Christian Estrosi : "je m’en vais de Les Républicains"

Le maire de Nice, Christian Estrosi, a annoncé qu'il quittait Les Républicains. Une surprise ? Pas véritablement. Depuis longtemps il y avait de l'eau dans le gaz dans les rapports, de plus en plus distants et critiques, entre le Maire de Nice et "son" parti.

En fait, il n’était plus tout à fait le "sien" depuis 2017 quand il avait appelé à voter pour Emmanuel Macron au premier tour au lieu du candidat des LR François Fillon. Puis, encore, en fondant le mouvement "La France Audacieuse", en lien avec d’autres maires de centre et de droite.

Avant d’appeler les Républicains , faute de candidats de valeur, a s’unir à la candidature du Président de la République en 2022.Le soutien de LREM à Renaud Muselier pour les régionales de juin (dont il a été certainement un des inspirateurs) et les conséquentes polémiques ne pouvaient qu’élargir la fracture entre LR et lui, pour arriver au divorce. D’ailleurs, après que le maire de Toulon, Hubert Falco, a annoncé ce mercredi 5 mai son départ des LR, Christian Estrosi pouvait-il faire différemment ?

Donc c’est chose faite : il a annoncé à son tour qu’il quittait le parti.

Dans cette interview, il dénonce, "la dérive d’une faction qui semble avoir pris en otage la direction du parti" pour faire capoter le projet d’alliance entre LREM et LR aux régionales en Paca. S’il se dit "gaulliste depuis toujours", Christian Estrosi déplore n’avoir "jamais subi une telle violence dans (son) parti" que lors des discussions autour de cette affaire depuis dimanche, où il assure avoir été qualifié, tout comme M. Falco, de "malfaisant".

On verra dans la suite l’impact de cette décision, tout d’abord dans la composition de la liste des candidats en soutien de Renaud Muselier, dont Christian Estrosi, élu président de la Région en 2015 et Président délégué près avoir laissé la place à Renaud Muselier pour retourner deux ans après à la Mairie de Nice, était censé être tête de liste dans les Alpes-Maritimes.

"Avec mon ami Christian Estrosi, nous avons gagné les régionales de 2015 en faisant face au FN ensemble"
, a tweeté Renaud Muselier jeudi soir. "Personne ne critique notre bilan ! Nous allons gagner cette élection en 2021 et poursuivre notre action"

Ensuite au niveau national, où La France Audacieuse ou autre pourrait être un point d’encrage pour tous les dissidents (et ils sont nombreux) de LR dont la ligne de plus en plus droitière s’apparente à celle de Marine Le Pen.

Vu la ligne politique et l’esprit des actuels dirigeants, le départ d’un certain nombre de barons territoriaux (les "présidentiels" Xavier Bertrand et Valérie Pécresse ont déjà pris le large depuis quelques années en créant leur mouvement politique), le risque de l’éclatement de LR se pose de plus en plus.

Probablement heureux d’avoir la main libre dans la gestion du parti dans les Alpes-Maritimes, Eric Ciotti risque de ne pas voir réalisé son ambition : retourner au pouvoir après avoir siphonné les voix lepenistes au nom "de la capacité de gouverner" qui, selon lui, est la seule distinction qui sépare les deux partis.

Politique expérimenté, il devrait savoir que la démocratie est aussi la loi du nombre et que pour gagner les élections il faut être majoritaire dans les urnes. PS docet !

Partager

Laisser un commentaire