L’Europe doit regarder vers le futur

Les instances qui découleront des élections de mai prochain auront à prendre position sur des problématiques économiques essentielles, qui impacteront le positionnement et la crédibilité de l’Europe pour les dix prochaines années.

La première est celle de la défense des intérêts européens. Entre une présence chinoise grandissante et des États unis peu soucieux de politique européenne, au point de se désintéresser de son traditionnel allié britannique, il est sans doute temps de repenser les réglementations nationales et européennes pour privilégier les concepts de préférence européenne, de protection des entreprises stratégiques et de souveraineté économique. Des initiatives lancées en ce sens existent, précisément dans la volonté de reconquérir une souveraineté numérique mise à mal par les économies concurrentes. Elles doivent être prolongées pour assurer une protection renforcée de nos entreprises, notamment PME.

La seconde est celle de la place de l’Europe dans le monde. L’Union européenne porte, depuis sa création, les valeurs de libre-échange et de multilatéralisme. La réforme de l’OMC s’impose aujourd’hui comme un impératif, en dépit des réticences manifestées par les deux plus grandes puissances économiques mondiales. Pourtant, l’Union est la seule capable de porter un développement équilibré des économies, au moment où l’on parle de « déglobalisation ».

Pour garder une place dans le concert des nations technologiques, l’Europe doit également poursuivre ses efforts en matière de recherche et d’innovation et préserver des avantages compétitifs dans la grande compétition qui s’annonce autour de l’Intelligence artificielle au cœur du mouvement des transitions généralisées (écologique, industrielle, numérique…). L’émergence de champions industriels adossés à de véritables « continuums de recherche » européens associant universités, pôles de compétitivité et laboratoires est un préalable. Ils doivent permettre de créer une assise technologique capable de porter les innovations de rupture et leur nouveau modèle économiques dans le cadre du futur Conseil européen de l’innovation (CEI).

Confrontée à ces défis, qui sont ceux des grandes nations, l’Europe doit davantage être gouvernée comme une entité unique, à l’instar de ses compétiteurs chinois et américains. Ne doutons pas de sa capacité à prendre conscience des réalités et de son pouvoir de résilience. Cela supposera naturellement beaucoup de communication et de dialogue pour fédérer les 25 États restants autour de l’axe franco-allemand, cela supposera aussi que l’issue des élections européennes permette de dégager une majorité libérale et ouverte sur l’avenir, forte de la volonté de consolider le grand marché.

« L’habituel défaut de l’homme est de ne pas prévoir l’orage par beau temps » rappelait Machiavel. Ne tardons plus, le temps de la réforme revient ! Il est indispensable.

* projet Eurochambres

source : Euractiv/CCI France

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