L’élection de Joe Biden comme 46e président des Etats-Unis d’Amérique est une bonne chose pour les Européens

C’est d’abord une bonne chose dans la mesure où le national populisme de Donald Trump servait de caution morale à plusieurs membres de l’Union européenne comme la Hongrie ou la Pologne voire de certains Etats comme la Slovénie dont le premier ministre s’est empressé de féliciter Donald Trump pour sa réélection alors même que le dépouillage des urnes était loin d’être fini. La victoire de Biden profite donc en Europe aux tenants de l’Etat de droit et de la démocratie libérale face aux partisans de la démocratie illibérale dont Trump aura été l’allié objectif.

Cette élection constitue un facteur supplémentaire d’unité dans la négociation finale et extrêmement tendue entre l’Union européenne et les Britanniques dans la mesure où la pression est inversée. La perspective d’un accord rapide de libre-échange entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne devient de plus en plus improbable et une majorité de conservateurs britanniques va renforcer la pression sur le premier ministre Boris Johnson pour que celui-ci se montre plus conciliant et réaliste à l’égard de l’Union européenne dans la dernière ligne droite des négociations de sortie du marché intérieur.

C’est enfin une bonne nouvelle parce que Joe Biden est un partisan du multilatéralisme “old-fashion”. Celui-ci est au cœur de la stratégie de défense des intérêts commerciaux, sécuritaires, économiques, géopolitiques ou environnementaux des Européens.

Sur le plan du climat, les Etats-Unis devraient manifester à nouveau leur engagement en faveur des accords de Paris de 2015 sur le climat, la coopération au sein du G7 pour faire face à la crise sanitaire et à ses conséquences économiques et sociales sera à nouveau possible. Les Etats-Unis devraient également rejoindre les accords nucléaires sur l’Iran et retrouver leur place à l’Organisation mondiale de la santé. Enfin, on pourrait revenir au statu quo ante concernant l’OTAN, ce qui pourrait notamment contribuer à détendre les relations entre la Turquie et l’Union européenne.

L’Amérique a besoin d’alliés forts mais son réflexe naturel, à l’encontre des enseignements de l’art de la guerre de Sun Tzu, est de transformer ses alliés en vassaux.

Trop souvent, les Européens ont la tentation de la soumission. C’est ce cercle vicieux qu’il s’agit de rompre tant dans l’intérêt des Etats-Unis que des Européens.

C’est ce cercle vicieux qu’il s’agit de rompre tant dans l’intérêt des Etats-Unis que des Européens.

source : VoxEurop

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