes. Nous voulons des actes, pas de l’écoblanchiment (greenwashing). « Let’s Act Together » reste le mot d’ordre des écologistes.

Le Repli National n’a pas gagné. Au contraire, il régresse par rapport à 2014. Il enverra moins d’eurodéputés à Strasbourg (23 contre 24) mais il reste le réceptacle de la contestation, à laquelle nous devons opposer et proposer une transition écologique et sociale : c’est l’Ecologie Des Solutions, une écologie de coalition.

Contrairement aux apparences, Macron a un boulevard devant lui pour 2022, si nous nous laissons imposer son duel et son caractère bipolaire : il est la nouvelle droite.
L’alternative, aussi bien locale que nationale, devra donc être citoyenne, écologiste et sociale : unité & diversité. Ça tombe bien, c’est la devise de l’Europe !

Enis Sliti ( référent départemental LREM )

Dans les Alpes-Maritimes, La République En Marche ! réalise un score de 21,59% aux élections européennes du 26 mai 2019. Seule force progressiste en présence, face à la chute des Républicains, La République En Marche ! se place comme l’adversaire et le rempart face à la montée des nationalistes.

Ce score est quasi-équivalent à Nice où la liste Renaissance affiche un score de 21,83% pour 21 699 voix. A Antibes et Cannes, la liste Renaissance fait mieux avec respectivement 24,50% et 25,04% des voix.

Dans plusieurs communes du département, La République En Marche ! s’affirme comme la première force politique devant le Rassemblement National. A Biot, la liste Renaissance arrive en tête avec 28,89% des voix, à Mougins avec 26,86%, Valbonne 26,58% et à Vence avec 24,55%.

Dans la région Sud, la liste Renaissance a obtenu le plus de voix dans le département des Alpes-Maritimes : 21,59% contre 19,94¨% pour les Alpes-de Haute-Provence, 20,91% pour les Hautes-Alpes, 19,69% pour les Bouches-du Rhône, 19,24% pour le Vaucluse et 20,89 pour le Var.

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