L’Italie de Prodi a dit Berlusco...NO !

Silvio Berlusconi les avait traités des « couillons » mais l’opprobre n’aura pas été suffisante pour empêcher les transalpins de donner leur préférence à « L’Unione » de Romano Prodi.

Après de multiples rebondissements, on oserait presque dire à l’italienne, l’alliance de gauche sera sacrée lauréate du scrutin national controversé par un Berlusconi qui refuse encore de reconnaître une défaite qu’il dénonce entachée « de nombreuses irrégularités »

« Une page est tournée et l’Italie va redémarrer. » Romano Prodi, qui a annoncé vouloir placer l’Europe au centre de son action gouvernementale, a obtenu 158 sièges sur 315 au Sénat et 342 sur 630 à la Chambre des députés.

Pour commenter ces résultats, Nice Première à rencontré un niçois des plus italiens en la personne de Me Marc Concas, Avocat et Conseiller Général qui nous donne son avis sur le nouveau paysage politique transalpin.

Nice Première : Marc Concas, comment jugez-vous le résultat des élections italiennes ?

Marc Concas : Logique.

Ce merveilleux pays ne pouvait plus être dirigé par un homme qui représente à lui seul tout ce que la politique peut engendrer de mauvais.

D’après vous, est-ce une victoire de l’alliance de gauche ou un désaveu de Silvio Berlusconi et de sa politique ?

Ce résultat a d’une part, démontré la capacité de la gauche italienne à s’unir pour gagner. C’est un exemple que la gauche française devra garder à l’esprit.
C’est d’autre part le rejet clair de la droite italienne, pourtant unie autour de Berlusconi.

On retrouve d’ailleurs de nombreuses similitudes entre la droite italienne et la droite française : des politiques autoritaires et ultra-libérales, conduites pour quelques-uns contre la grande majorité de la population, une incapacité totale à générer la croissance économique, une vision archaïque de l’Europe, un personnel politique omniprésent dans les médias, souvent jusqu’à la nausée.

NP : Qu’est ce qui va changer dans les relations franco-italiennes suite à ce scrutin ?

MC : Romano PRODI a une vision moderne de l’Europe et une parfaite connaissance des questions européennes.

Homme honnête et droit, il peut servir d’exemple pour toute une génération qui aspire à servir et non pas se servir.

Malheureusement, PRODI ne va pas trouver dans le trio CHIRAC, VILLEPIN et SARKOZY, les interlocuteurs capables de valoriser l’axe franco-italien et de remettre l’Europe sur de bons rails.

Il lui faudra attendre encore une année...

NP : Vous avez oeuvré pour le vote des italiens à Nice. Pourquoi cet engagement ?

MC : Je suis en contact quotidien avec la communauté italienne de Nice.

Les Italiens nous apportent beaucoup dans le domaine culturel, économique et touristique. Ils ont toujours des initiatives innovantes.

A Nice, nous les adorons car nous avons en commun la même bonne humeur, la joie de vivre, le sens de l’humour et le goût des belles choses...même si dans cette ville, les temps sont durs.

Les Italiens de NICE sont très impliqués politiquement, tant pour exprimer la vision qu’ils ont de leur pays que pour nous décrire la ville au sein de laquelle ils souhaitent vivre et travailler.

Je sais qu’ils prendront part au débat des élections municipales le moment venu et nous aurons besoin de leurs conseils.

NP : Bientôt ce sera au tour de la France d’élire un nouveau Président, vers qui vont vos faveurs ?

MC : Un socialiste bien sûr, et pourquoi pas une femme ?

Mais chaque chose en son temps.
Les socialistes débattent actuellement du projet pour 2007. Ce projet sera officiellement présenté aux partenaires de la gauche au mois de juin 2006 et c’est à l’automne que viendra le moment de la désignation du candidat.

J’espère qu’il sera jeune, compétent, ouvert et audacieux.
J’ai ma petite idée...

NP : Enfin, pensez-vous que les élections italiennes auront un impact sur les futures présidentielles françaises ?

MC : Bien sûr.

Ce fut également le cas des élections espagnoles qui ont consacré la victoire de José Luis ZAPATERO et des élections allemandes qui ont placé une femme à la tête d’une grande coalition gauche-droite.

Le prochain Président de la République Française devra dialoguer avec ZAPATERO, MERCKEL, PRODI et BLAIR afin de donner une nouvelle impulsion à l’Europe, seul rempart efficace contre la mondialisation.

Je sais que la Gauche Française sera au rendez-vous.

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