Zitto zitto, piano piano ...aux mariages niçois

Le Conseil municipal a voté l’adoption d’un nouveau dispositif sous la forme d’une charte modifiée et élargie recueillant l’engagement des administrés au respect d’un règlement intérieur de l’état civil qui s’appliquera à toutes les cérémonies pouvant être célébrées en l’Hôtel de Ville tels que les mariages, les pactes civils de solidarité et les baptêmes civils. Chaque année, plus de 1300 mariages sont célébrés par la Ville de Nice avec une moyenne de 25 à 30 célébrations par samedi. En juin 2012, face à la recrudescence de comportements de nature à troubler la quiétude, la tranquillité et la solennité de certaines noces, la Ville de Nice avait instauré une charte de mariage engageant les futurs époux à respecter un code de bonne conduite. Depuis, 8 mariages ayant générés des débordements importants ou connaissant des retards inconsidérés sans justification valable, ont été sanctionnés par un report de leur célébration. L’objectif de ce nouveau règlement intérieur est de sensibiliser davantage les administrés et de les accompagner vers une prise de conscience de l’ensemble des dispositions à respecter.

Cette délibération est la parfaite illustration du dicton : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

8 comportements inappropriés sur quelques milliers de cérémonies sont un ratio qui mérite une nouvelle batterie d’interdictions lors d’une fête qui , par définition , est populaire ?

Il n’y-a-t-il pas suffisamment des policiers municipaux pour mettre de l’ordre à l’occasion de ces quelques débordements.

Quel est le but de cette délibération ? Et à "pro" de qui et de quoi ? Il n’y a-t-il pas un peu d’obsession là-dedans ?

Pourquoi vouloir faire des époux des "baronnets" ? Ne serait-il pas les laisser exploser leur joie au moins le premier jour de leur vie en commun ?

Si l’on considère que 40/50% de ces mariages se terminent en divorce ...

"Zitto, zitto, piano, piano" ce sont les paroles prononcées dans le final de la célèbre air de la Cenerentola ( Cendrillon) de Gioacchino Rossini . Mais justement c’était Rossini ...

Intervention de Paul Cuturello ( Un autre avenir pour Nice) :

Avec cette délibération vous nous proposez d’abroger l’arrêté municipal du 31mai 2012 concernant le déroulement des mariages, ce que nous aurions fait avec plaisir, mais vous le remplacez par un nouveau règlement intérieur dont certains articles posent problème.

En effet, à la lecture du règlement on passe au gré des articles de l’étonnement à l’effarement.

Étonnant l’article 9 interdisant de stationner devant l’Hôtel de ville alors
que l’accès de la rue de l’Hôtel de ville est barré depuis longtemps par des
bornes rétractables, l’accès est donc impossible et l’arrêté municipal n’est
en l’espèce d’aucune utilité.

Étonnant également l’article 16 qui stipule que les participants aux
cortèges doivent respecter le code de la route. C’est la moindre des choses, et là aussi pour faire respecter le code la route il n’est nul besoin d’un arrêté municipal, il suffit que les services de police fassent leur travail.

C’est aussi avec étonnement que l’on prend connaissance de l’Article 10 qui dit que « le déploiement de drapeaux n’est pas autorisé  ». Les drapeaux ne sont donc pas les bienvenus, même pas ceux des citoyens anglais pourtant nombreux à vivre ou à visiter notre ville.

Imaginez un instant que cette interdiction eut été décidée au début du 19è siècle, cela aurait certainement choqué Tobias Smolett qui du coup, au lieu d’encourager ses compatriotes à venir, vexé, il les aurait découragés, et serait reparti.
Faute d’anglais nous n’aurions pas la Promenade, et encore plus grave, Sir Coventry ne serait pas venu, nous privant ainsi de son fameux coup de canon de midi.

Les russes eux aussi privés de drapeau, nous auraient snobés et nous n’aurions pas la magnifique cathédrale orthodoxe russe classée monument historique.
Si de de telles initiatives avaient été prises à cette époque là, Nice aurait beaucoup perdu et ne serait certainement pas la grande ville qu’elle est devenue.

En poursuivant la lecture c’est avec effarement que l’on prend connaissance de l’article 12 où il est dit que « toute tenue burlesque ou
déguisement est à proscrire  ».

Interdire le déguisement ou une tenue burlesque dans la capitale du carnaval, là on dépasse les bornes ! Mais au fait qu’est-ce que le burlesque  ? D’après le petit Larousse, je cite « le burlesque se dit d’un spectacle, d’un film où l’humour et la caricature s’allient à un irrationnel échevelé  ».
Interdire l’humour c’est comme interdire le rire, c’est impossible, et en tout cas pas du ressort d’un arrêté municipal.
Je sais bien que le ridicule ne tue pas, mais de grâce retirez cette
délibération, faute de quoi nous ne la voterons pas, car interdire le
burlesque c’est ubuesque  !

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