Tempête Alex : Macron débloque des fonds supplémentaires et promet de lever les blocages administratifs

"Si Mohamed ne va pas à la montagne, la montagne va à Mohamed", dit un jargon qui était à la mode il y a quelques temps. Maintenant la référence conseille la prudence mais Christian Estrosi n'est pas un homme politique qui a peur de s'exposer et le voilà donc ce lundi à la droite d'Emmanuel Macron pour faire avancer le dossier sur les aides suite à la tempête Alex et faire taire, au moins provisoirement, les élus qui l'accusent de connivence avec la chef de l’État.

"Je me réjouis que le Président Macron ait annoncé la création d’un comité régulier de suivi et de réévaluation de ces aides financières que j’appelais de mes voeux pour suivre l’évolution des besoins et vérifier que les engagements soient respectés
et que, en annonçant 572 millions d’€ d’aides financières, est allé dans le sens des élus contre les évaluations trop faibles de l’administration. C’est assez rare pour être signalé"
, a-t-il commenté après la réunion d’hier après-midi. Pour être clair, ça ne pourrait pas être plus clair.

Six mois après la tempête Alex, qui a ravagé une partie conséquente des Alpes-Maritimes, le président de la République avait donc décidé de réunir l’ensemble des parties prenantes lors d’une visioconférence ce lundi après-midi, en présence notamment de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, Jacquelie Gourault, ainsi que du maire de Nice et président de la Métropole Nice Côte d’Azur, Christian Estrosi, assis à ses côtés autour de la table.

Le locataire de l’Élysée a ensuite donné la parole aux différents intervenants - élus, préfets et parlementaires - pour qu’ils fassent le point sur « où nous en sommes aujourd’hui, et ce qu’il convient de faire pour aller au bout des engagements pris ».

Les élus présents ont fait part de leurs besoins en termes d’aides alors que les expectatives ne sont pas toujours confortées par les estimations des résultats de la mission des équipes techniques du Conseil du développement durable (CGEDD).

Au total, sur les quelque 1,095 milliard d’euros réclamés par les collectivités pour financer les travaux sur place, l’intéressé a indiqué que seuls 130 millions de subvention pourraient être mobilisés au titre du Fonds de solidarité, sur les 295 initialement retenus.

À l’issue de toutes ces interpellations, Emmanuel Macron (remerciant les préfets Bernard Gonzalez (Alpes-Maritmes) et Xavier Peltier (en charge de la reconstruction), dont le travail a été unanimement reconnu) a repris la parole pour conclure les échanges : "J’ai dit qu’on mobiliserait au total près de 600 millions : on y sera", a-t-il promis en se référant à ses déclarations après la visite aux lieux après la tempête.

"Sur les chiffres, ce sont 522 à 572 millions d’euros que nous allons investir », a-t-il immédiatement indiqué, précisant d’emblée qu’on sera en fourchette haute. La mission (de la CGEDD), selon l’évaluation, a évoqué le chiffrage de 130 millions ? (...) On portera ce chiffre à 143 millions", a-t-il annoncé. Puis il s’est dit "prêt à ce qu’on aille jusqu’à 150 millions" sur "la contractualisation État-collectivités", avant de préciser enfin que "nous allons mobiliser 59,3 millions du Fonds de crédit de solidarité de l’Union européenne", et que "100 millions seront dégagés des Fonds de compensation TVA" pour venir s’ajouter aux "120 millions du Fonds Barnier".

Quant au reste, le président de la République a dit avoir "bien noté la demande sur les autorisations administratives. Je demande aux préfets de donner un coup d’accélérateur : ils ont carte blanche pour finaliser les projets sur lesquels on a des financements et où il faut un blanc-seing, tout simplement. Il faut des procédures d’exception", a-t-il enjoint.

Avant de donner son feu vert à des comités de réévaluation qui feront l’objet d’un rendez-vous de suivi « dans un mois », dont il a confié la charge à la ministre Jacqueline Gourault.

Tous satisfaits ? Mais non, le député Eric Ciotti reste toujours rétif : "Comme depuis 8 mois, je resterai vigilant sur la concrétisation des engagements présidentiels, y compris ceux tenus et réitérés aujourd’hui".

Photo : K.S

Partager

Laisser un commentaire